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RAJEUNISSEMENT DE LA CLASSE POLITIQUE EN RCI


Le député indépendant et maire de Tiassalé, Antoine Assalé Tiémoko, vient de relancer le débat sur la limite d’âge des candidats à la présidentielle. En effet, dans un post intitulé « l’âge de la retraite politique », il a déclaré qu’il proposerait de restaurer la limite d’âge pour les candidats à la présidentielle à 75 ans. Le député de Tiassalé compte le faire à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire d’avril 2022. A l’entendre, l’homme se dit optimiste quant à ses chances de parvenir à ses fins en avril prochain. Car, soutient-il, « les députés sont majoritaires à vouloir ce changement ».  L’on peut être tenté de partager l’optimisme du député de Tiassalé. Car, si sa proposition venait à passer  au parlement en avril 2022, cela aurait pour effet induit, la mise hors jeu, en 2025, d’Alassane Dramane Ouattara, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, puisque ces trois têtes de gondole de la politique ivoirienne ont respectivement 79 ans, 87 ans et 76 ans. Et depuis trois décennies, ces trois personnalités occupent de façon exclusive, le devant de la scène politique. Et pour dire les choses sans hypocrisie, ces trois têtes d’affiche de la scène politique ivoirienne ont été à l’origine des grandes déchirures que la lagune Ebriée a connues depuis la disparition du père de la Nation, c’est-à-dire Félix Houphouët Boigny en 1993. Le premier à brûler le riche legs du vieux, fait, on le sait, d’hospitalité et d’ouverture, notamment aux peuples de la sous-région, est Henri Konan Bédié. Laurent Gbagbo, de manière opportuniste, a surfé sur « l’ivoirité » inventée par le Sphinx de  Daoukro pour asseoir son pouvoir. Résultat, le Nord s’est dressé contre le Sud. Alassane Dramane Ouattara qui lui a succédé, n’a pas pu refermer ces plaies par une vraie politique de réconciliation nationale.

 

Ces trois têtes de proue auraient tout à gagner en prenant volontairement leur retraite politique

 

De ce point de vue, la mise à l’écart de ces trois dinosaures, peut non seulement contribuer au rajeunissement du personnel politique en Côte d’Ivoire, mais aussi à la civilisation des pratiques politiques de ce pays. Le moins donc que l’on puisse dire, c’est que l’idée du député-maire de Tiassalé, est lumineuse. Mais encore faut-il que les trois têtes de gondole de la scène politique ivoirienne que sont Henri  Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane Dramane Ouattara, y soient favorables. Pour le premier cité, c’est-à-dire Henri Konan Bédié, le simple fait de suggérer l’idée au sein du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI/RDA), peut valoir à son auteur, une excommunication, peut-on dire. Le jeune Kouadio Konan Bertin (KKB) en a déjà été victime. Et aujourd’hui, Jean Louis Billon pourrait subir le même sort pour avoir évoqué publiquement la nécessité d’insuffler du sang neuf à la direction du parti. Laurent Gbagbo, qui vient de rentrer de la prison de La Haye où il a séjourné pendant 10 ans, est dans la même posture que Henri Konan Bédié.  Pas question pour lui non plus de se retirer de la scène politique. Il l’a fait savoir urbi et orbi. Et certaines de ses ouailles, à l’image de Damana Pickass, l’y encouragent de manière religieuse. Quant à Alassane Dramane Ouattara, l’autre grande figure de la politique ivoirienne, il se dit prêt à faire valoir ses droits à la retraite politique. Mais pour cela, il exige que les deux autres papys en fassent autant. Connaissant déjà la position de Henri Konan Bédié et de celle de Laurent Gbagbo sur le sujet, l’on peut se permettre de déduire qu’Alassane Dramane Ouattara risque de battre en brèche l’idée du député de Tiassalé en brandissant l’argument suivant : «Comme les deux ne sont pas prêts à quitter, moi aussi je ferai comme eux ». De ce point de vue, l’idée du député de Tiassalé risque de mourir de sa belle mort, puisque les députés favorables à ADO sont largement majoritaires au parlement.  Et sauf omission ou oubli de notre part, aucun de ces députés n’a déjà osé évoquer publiquement le sujet. Ces trois têtes de proue auraient tout à gagner et avec elles, la Côte d’Ivoire, en prenant volontairement leur retraite politique. En tout cas, qu’elles y soient contraintes par une loi, ne les grandit nullement. Mais la grande question que l’on peut se poser, est de savoir si elles ont encore la lucidité pour le comprendre.

 

Pousdem PICKOU


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