PIC D’EBOLA FRANCHI EN RDC : La nécessité de maintenir la vigilance
En République démocratique du Congo (RDC), l’épidémie d’Ebola est désormais en perte de vitesse. En effet, la maladie a atteint son pic. C’est, du moins, l’annonce faite par les autorités congolaises, le 11 septembre dernier, suscitant ainsi de grands espoirs. Certes, les statistiques restent effrayantes, car, à la date du 10 septembre 2026, elles faisaient état de 7 022 cas confirmés, plus de 833 patients en isolement ou en hospitalisation, 3 398 morts avec à la clé un taux de létalité de 48,4%. Mais en dépit de ces chiffres qui suscitent une inquiétude légitime, l’espoir de voir le pays de Félix Tshisekedi maîtriser la maladie, est permis. C’est d’autant plus vrai qu’en plus du nombre non moins important de personnes guéries (1 671), d’autres progrès et pas des moindres, ont été enregistrés.
Il faut à tout prix éviter qu’Ebola ne reprenne du poil de la bête
Le simple fait que le pic de la maladie ait été atteint est en soi une bonne nouvelle pour la RDC, mais aussi pour la communauté internationale qui ne savaient plus à quel… médecin se fier. En effet, déclarée le 15 mai 2026 avec seulement quelques cas, la 17e épidémie d’Ebola avait franchi, en seulement moins de trois mois, le seuil de 4 300 cas confirmés, avec plus de 2 000 morts, devenant ainsi l’épidémie d’Ebola la plus rapide et la plus meurtrière de l’histoire de la RDC, puisque battant le record de la crise de 2018-2020 qui avait laissé sur le carreau, plus de 2 300 cadavres pour 3 500 cas enregistrés. Alors, s’achemine-t-on vers le bout du tunnel ? Tout porte à croire que oui. En tout cas, si la Communauté internationale qu’il convient de féliciter au passage pour son assistance à la RDC dans sa lutte contre Ebola, continue de maintenir ses efforts, la maladie ne sera plus qu’un mauvais souvenir dans les tout prochains mois. On ose donc espérer que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), figure de proue de la lutte contre Ebola en RDC, et les autres agences, notamment de l’ONU dont les efforts ont permis d’engranger des résultats tangibles, n’enterreront pas le …mal en laissant ses pieds dehors. On nourrit également l’espoir que le pouvoir de Félix Tshisekedi qui avait été vivement critiqué par la société civile pour son manque de dynamisme et de pugnacité dans la lutte contre Ebola, se montrera à la hauteur des attentes des Congolais. Il faut à tout prix, et c’est un euphémisme de le dire, éviter qu’Ebola ne reprenne du poil de la bête. C’est dire s’il y a nécessité de maintenir la vigilance à tous les niveaux. D’ores et déjà, on peut se féliciter que la maladie n’ait pas atteint la capitale. Preuve, s’il en est, que malgré tout ce que l’on peut dire, le pouvoir de Kinshasa n’est pas resté les bras croisés face à la progression fulgurante de cette 17e épidémie d’Ebola. Et c’est tout à son honneur. Autant dire que Fatshi n’a pas droit à l’erreur. Déjà que la maladie a fait beaucoup de dégâts et de morts, on imagine ce que pourrait être le bilan si le virus Bundibugyo que l’on qualifie de souche rare contre laquelle aucun vaccin spécifique ni traitement homologué n’est disponible, n’était pas contenu dans la région de l’Est, où elle a fait et continue de faire des ravages.
Chaque maillon de la lutte contre l’épidémie, doit continuer à jouer son rôle
Fatshi s’aura-t-il relever le défi ? On attend de voir. En effet, le président Félix Tshisekedi semble plus préoccupé à chercher un troisième mandat qu’à réunir les conditions d’une mobilisation générale contre Ebola. A preuve, l’homme est resté sourd à l’appel des religieux et de la société civile, à renoncer à ce projet qu’ils jugent risqué. Mêmes les menaces de l’opposition qui a battu le macadam à cet effet, n’ont pas réussi à le faire plier l’échine. Tout laisse croire que Fatshi est déterminé à aller jusqu’au bout, advienne que pourra. Peut-on, dans ces conditions, obtenir un sursaut national contre Ebola ? Rien n’est moins sûr. C’est dire si le locataire du Palais de marbre est plus qu’interpellé. En attendant, les populations qui vivent la peur au ventre doivent, elles aussi, jouer leur partition en respectant scrupuleusement les consignes édictées par le personnel soignant. En tout cas, elles auraient tort de reprendre immédiatement leurs vieilles habitudes en pensant que la maladie est déjà vaincue. C’est vrai qu’en atteignant le pic, Ebola perd du terrain en termes de contaminations, mais de là à croire qu’elle est devenue inoffensive, c’est se fourrer le doigt dans l’œil. C’est dire si chaque maillon de la lutte contre l’épidémie, doit continuer à jouer son rôle. Pour le reste, il appartient au monde de la recherche d’appuyer sur l’accélérateur afin qu’un vaccin efficace ou un traitement adéquat soit trouvé au plus vite, pour soulager les nombreux et potentiels prochains malades.
« Le Pays »
