HomeA la uneCAFOUILLAGE AUTOUR DU DEPOUILLEMENT EN ZAMBIE : Eviter à tout prix une crise postélectorale

CAFOUILLAGE AUTOUR DU DEPOUILLEMENT EN ZAMBIE : Eviter à tout prix une crise postélectorale


Appelés aux urnes, le 13 août 2026, pour choisir leur nouveau président et leurs députés pour les cinq prochaines années, les Zambiens ont répondu présents. Si, pour l’heure, le taux de participation n’est pas encore connu, on note toutefois une forte affluence des électeurs et ce, dès l’ouverture des bureaux de vote. Quant au climat qui a prévalu au cours de cette journée d’élection, l’on peut se demander si le spectre d’une crise postélectorale ne plane pas sur ce scrutin. En effet, le dépouillement a été suspendu puis repris après vérification d’informations faisant état de vols de bulletins et d’actes de violences contre de responsables électoraux. Et comme pour ne rien arranger, l’opposant Brian Mundubile a affirmé avoir remporté la victoire, sans pour autant en fournir la preuve, et demandait que les résultats soient publiés immédiatement. En criant ainsi sa victoire avant l’heure, l’opposant cherche-t-il à jeter de l’huile sur le feu ? Une chose est pour le moins certaine : cette attitude ne participe pas à l’apaisement. Dans tous les cas, il faut éviter à tout prix une crise postélectorale car la Zambie revient de loin : un défaut de paiement à partir de 2020, où l’Etat n’arrivait plus à honorer ses engagements vis-à-vis de ses créanciers, et une inflation à deux chiffres, soit 24%, aujourd’hui redescendue à 9%. Malgré ces réussites du président sortant, qui souhaite briguer un second mandat, la situation économique et sociale du pays ne semble pas avoir enregistré d’amélioration significative. Le chômage et la vie chère sont encore dénoncés par certains de ses compatriotes, si bien que les défis majeurs qui attendent le futur président, sont connus. Les nouvelles mesures du futur président, et du prochain Parlement qui comptera 282 membres, devront, sans doute, contribuer à renforcer le pouvoir d’achat des 22 millions de Zambiens qui ont connu des hauts et des bas depuis les difficultés financières de 2020.

 

La population attend beaucoup du futur président

 

Avec 64% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, ce double scrutin constitue une occasion de relever les défis auxquels le pays fait face.  Si le président sortant est réélu, une seconde chance lui sera accordée pour honorer ses promesses de campagne de 2020. C’est d’ailleurs la principale critique qui lui est faite : le non-respect de certains de ses engagements, même s’il y répond en invoquant la situation difficile héritée de son prédécesseur. Quoi qu’il en soit, la population attend beaucoup du futur président, comme en témoignent les fortes attentes exprimées lors de cette campagne électorale. Qui, donc, parmi les 13 candidats en lice pour la présidentielle, aura la lourde responsabilité de conduire des réformes ambitieuses pour une prospérité retrouvée dans ce pays d’Afrique australe ? Pour l’heure, le candidat du Parti unifié pour le développement national (UPND), Hakainde Hichilema, avec sa prime du sortant, part favori dans les pronostics, malgré les critiques de l’opposition et de son principal rival, Brian Mundubile. Des critiques qui ont souvent donné lieu à des discours de haine qu’il convient de dénoncer.  Il faut seulement      souhaiter que le climat post-électoral soit apaisé afin de permettre au vainqueur de dérouler dans la sérénité, son programme. Ce serait une façon d’honorer la mémoire de Kenneth Kaunda. Si le président-candidat a une longueur d’avance sur l’opposition, quelles pourraient être les chances de réussite de cette opposition partie en rangs dispersés à ces élections ? En tout cas, elle pourrait se mordre les doigts après avoir opté pour la multiplicité des candidatures, une stratégie qui risque de l’exposer à l’emiettement de ses voix. En attendant la proclamation des résultats de ce double scrutin, prévue pour ce lundi, les Zambiens croisent les doigts.

 

Boureima KINDO

 

 


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