HomeA la uneCOUPE DU MONDE 2026 : Ombres, lumières et défis

COUPE DU MONDE 2026 : Ombres, lumières et défis


 Les lampions de la 23ème édition de la Coupe du monde se sont éteints, le 19 juillet dernier, sur la victoire de l’Espagne sur l’Argentine, et ce, après trente-neuf jours de compétition. Un tournoi de tous les superlatifs, qui s’est joué pour la première fois dans trois pays, (les Etats-Unis, le Mexique et le Canada) et qui a battu des records en termes de nombre de pays participants (48 contre 36 pour l’édition précédente), de matchs joués (104 contre 64), de stades mobilisés (16 contre 8 au Qatar), et on en oublie. Une compétition qui a aussi connu des ombres, des lumières et des défis. Ainsi, au titre des ombres, on relèvera le durcissement des conditions d’entrée aux Etats-Unis voire l’interdiction de séjour pour les supporters de certains pays, par les autorités américaines.

 

La hiérarchie du football mondial a été globalement respectée

 

On déplorera aussi le refus d’entrée aux Etats-Unis, à l’arbitre somalien, Abdulkadir Artan, meilleur sifflet africain, malgré son visa valide. Ce qui l’empêchera d’officier pendant cette Coupe du monde. Il y a aussi les conditions drastiques imposées à certaines délégations comme celle de la République démocratique du Congo (RDC) contrainte à un isolement strict de trois semaines en raison de l’épidémie d’Ebola qui sévit dans ce vaste pays d’Afrique centrale ; ce qui a entamé la préparation de l’équipe. Pendant ce temps, la sélection iranienne qui devait jouer ses matchs aux Etats-Unis, faisait l’objet d’un traitement discriminatoire qui jurait avec l’équité sportive. Cela est d’autant plus déplorable que tout porte à croire que la politique s’est invitée dans ce sport qui est pourtant censé rapprocher les peuples. Une ingérence qui restera l’une des taches noires de ce tournoi et qui s’est aussi matérialisée par la levée du carton rouge du joueur américain, Folarin Balogun, sur intervention du président américain, Donald Trump, auprès du patron de la Fédération internationale de football association (FIFA), Gianni Infantino, pour permettre au joueur de prendre part au match contre la Belgique. Une décision qui a suscité la controverse en ce qu’elle portait ombrage à la crédibilité de la compétition. Malgré tout, la fête du football était totale et belle, avec des stades qui ont affiché de belles affluences, preuve de la très grande attractivité de l’événement qui a connu un véritable succès populaire. Sur le plan sportif, la hiérarchie du football mondial a été globalement respectée, avec des favoris qui ont aussi su tenir leurs rangs. Cette compétition a aussi vu l’émergence du football africain qui a montré de grandes potentialités, même si les objectifs atteints restent en deçà des attentes. Toujours est-il qu’en échouant au stade des quarts de finale où le dernier représentant du continent noir a été éliminé, l’Afrique a fait moins bien qu’à l’édition précédente en 2022. Pourtant, après la belle épopée du Maroc au Qatar, ce tournoi était censé être celui de la confirmation et de la consécration pour le football africain en quête de reconnaissance internationale. Mais hélas ! Les résultats du premier tour qui ont vu l’Afrique placer neuf représentants sur dix au second tour, se sont révélés plutôt flatteurs.

 

A l’heure du bilan, l’Afrique n’a pas de quoi vraiment pavoiser

 

Car, par la suite, les équipes africaines se feront éliminer, tour à tour, dans des scénarios aussi cruels que dingues, souvent dans les dernières minutes du jeu ; ce qui traduit un manque de maîtrise voire de maturité à ce niveau de la compétition. Seuls le Maroc et l’Egypte ont paru tirer leur épingle du jeu, avant de tomber respectivement en quarts et en huitièmes de finale. A l’heure du bilan, l’Afrique n’a pas de quoi vraiment pavoiser. Même si dans cette grisaille, le parcours du néophyte Cap-Verdien mérite d’être salué à sa juste valeur parce que les Requins bleus auront marqué les esprits par leur jeu aussi combattif que séduisant. Pour en revenir à la compétition dans son ensemble, le moins que l’on puisse dire, c’est que cette édition au Canada, au Mexique et aux Etats-Unis, se caractérise par son côté mercantile qui n’est pas loin de consacrer le football business. Avec ces tickets parfois vendus au prix fort, et qui n’étaient pas toujours à portée du supporter lambda, et ces pauses d’hydratation astucieusement aménagées par les organisateurs pour des plages publicitaires. Cela a parfois brisé la dynamique de certains matchs et l’élan de certaines équipes, surtout quand ces dernières étaient dans un temps fort. Malgré tout, le spectacle était au rendez-vous. Même si les spectateurs restent partagés sur les nouvelles règles instaurées par la FIFA pour favoriser le jeu. Pour le reste, c’est une Coupe du monde qui marque probablement la dernière danse de certaines légendes dans la compétition. A l’image d’un Cristiano Ronaldo, d’un Lionel Messi, d’un Luka Modric, d’un Sadio Mané ou d’un Mohamed Salah. Et l’on espère que la prochaine cuvée révèlera de nouvelles étoiles. C’est le défi qui attend le prochain tournoi qui a besoin de garder toute son attractivité.

 

« Le Pays »


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