APPEL A LA DEMISSION DU PRESIDENT SUD-AFRICAIN : Ramaphosa dans les pas de Mbeki et Zuma?
Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, est dans de beaux draps. On est d’autant plus fondé à le croire que la Cour constitutionnelle sud-africaine a annulé, le 8 mai dernier, le vote du Parlement qui avait mis fin en 2022, à l’ouverture d’une procédure de destitution contre ce dernier dans le cadre d’un scandale lié au vol de 4 millions, même si l’intéressé parle de 500 000 dollars en espèces, dans sa ferme de Phala Phala. Et elle ne s’est pas limitée là. En effet, la Cour constitutionnelle a ordonné que le rapport de la commission indépendante soit transmis à une commission de destitution. C’est dire si le feuilleton que l’on croyait définitivement clos, est relancé. La question que l’on se pose est la suivante : Cyril Ramaphosa est-il dans les pas de ses prédécesseurs Thabo Mbeki et Jacob Zuma ? Les jours à venir nous situeront. En attendant, on peut dire que le président Cyril Ramaphosa est mal barré. Cela est d’autant plus vrai que l’opposition, en l’occurrence le parti d’extrême gauche Economic Freedom Fighters (EFF) de Julius Malema, auteur de la plainte, qui réclame, à cor et à cri, la démission du président Ramaphosa, crie déjà victoire. Et ce n’est pas tout. L’Alliance démocratique, deuxième parti de la coalition au pouvoir, a exprimé sa volonté de participer pleinement aux travaux de la commission de destitution. C’est dire si le septuagénaire président a du mouron à se faire ce d’autant plus que contrairement à 2022, son parti, le Congrès national africain (ANC), a perdu le contrôle du Parlement. Certes, des conclusions des travaux de la commission de destitution à un éventuel vote de destitution du président de la république, le chemin reste encore long.
Tout laisse croire que les dirigeants de l’ANC sont incapables de résister face à l’argent
Mais il n’en demeure pas moins que le contexte actuel est loin d’être favorable au locataire de Mahlamba Ndlopfu. On le sait, l’incapacité des leaders de l’ANC à changer le quotidien de la majorité des Sud-Africains, a fini par éroder le capital de sympathie du parti de Nelson Mandela. A preuve, depuis la disparition de ce grand homme, l’ANC est en chute libre à chaque élection, tant et si bien qu’il ne contrôle aujourd’hui que 40% des sièges au Parlement. Et plutôt que de travailler à redresser la barre, Ramaphosa préfère se livrer à des scandales financiers ; lui qui avait pourtant promis de lutter contre la corruption et d’instaurer une gouvernance vertueuse dès son accession au pouvoir. En fait, on a l’impression que l’histoire se répète. Avant-hier, c’était Thabo Mbeki, hier, Jacob Zuma et aujourd’hui, Cyril Ramaphosa. Certes, le sort du dernier cité n’est pas encore scellé, mais s’il devait l’être, ce serait pour le même motif : un scandale lié à l’argent. Tout laisse croire alors que les dirigeants de l’ANC sont incapables de résister face à l’argent et au lucre. Et cela ne fait pas honneur au parti qui gagnerait à tirer leçon pendant qu’il est encore temps. En tout cas, Nelson Mandela devrait se retourner dans sa tombe. Car, aucun de ses successeurs n’aura jusque-là, réussi à chausser ses bottes. Toutefois, ce nouveau développement inattendu qui risque de coûter bonbon au président Ramaphosa, traduit la force des institutions sud-africaines. Car, sous d’autres cieux, un simple claquement de doigts du prince régnant, aurait suffi à enterrer définitivement le dossier. Preuve, s’il en est, que la Nation arc-en-ciel n’est pas le Gondwana.
Dabadi ZOUMBARA
