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ADO A L’ELYSEE

Une visite normale

S’il y a un chef d’Etat africain qui aura, jusque-là, été le plus reçu à l’Elysée sous le magistère du président Emmanuel Macron, c’est bien l’Ivoirien Alassane Dramane Ouattara (ADO). En effet, le 12 juin 2017, alors que le nouveau locataire de l’Elysée venait à peine de s’installer, ADO fut le premier dirigeant du continent noir à s’entretenir et à partager un déjeûner de travail avec le successeur de François Hollande. Moins de trois mois, soit le 31 août de la même année, ADO était de retour à l’Elysée. Trois priorités étaient au centre des relations entre la France et la Côte d’Ivoire : l’éducation, le développement durable et la sécurité. A l’époque, le débat faisant rage sur le franc CFA, le numéro un des Ivoiriens n’avait pas fait mystère de sa position favorable à ladite monnaie dont certains demandent la suppression pure et simple. Toute chose qui avait suscité un véritable tollé, certains n’hésitant pas à dire qu’ADO est le valet de l’impérialisme français en Afrique de l’Ouest. Pour eux, ADO à Paris, c’était une visite normale puisqu’il y allait pour recevoir des instructions, surtout quand on sait qu’il rencontrera ses pairs africains le 12 juillet prochain pour donner sa position sur la création de la monnaie unique de la CEDEAO. Peut-être n’ont-ils pas tort. Car, pas plus tard qu’hier, 9 juillet 2019, le chef de l’Etat ivoirien a été de nouveau reçu par son homologue français, à l’Elysée.

Le président ivoirien savait qu’il était très attendu sur la question de son avenir politique en 2020

Officiellement, il s’est agi d’échanger sur la question sécuritaire, la dette et la faible avancée des travaux du métro d’Abidjan. Quid de l’envers du décor ? En ce qui concerne la question sécuritaire, il faut rappeler que la France finance la construction d’une école régionale de lutte contre le terrorisme, dont les travaux lancés en 2018, connaissent des blocages. Sur le plan économique, les échanges entre ADO et Macron ont porté sur l’éventualité d’un troisième contrat de désendettement et de développement sans autre forme de précision. Pour le moins, on sait que le chef d’Etat ivoirien a toujours plaidé pour une annulation pure et simple de la dette française estimée à plus d’un milliard d’euros.  Quant au métro d’Abidjan, il s’agit du « plus gros projet franco-ivoirien de ces cinq dernières années dont le chantier progresse lentement mais dont les travaux n’enregistrent pas d’avancées significatives », pour reprendre les termes de nos confrères de Jeune Afrique. Enfin, sur le plan politique, le président ivoirien qui savait qu’il était très attendu sur la question de son avenir politique en 2020, est resté évasif aux questions des journalistes, estimant qu’il se prononcera clairement le moment venu. Autrement dit, il continue d’entretenir le flou.

B.O

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