HomeA la uneAFRICA CEO FORUM A ABIDJAN :  Un show de plus ?  

AFRICA CEO FORUM A ABIDJAN :  Un show de plus ?  


Abidjan, la capitale économique ivoirienne, accueille depuis le 13 juin 2022, et ce pour deux jours, l’Africa CEO Forum. Une rencontre qui enregistre la participation de pas moins de 1500 chefs d’entreprises et acteurs économiques du continent, et rehaussée par la présence, aux côtés du président Alassane Dramane Ouattara, hôte de l’événement,  de plusieurs chefs d’Etat africains dont le président en exercice de l’Union africaine, le Sénégalais Macky Sall, le Nigérien Mohamed Bazoum ou encore le Mauritanien Mohamed El Ghazouani qui ont tous effectué le déplacement de la perle des lagunes. Cette réplique africaine du Forum de Davos, petite ville suisse qui accueille régulièrement le Forum économique mondial, se veut une tribune d’échanges et de réflexion de hautes personnalités et autres chefs d’entreprises, sur l’avenir économique du continent noir fortement ébranlé ces dernières années par la crise du Covid-19 et davantage éprouvée par les conséquences de la guerre en Ukraine.  Le tout, dans un contexte d’inflation généralisée des prix de produits de grande consommation venant davantage fragiliser des économies déjà à la peine sur fond de crise alimentaire qui pointe à l’horizon.

 

L’Afrique a besoin de tracer le chemin de son propre développement

 

C’est dire si la pertinence et l’opportunité de la rencontre d’Abidjan ne sont plus à démontrer au moment où la souveraineté économique du continent reste une équation à résoudre, avec une économie africaine à la recherche d’un second souffle.  Et ce ne sont pas les opportunités d’investissements qui manquent sur un continent qui reste aujourd’hui encore l’une des destinations économiques les plus prometteuses du monde. Autant dire que l’Afrique a besoin de tracer le chemin de son propre développement. Mais les défis restent nombreux, à commencer par l’assainissement du milieu des affaires et la prise, par les pouvoirs publics, de mesures incitatives visant à booster un secteur privé encore à la recherche de ses marques et qui peine véritablement à endosser le manteau de moteur du développement qui est censé être le sien. C’est dire si Abidjan valait bien un détour pour tous ces décideurs économiques du continent noir, soucieux d’explorer voire de trouver avec les décideurs politiques, les voies et moyens de façonner l’avenir des économies africaines dans un partenariat gagnant public-privé.   Mais le tout n’est pas de tenir un forum. Encore faudrait-il qu’il puisse en sortir des recommandations pertinentes à même d’impacter le vécu quotidien des populations. Et que leur mise en application puisse permettre au continent africain de trouver des solutions endogènes à ses problèmes du même ordre et de faire un bond en avant dans le sens de l’amélioration des conditions de vie des populations. Cela est une autre paire de manches. Car, de la parole à l’acte, il y a parfois un fossé abyssal. Si fait que dans bien des cas, les rencontres de haut niveau se suivent et se ressemblent avec des résolutions et autres recommandations qui manquent du suivi nécessaire à leur opérationnalisation.

 

 

Dans le contexte sécuritaire actuel marqué par la recrudescence du terrorisme, il serait utopique de parler de relance économique

 

 

 Comment alors s’étonner que ces recommandations, qui ne manquent souvent pas de pertinence, finissent par dormir au fond des tiroirs par négligence, quand elles ne pâtissent pas d’un manque flagrant de volonté politique?  Dans le cas d’espèce, l’on ne voit pas comment on peut parler de relance économique si la politique de l’Etat doit continuer à manquer de cohérence. Car, si malgré le dialogue avec le patronat, l’Etat doit continuer, dans les faits, à pressurer les sociétés privées en ne se montrant pas suffisamment regardant sur les conditions d’épanouissement du secteur privé pour que ce dernier puisse véritablement jouer le rôle de moteur du développement qui est le sien, comment peut-il s’en sortir ?  Toujours est-il que dans le contexte sécuritaire actuel marqué par la recrudescence du terrorisme dans la sous-région ouest-africaine, qui menace nos Etats jusque dans leurs fondements, il serait utopique de parler de relance économique. Et ce, tant que les efforts nécessaires ne seront pas faits en amont à l’effet de trouver des solutions aux questions sécuritaires qui pèsent lourdement sur les populations et impactent négativement les activités économiques.  C’est dire si aussi pertinente que soit l’initiative de ce forum et aussi noble qu’en soit l’approche, il faut craindre qu’Abidjan ne soit un sommet de plus. Un sommet où les gens viendront sans doute s’exhiber ou faire leur show avec des déclarations de politiques sans lendemains, incapables de permettre à nos économies de sortir des sentiers battus pour prendre leur véritable envol au grand bonheur des populations. En tout cas, ça fait déjà dix ans que l’initiative a été lancée et que se tient régulièrement ce forum économique sans que l’on ne sente une véritable amélioration de l’état de l’Afrique.

 

« Le Pays »

 

 


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