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14 JUILLET 2020

Au Covid-19, citoyens !

Un 14-Juillet pas comme les autres ! C’est le moins que l’on puisse dire de la fête nationale française qui sera célébrée aujourd’hui. Rappelons que le 14-Juillet a été institué par la loi Benjamin Raspail pour commémorer la prise de la Bastille, en 1789, qui symbolise la fin de la monarchie absolue. Et ce n’est pas tout. Car, le 14 juillet 1790, soit un an après la prise de la Bastille, a lieu la Fête de la Fédération qui est le symbole de l’Union de la Nation. La loi ne mentionnant pas clairement lequel de ces évènements est commémoré, la République française a fini par adopter le 14-Juillet comme jour de fête nationale. Mais si les années précédentes, le 14-Juillet était célébré avec faste et en grande pompe, tel ne sera pas le cas, cette année, du fait de la pandémie du Covid-19 qui continue de faire des ravages à travers le monde. Car, non seulement le traditionnel défilé militaire qui constituait une tribune de démonstration de forces pour la France, a été annulé, mais aussi le feu d’artifice annulé à Lyon, se fera dans des circonstances spéciales à Paris ; coronavirus oblige. En clair, le public ne pourra pas être accueilli au sein d’un large périmètre comme l’a déjà annoncé la préfecture de police de Paris alors que d’ordinaire, l’événement rassemble plus de 500 000 personnes au pied de la Tour Eiffel. « Au Covid-19, citoyens », est-on tenté de scander en paraphrasant le slogan de la Marseillaise : « Aux armes, citoyens !». En tout cas, le 14 juillet 2020 sera une fête a minima.

Il n’y aura, en tout cas, pas officiellement, de chefs d’Etat africains aux côtés du président Emmanuel Macron sur les Champs-Elysées

Et même en Afrique où le Covid-19 semble avoir bouleversé les festivités de l’événement qui, d’ordinaire, rassemble grand monde dans les résidences des ambassadeurs français en poste dans les différentes capitales africaines. Cela n’a rien d’étonnant, surtout que dans bien des pays africains qui ont vite déconfiné, l’on assiste à une montée en flèche des différents cas de contamination du Covid-19. C’est le cas, par exemple, de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso, pour ne citer que les deux. On oublie volontiers certains pays du continent comme l’Afrique du Sud et Madagascar, qui, face à la gravité de la situation, ont été contraints de reconfiner.  Cela dit, les frontières étant fermées et l’accès à l’Union européenne (UE) interdit aux ressortissants de bien des pays africains, on comprend pourquoi il n’y aura, en tout cas, pas officiellement, de chefs d’Etat africains aux côtés du président Emmanuel Macron sur les Champs-Elysées. En tous les cas, si autrefois, le 14-Juillet constituait un grand moment pour l’Afrique dans la mesure où les tirailleurs sénégalais qui savaient manier la Marseillaise, commémoraient l’événement, tel n’est plus le cas aujourd’hui où l’on assiste plutôt à la montée d’un sentiment anti-français dans bien des pays francophones. On se rappelle encore les manifestations monstres auxquelles l’on avait assisté en fin 2019, au Mali, au Niger, au Burkina Faso, où les uns et les autres appelaient au départ des troupes françaises du Sahel.

Boundi OUOBA

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