HomeOmbre et lumièreVIDE JURIDIQUE CONSTATE DANS LES POURSUITES CONTRE BLAISE COMPAORE POUR HAUTE TRAHISON : Quelles autres surprises pour les Burkinabè demain ?

VIDE JURIDIQUE CONSTATE DANS LES POURSUITES CONTRE BLAISE COMPAORE POUR HAUTE TRAHISON : Quelles autres surprises pour les Burkinabè demain ?


Tous ceux qui avaient eu la faiblesse de croire que l’ancien président, Blaise Compaoré, serait traduit devant la Haute cour de justice pour haute trahison et attentat à la Constitution, peuvent désormais déchanter. En effet, à l’occasion d’une conférence de presse tenue le vendredi 30 septembre 2016, le  procureur général près la Haute cour de justice a apporté l’information suivante : « Le dossier contre Blaise Compaoré n’a pas été suffisamment mûri avant la mise en accusation ». En clair, « Blaise Compaoré ne peut pas être poursuivi pour haute trahison et attentat à la Constitution ». La raison avancée est que « la Constitution ne détermine pas ce que c’est que la haute trahison et l’attentat à la Constitution ». En d’autres termes, poursuit le procureur Armand Ouédraogo, « ces infractions n’ont pas d’éléments constitutifs ».

Ils seront probablement nombreux les Burkinabè qui tomberont des nues, suite à ces révélations. Et parmi eux, certains pourraient ne pas manquer de se poser la question suivante : A quoi sert finalement la Haute cour de justice ? Cette question est d’autant plus pertinente que la Haute cour de justice est l’émanation de la Constitution votée, on se rappelle, en 1991. Et quand on sait que d’éminents juristes dont nous tairons les noms, ont pris part à l’élaboration de celle-ci, il y a de quoi les accuser de négligence criminelle. En effet, comment peut-on avoir l’idée de traiter des questions liées à la haute trahison et à l’attentat à la Constitution, tout en omettant de dire en quoi ils consistent ? Aujourd’hui, ce manquement gravissime est en train de rattraper tout le Burkina pendant que la personne à qui profite le crime, c’est-à-dire Blaise Compaoré, se la coule douce sur les bords de la lagune Ebrié. Ce dernier, intentionnellement, avait taillé toutes les dispositions de la Constitution à sa mesure et ce, en complicité avec des hommes et des femmes. Pendant tout son long règne, aucun juriste n’a eu le nez creux de relever le fait qu’en ce qui concerne le président de la République, il y a un vide juridique à propos de la haute trahison et l’attentat à la Constitution pour la simple raison que ces infractions, comme l’a souligné le procureur général près la Haute cour de justice, Armand Ouédraogo, « n’ont pas d’éléments constitutifs ».

 

Bien des Burkinabè sont en train de tomber des nues face à certaines décisions de la Justice

 

L’on peut se demander ce que faisaient tous les magistrats de grade exceptionnel qui ont exercé cette fonction sous Blaise Compaoré et sous la Transition, pour ne pas déceler et corriger ce manquement. Subséquemment à cette question, l’on peut se permettre de se poser celle de la crédibilité de l’institution judiciaire en particulier et des institutions dédiées au bon fonctionnement de la démocratie en général. A l’analyse, l’on peut se risquer à dire que par moments, elles s’apparentent à de véritables gadgets destinés à berner les populations, à protéger les princes régnants et à amuser la galerie. Quand viennent, en effet, les moments où elles doivent se mettre en branle pour protéger la démocratie en châtiant les têtes couronnées qui l’agressent de manière flagrante, les populations se rendent compte de leur vraie nature. Et le comble est que les acteurs qui animent ces institutions superfétatoires, sont grassement payés par le pauvre contribuable. D’où la nécessité de rectifier d’urgence les choses. Car, bien des Burkinabè sont en train de tomber des nues face à certaines décisions de la Justice. Hier, c’étaient les libertés provisoires accordées sans que l’on ne comprenne trop pourquoi, à certaines personnalités dans le cadre de l’insurrection populaire et du putsch manqué, aujourd’hui, c’est Blaise Compaoré qui ne peut pas être poursuivi pour haute trahison et attentat à la Constitution à cause, dit-on, d’un vide juridique. L’on peut dès lors se poser la question suivante : quelles autres surprises pour les Burkinabè demain ? En effet, au rythme où vont les choses, la probabilité est forte que toutes les charges retenues contre tous ceux qui sont soupçonnés d’avoir trempé la main dans la répression sanglante consécutive à l’insurrection et au putsch manqué, soient tout simplement abandonnées pour vide juridique. Pendant ce temps, les éléments constitutifs des petits délits pour lesquels bien des Burkinabè  sont en train de croupir en prison, ne manquent jamais. Chacun peut en tirer la morale qui sied.

 

Sidzabda


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