DECLARATION FRACASSANTE DE L’ANCIEN PRESIDENT CONGOLAIS : Que prépare Kabila ?
L’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a fait une sortie médiatique pour le moins controversée, le 9 octobre dernier. Dans un direct, l’ex-raïs a dressé un sévère réquisitoire contre le régime en place en accusant le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, de poursuivre une politique suicidaire pour le pays et la Nation en s’obstinant à se maintenir au pouvoir et en cherchant à mettre, à tout prix, fin au pacte républicain de Sun City en changeant la Constitution. Pour le sénateur à vie, la RDC est malade et a besoin d’une thérapie de choc. Et « n’étant pas de ceux qui se dérobent à leur devoir, je partagerai donc avec notre peuple dans les heures, jours et semaines à venir, ma conviction sur ce que nous devons entreprendre ensemble, pour répondre à la gravité et à l’urgence de la situation et ainsi sauver la RDC », a promis l’ancien président congolais à son peuple. Si, pour les partisans de Tshisekedi, cette déclaration fracassante est un non-événement, il en va autrement pour d’autres. S’il y a une vérité dans cette diatribe de Joseph Kabila, c’est bien le péril auquel fait face le pays. Il n’est un secret pour personne que la RDC est confrontée à des défis sécuritaire, sanitaire et politique. Mais ces défis ne semblent pas préoccuper le locataire du Palais de marbre tout comme celui qui se présente comme le futur sauveur de la RDC, Joseph Kabila pour ne pas le nommer. Si le premier s’est lancé dans la quête d’un troisième mandat avec le secret espoir qu’il lui ouvre la voie d’un règne à vie, le second, lui, n’arrive pas à enterrer son ambition de revenir aux affaires.
Kabila est plus motivé par un esprit de vengeance que par une simple volonté de sauver la RDC
S’il reste très amer et moins tendre vis-à-vis de son successeur, c’est parce que le deal nauséeux qu’ils ont conclu à la présidentielle de 2018 et qui aura permis à Tshisekedi fils d’accéder au pouvoir dans les conditions que l’on sait, a fait long feu. Sans nul doute que c’est ce qui explique en partie cette animosité entre les deux hommes qui semblent engagés dans un combat à mort. On est d’autant plus fondé à le croire que Fatshi, par le biais d’un procès expéditif, n’avait pas hésité, un seul instant, à faire condamner par contumace à mort, son allié d’hier de circonstance. Et tout laisse croire que Kabila qui vit dans la clandestinité à cause de cette épée de Damoclès qui pèse sur sa tête, est plus motivé par un esprit de vengeance en sonnant le tocsin, que par une simple volonté de sauver la RDC. Alors, que prépare Kabila ? Les jours à venir nous situeront. Mais une chose est évidente. En demandant au peuple congolais de prendre ses responsabilités, Joseph Kabila tombe le masque. Car, si ce n’est pas un appel à la sédition, cela y ressemble fort. C’est pourquoi il est hasardeux de prendre fait et cause pour cet ancien président qui est loin d’être un exemple. En effet, ses mains sont tachés du sang d’innocents Congolais fauchés par sa machine répressive dans sa conquête de troisième mandat et ce, après avoir régné près de deux décennies sur le Congo. C’est la mort dans l’âme qu’il avait fini par abandonner ce projet suicidaire en 2018. Accuser aujourd’hui Félix Tshisekedi de tous les péchés…de la RDC, c’est refuser de reconnaître sa part de responsabilité dans les maux qui ont longtemps freiné l’essor économique, social et politique du pays. C’est dire si Joseph Kabila, tout comme son successeur, Félix Tshisekedi, qui n’est pas non plus défendable, gagnerait à mettre de l’eau dans son *lotoko. En tout état de cause, le retour de la paix en RDC reste tributaire de l’attitude des deux hommes.
Dabadi ZOUMBARA
*Une eau-de-vie traditionnelle puissante en RDC.