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PLAINTE POUR DETENTION ARBITRAIRE DE BOBI WINE: Les avocats de l’opposant seront-ils entendus ?

Les avocats de Bobi Wine ont plaidé hier, 21 janvier, devant la Haute cour de justice de Kampala, pour exiger la libération du chanteur bloqué à son domicile depuis une semaine après la publication des résultats de la présidentielle, qui donnent son rival Yoweri Museveni vainqueur, mais que rejettent l’opposant et ses partisans. Seront-ils entendus ? Rien n’est moins sûr. Mais une chose est certaine : tant que le satrape n’aura pas sécurisé sa victoire comme un voleur sécurise son butin, l’opposant ne respirera pas l’air de la liberté. En tout cas, on voit mal la Haute cour de justice, inféodée au pouvoir qu’elle est, ramer à contre-courant de la volonté du prince régnant. Tout porte à croire que cette action des avocats de l’opposant, passera comme de l’eau sur les plumes d’un canard. On est d’autant plus fondé à le croire que  Bobi Wine reste inflexible et promet de mener la  résistance une fois libéré. De quoi pousser le régime ougandais à le surveiller comme du lait sur le feu.

Ce blocus qui n’est autre qu’une mise en résidence surveillée, est la nouvelle trouvaille des dictateurs pour empêcher les opposants de mobiliser leurs partisans pour contester dans la rue, leur victoire frauduleuse aux élections. C’est d’autant plus vrai que Yoweri Museveni n’est pas le premier à imposer un blocus à son plus farouche adversaire. Cette stratégie liberticide a fait recette au Gabon, au Togo et plus récemment en Guinée et en Côte d’Ivoire. Autant dire que Bobi Wine n’est pas le seul à souffrir le martyre. Cela dit, la Haute cour de justice de Kampala joue sa crédibilité. Comme le disent les Saintes Ecritures, « on ne peut servir deux maîtres à la fois ».

On a le sentiment que les Ougandais ont opté pour la résignation

Cette Cour doit se rendre à l’évidence qu’elle ne peut servir  la justice et en même temps, le prince régnant. C’est dire si elle gagnerait à se mettre au-dessus de la mêlée.  Seulement, saura-t-elle se montrer suffisamment indépendante en ordonnant la levée du blocus autour du domicile de l’opposant? On en doute fort. Les juges ougandais sont habitués à faire le sale boulot tant et si bien que l’on se demande s’ils sont encore capables de respecter leur serment. En tout cas, tant que Yoweri Museveni restera aux affaires, la Justice respira selon sa volonté. C’est dire si Bobi Wine qui est devenu le poil à gratter du régime ougandais, restera encore longtemps dans le collimateur de la Justice. Et quand on sait que Yoweri Museveni vient de rempiler pour cinq ans, on peut aisément imaginer ce qui attend cet opposant. A moins que Dame nature ne se charge de rappeler à Yoweri Museveni qu’il n’est qu’un mortel. On a le sentiment que face à la machine répressive de cet autocrate qui dirige son pays d’une main de fer depuis plus d’un quart de siècle, les Ougandais ont opté pour la résignation.

En tout cas, en dehors de Bobi Wine qui croit dur comme fer qu’il est capable de chasser ce septuagénaire qui ne fait plus mystère de sa volonté de mourir au pouvoir, les autres opposants se sont ramollis. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne fait pas bon être opposant en Ouganda et ce n’est pas demain la veille que cela changera. En tout cas, tant que Yoweri Museveni restera dans sa bananeraie, les Ougandais n’auront ni la justice ni la démocratie.

 

Dabadi ZOUMBARA

  

  

 

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