FORUM DE DAKAR SUR LA PAIX ET LA SECURITE EN AFRIQUE. : Tant que les résolutions ne seront pas contraignantes…
Les 20 et 21 avril 2026, se tient à Dakar, la capitale du Sénégal, la dixième édition du Forum international sur la paix et la sécurité en Afrique. Un cadre de réflexion stratégique, qui rassemble régulièrement depuis 2014, de nombreux chefs d’Etat et de gouvernements africains, des partenaires internationaux ainsi que de multiples acteurs de la paix et de la sécurité, autour de problématiques majeures touchant à l’évolution et à la vie du continent noir. Et qui s’est imposé, au fil des ans, comme un rendez-vous majeur, voire incontournable des grandes décisions impliquant l’avenir du continent noir.
Il s’agit de poser le bon diagnostic pour proposer les thérapies appropriées
Pour cette dixième édition qui s’est ouverte hier sous la présidence du chef de l’Etat sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, pas moins d’une centaine d’experts, comprenant aussi bien des responsables d’organisations régionales africaines, des chercheurs, des juristes, des hauts gradés militaires venus de différents pays africains, ainsi que des partenaires extérieurs, prennent part aux travaux. Au menu des échanges, les questions sécuritaires qui restent autant de menaces pour la stabilité des Etats africains. Lesquels Etats sont, de plus en plus, dans la réaffirmation de leur souveraineté, dans un contexte régional et international marqué par de grands chamboulements. Toutes choses qui justifient le thème de cette année qui est le suivant : « L’Afrique face aux défis de stabilité, d’intégration et de souveraineté : quelles solutions durables ? » Un thème d’actualité, qui met en lumière les défis du moment auxquels le continent noir est confronté, et qui ne pouvait pas mieux tomber dans un contexte de persistance des crises sécuritaires et de recomposition des alliances régionales et internationales. L’objectif étant d’identifier les menaces, mais aussi de dégager des pistes de solutions à l’attention des dirigeants du continent noir. Autant dire qu’au-delà de son importance qui n’est plus à démontrer, c’est un forum qui fait œuvre utile à travers les recommandations fortes qui en sortent régulièrement, à la lumière des débats de haut niveau menés par les différents experts. Reste seulement qu’aussi pertinentes que soient ces résolutions, elles demeurent de simples orientations dont la mise en œuvre dépend des pays participants. Et c’est là que le bât blesse. Car, tant que ces résolutions ne seront pas contraignantes, on pourrait avoir l’impression que les fora se suivent et se ressemblent, sans que les lignes bougent significativement dans le sens de la coordination attendue. Surtout dans la lutte contre le terrorisme qui ne cesse de gagner du terrain en Afrique où la mutualisation des forces s’avère, de jour en jour, d’une impérieuse nécessité pour espérer venir à bout de la pieuvre tentaculaire. Toujours est-il que pour le présent forum, comme pour les précédents, il est crucial de poser le bon diagnostic pour proposer les thérapies appropriées dans la perspective de solutions durables et pérennes. Et le thème est d’autant plus interpellateur qu’entre les questions de souveraineté, d’intégration régionale et de stabilité, les sujets abordés sont dans l’air du temps et reflètent les préoccupations d’un continent en pleine mutation.
La nécessité de repenser les stratégies de sécurité
C’est dire toute la portée de ce forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, qui se veut aussi un cadre d’analyse des périls, mais aussi des opportunités pour le continent noir. Le tout dans une vision globale qui inclut une approche intégrée de la sécurité pour mieux contrer les menaces transfrontalières comme le terrorisme qui s’est métastasé à partir du Sahel, pour gagner aujourd’hui les pays du littoral ouest-africain. Et ce, dans un contexte où la disparition du G5 Sahel, doublée des tensions sous-régionales inhérentes au retrait des pays du Sahel de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), rend davantage difficile la coordination des actions contre l’hydre à têtes multiples. D’où la nécessité de repenser les stratégies de sécurité qui passent aussi par le renforcement de la coopération entre Etats africains. C’est tout le défi de ce forum de Dakar qui s’impose d’édition en édition, comme un cadre de dialogue stratégique en même temps qu’il tente de maintenir un espace de coordination entre pays d’un même continent aujourd’hui traversé par des courants divers, et devenu le champ de rivalités des grandes puissances dans un monde en pleine recomposition géopolitique.
« Le Pays »
