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PASCAL AFFI N’GUESSAN EN LIBERTE PROVISOIRE

Les effets du dialogue politique ?

Il est parti sous bonne escorte. Mais il est finalement ressorti libre du cabinet d’instruction N°9 où il a été entendu pendant plusieurs heures par le juge. Pascal Affi N’guessan, puisque c’est de lui qu’il s’agit, bénéficie désormais d’une liberté provisoire et ce, après plus d’un mois passé derrière les barreaux. Mais l’ancien Premier ministre reste placé sous « contrôle judiciaire » et devra répondre des 30 charges dont le complot et l’atteinte à l’autorité de l’Etat, retenues contre lui. L’arrestation de Pascal Affi N’guessan, rappelons-le, faisait suite à l’annonce de la mise en place d’un Conseil national de transition (CNT) et ce, en guise de protestation contre la victoire du président Alassane Dramane Ouattara (ADO) à l’issue de la présidentielle du 31 octobre dernier. Il n’est d’ailleurs pas le seul. Car, sont également poursuivis pour les mêmes faits, d’autres leaders de l’opposition, à savoir l’ex-ministre Albert Mabri Toikeusse qui court encore les rues, et Maurice Kakou Guikahué actuellement en séjour médical en France. Cela dit, la liberté provisoire dont vient de bénéficier Pascal Affi N’guessan, intervient au lendemain de la fermeture du dialogue politique ouvert le 21 décembre dernier, qui avait réussi la prouesse de réunir toutes les figures de proue du landerneau politique ivoirien autour d’une même table de négociations. Faut-il y voir un lien de cause à effet surtout quand on sait que la question de la libération de tous les leaders et militants de l’opposition arrêtés suite à l’appel à la désobéissance civile, a été largement abordée et a même, dit-on, fait l’objet de consensus ?

 

 

Bédié et ses camarades doivent abandonner leurs discours maximalistes

 

Autant dire qu’après Affi N’guessan, devront, en principe, être libérés, dans les jours à venir, d’autres prisonniers politiques. On attend de voir. En tout cas, l’élargissement de l’ex-Premier ministre de Laurent Gbagbo peut être interprété comme un geste de bonne foi du pouvoir d’Abidjan pour aller à la paix. Et c’est tant mieux. Car, dans une Côte d’Ivoire où la fracture sociale est manifeste, il ne sert à rien d’en rajouter aux tensions politiques. C’est tout à l’honneur donc du président ADO qui semble avoir compris que le troisième mandat qu’il étrenne, a contribué à diviser davantage les Ivoiriens qui, on le sait, se regardaient déjà en chiens de faïence depuis la crise post-électorale de 2010-2011, qui aura coûté la vie à près de 3000 personnes. Cela dit, s’il est vrai qu’il revient au président Ouattara de réunir les conditions d’une vraie réconciliation, il faut cependant reconnaître que l’opposition a aussi un rôle important à jouer. Henri Konan Bédié et ses camarades doivent abandonner leurs discours maximalistes aux relents haineux afin qu’ensemble, les Ivoiriens puissent sauver l’essentiel qu’est la concorde nationale. Autrement, la réconciliation nationale que tous appellent de leurs vœux, ressemblera au rocher de Sisyphe qui retombe toujours avant d’avoir atteint le sommet.

 

B. O

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