HomeA la uneREELECTION CONTESTEE DE LULA VUE D’AFRIQUE : Ces similitudes qui renvoient au Gondwana

REELECTION CONTESTEE DE LULA VUE D’AFRIQUE : Ces similitudes qui renvoient au Gondwana


51,8% contre 48,2%. C’est le score étriqué du second tour de la présidentielle au Brésil, qui a désigné son vainqueur le 25 octobre dernier. Et c’est le président sortant, Luiz Inacio Lula Da Silva, qui l’emporte d’une courte tête devant son adversaire, le sénateur de droite Flavio Bolsonaro, qui n’est personne d’autre que le fils de l’ancien président d’extrême droite, Jair Bolsonaro. Autant dire que c’est un scrutin plutôt serré qui a rendu son verdict en faveur de l’octogénaire chef de l’Etat qui a d’autant plus créé la surprise que les sondages penchaient en faveur de son adversaire arrivé en tête au Premier tour. Et l’exploit de l’icône de la gauche brésilienne, tient tout autant à sa capacité à renverser une situation qui semblait compromise qu’à son histoire personnelle qui est un exemple de combativité et de résilience au regard du parcours qui est le sien.

 

On se demande jusqu’où ira la contestation de Flavio Bolsonaro

 

 Un parcours atypique qui l’a vu passer du pouvoir à la prison avant de signer quelques années plus tard un nouveau come-back à la tête de son pays. Mais aussi brillante que puisse être cette victoire inattendue de Lula, elle restera, vue d’Afrique, comme une tache à la démocratie brésilienne. D’autant plus que le verdict des urnes ne fait pas l’unanimité, avec un candidat qui refuse de reconnaître sa défaite. Une situation qui fait d’autant plus craindre le pire qu’après le père, Jair Bolsonaro qui refusait de reconnaître sa défaite en 2022 face au même Lula, l’histoire se répète quatre ans plus tard avec le fils, Flavio Bolsonaro, qui est allé plus loin en déclarant qu’il allait demander « l’annulation des élections ». Des similitudes qui renvoient au Gondwana où, au-delà de la tendance à la patrimonialisation du pouvoir et de la multiplication des mandats qui est le sport favori de bien des têtes couronnées, les élections restent des moments de fortes tensions politiques où la fin justifie bien souvent les moyens. Quand ce ne sont pas des candidats gênants qui sont arbitrairement écartés du scrutin, c’est le vote qui est lui-même souvent entaché d’irrégularités si ce n’est de fraudes, pour assurer la victoire sans coup férir d’un camp, parfois par des scores staliniens. Des pratiques qui jurent avec la démocratie, au même titre que les achats de consciences et autres trucages de votes qui font généralement le lit des contestations électorales, avec les conséquences et les violences qui vont avec. Pour en revenir à la victoire de Lula au Brésil, on se demande jusqu’où ira la contestation de Flavio Bolsonaro. Restera-t-elle au niveau du tribunal électoral ? Ou bien se déportera-t-elle aussi dans la rue, comme cela se voit souvent au Gondwana ? Dans le même ordre d’idée, on peut se demander si le perdant qu’il est, sera entendu dans son appel à l’annulation du scrutin. Toujours est-il que le fait, pour Lula, de rebondir en se faisant réélire après être passé par la case prison, est un signe qu’il a pu compétir à égalité de chances avec ses concurrents. 

 

Il appartiendra à Lula de prendre les bonnes mesures, dans l’intérêt supérieur du Brésil et de ses compatriotes

 

Et cela renforce sa légitimité et tend à donner du crédit aux institutions brésiliennes. Loin de la partialité qui caractérise les organes de gestion des élections dans les pays du Gondwana, quand ces instances ne sont pas simplement à la solde du pouvoir en place. En tout état de cause, si, au-delà de son bilan, Lula a pu bénéficier de la prime au sortant, c’est une victoire à la Pyrrhus qui fera date dans l’histoire du Brésil. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le plus dur commence pour Lula. D’autant plus qu’au-delà du pourcentage important d’électeurs qui n’ont pas voté pour lui et qui sont nécessairement à prendre en compte dans sa gouvernance, il devra se préparer à composer avec un parlement dominé par le parti de son adversaire et ses alliés. Si l’on ajoute à cela les difficultés économiques auxquelles le pays est confronté, c’est peu dire que ce quatrième mandat s’annonce comme un véritable défi. Et le chantier s’annonce d’autant plus titanesque que la campagne a montré combien le pays reste divisé. Il lui appartiendra donc de prendre les bonnes mesures, dans l’intérêt supérieur du Brésil et de ses compatriotes, s’il veut inscrire son nom en lettres d’or dans l’histoire de son pays.

 

« Le Pays »

 


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