A la uneLa chronique du fou

HARMATTAN SUR FOND DE COVID-19

Il faut savoir raison garder

Je fais le constat que les Burkinabè, depuis quelque temps, font preuve d’un grand relâchement face à la pandémie de Covid-19 qui, malheureusement, continue de faire des ravages à travers le monde. Ce n’est pas moi qui le dis. Les faits parlent d’eux-mêmes. Et il suffit de regarder le comportement des uns et des autres pour s’en convaincre. Non seulement les gens ne respectent plus les mesures-barrières, mais aussi ils ont repris leurs anciennes habitudes comme si de rien n’était. Les lave-mains que l’on voyait installés devant les entrées des marchés et des services ont disparu. Et quand ils y sont, ils ne contiennent plus rien.  Pas la moindre goutte d’eau.  Pas même de savon parfois. Et ce n’est pas tout. Personne ne se donne encore la peine de porter le masque au risque de paraître ridicule. Seuls quelques services continuent d’exiger le port du masque, notamment les banques, les établissements scolaires, etc. Voyez-vous, les Burkinabè se comportent comme si le Covid-19 était passé. Et pourtant, le mal est loin d’avoir dit son dernier mot et continue de sévir. C’est pourquoi je voudrais inviter les uns et les autres à faire preuve de responsabilité individuelle et collective. Les autorités ont déjà joué leur partition en montrant la voie à suivre. Il revient à chacun de comprendre que la santé n’a pas de prix et que face à une maladie qui échappe à tout contrôle, seule vaut la prudence. Je le dis parce que nous sommes actuellement en période de fraîcheur dont on dit qu’elle est favorable à la propagation du Covid-19. Si nous ne voulons pas que ce qui arrive chez les Blancs, nous arrive, nous nous devons de nous montrer très disciplinés en respectant les consignes données par les autorités sanitaires. Ce n’est pas trop demander, pour peu que chacun de nous fasse preuve de civisme. C’est en cela que j’ai de l’admiration pour mes amis Chinois qui, en dépit de leur nombre, ont réussi à vaincre cette pandémie qui guette le genre humain au point de le menacer dans son existence.

 

Ne baissons pas la garde

 

Si les Chinois l’ont réussi, c’est parce qu’ils sont très disciplinés. Ils respectent à la lettre ce qu’on leur donne comme consignes. Ce qui n’est pas le cas chez nous où l’on a affaire à un peuple  rebelle. Chacun se croit tout permis. Tant et si bien que j’ai parfois envie de dire qu’au Burkina, les gens n’ont que des droits mais pas de devoirs. En plus, j’entends des gens, même d’un certain niveau, dire haut et fort qu’il n’existe pas de coronavirus au Burkina. Je ne sais pas sur quoi ils se basent pour faire de telles déclarations. Mais moi, je  demande aux uns et autres de ne pas se laisser baratiner par ce genre de personnes qui ont  tendance à tout minimiser. Ne baissons pas la garde. Continuons de respecter les gestes-barrières en  attendant l’avènement prochain d’un vaccin. Je ne sais pas quand il arrivera, mais je sais que lorsque les Blancs auront fini de se faire vacciner, ils penseront à nous autres. Donc, si l’on veut que ce vaccin que l’on annonce à grand renfort de publicité, vienne nous trouver en vie, restons vigilants. Pour ma part, j’ai choisi de me confiner durant cette période de fraîcheur. Je ne sortirai de mon gîte que quand cela sera nécessaire… certainement pour aller à la recherche de ma pitance au risque de mourir de faim. Là, je n’ai pas le choix.

 

« Le Fou »

 

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