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AFFRONTEMENTS COMMUNAUTAIRES AU BURKINA : Il y a péril en la demeure

 

S’il y a une actualité qui a retenu mon attention au cours de la semaine écoulée, c’est bien ce qui est arrivé à Arbinda, dans la région du Sahel, où près d’une dizaine de peuls ont été massacrés. Pour quelle raison ? Certainement pendant qu’ils avaient pour patronymes Barry, Diallo, Gadiaga, Kouffa, etc. comme certains de ces extrémistes violents qui sèment la mort et la désolation sur leur passage. J’avoue personnellement que j’ai pleuré toute la nuit parce que cette nouvelle violence communautaire m’a rappelé ce qui s’est passé à Yirgou, en début d’année où des dizaines de personnes avaient perdu la vie. Et ce n’est pas tout. J’ai encore en mémoire le pogrom qui, récemment, a eu lieu dans le Centre du Mali, où plus de 150 personnes, essentiellement, des peuls, ont été trucidées. On ne peut que rester perplexe face à ce drame qui n’avait épargné ni enfants ni femmes enceintes. Oh, braves gens, j’avoue qu’à l’allure où vont les choses, j’ai personnellement très peur. Il y a péril en la deureure. C’est pourquoi, je voulais attirer l’attention des uns et des autres sur une chose. Tous les peuls ne sont pas des terroristes. Loin de là. La preuve est que les peuls eux-mêmes n’échappent pas à la folie meurtrière des terroristes qui frappent aveuglement. J’en connais qui sont des amis qui reçoivent des appels de menaces à longueur de jour et de nuit, de la part de leurs propres frères radicalisés qui les accusent d’être de mèche avec les autorités du pays. Voyez-vous ? Il faut savoir raison garder et faire preuve de discernement. Car, la situation est telle qu’aujourd’hui, les terroristes se recrutent dans toutes les communautés au monde entier. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la dernière liste de présumés terroristes recherchés pour s’en convaincre. Il y en a du tout. Même si je reconnais avec vous que les peuls y apparaissent comme les plus nombreux, cela ne suffit pas pour jeter l’anathème sur toute la communauté dans son ensemble. Je pense même que certains au sein de ladite communauté sont très remontés contre leurs frères qui ont pris les armes et qui se plaisent à se repaitre du sang des autres. Mieux, ces gens-là sont prêts à collaborer avec les Forces de défense et de sécurité (FDS). Mais ils ont peur pour leur propre sécurité. Ce qui paraît aussi normal. Car, l’on a vu des gens qui ont été zigouillés pour avoir fourni des informations aux fins limiers. Donc, je dis et je répète qu’il faut vite arrêter les amalgames. Car, à l’allure où vont les choses, on va vers un génocide pour ne pas dire vers une équation ethnique. Je touche du bois. Pour cela, changeons de discours pour ne pas donner l’impression de stigmatiser une communauté. C’est le seul moyen de préserver notre vivre-ensemble qui a toujours fait notre force. Cela dit, je ne veux plus jamais entendre parler d’un massacre dirigé contre une communauté quelconque.  Pour cela, je souhaite la mise en place d’un cadre de concertation permanent entre leaders communautaires dans chaque région. Cela permettra de renforcer la confiance entre les communautés coexistantes et de prévenir tout risque de dérapages. Ne dit-on pas souvent qu’il vaut mieux prévenir que guérir ?

« Le Fou »

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