HomeDroit dans les yeuxSOCIETE : Les jeux-vidéo, les maquis… ne sauraient remplacer les bibliothèques

SOCIETE : Les jeux-vidéo, les maquis… ne sauraient remplacer les bibliothèques


Jamais les livres n’ont été aussi accessibles, ni la connaissance aussi proche grâce à Internet et aux outils modernes de communication, désormais à notre portée jusque dans nos chambres à coucher. Pourtant, certains Burkinabè considèrent de plus en plus la lecture comme une véritable corvée, pour ne pas dire un travail forcé. A tel point que tourner les pages d’un livre semble plus pénible que faire défiler, des heures durant, un flot ininterrompu de publications aussi éphémères qu’insipides sur les réseaux sociaux. A force de nourrir nos cerveaux de miettes, de phrases lapidaires et de pensées prémâchées, il ne faut pas s’étonner de voir fleurir une génération qui parle de tout sans rien maîtriser, ou qui peine à produire des idées.  Le résultat est sous nos yeux : une armée de spécialistes de tout et d’experts en rien. Des « intellectuels » autoproclamés qui parlent avec aplomb de sujets qu’ils n’ont jamais étudiés, persuadés qu’une connexion Internet vaut une bibliothèque et qu’une publication virale remplace des années de lecture. Une opinion ne devient pas une connaissance parce qu’elle récolte des milliers de mentions « J’aime ». Le plus inquiétant est que les adultes, qui devraient ouvrir la voie aux plus jeunes, ferment eux-mêmes les livres. Ils désertent les bibliothèques, tournent le dos aux journaux et passent davantage de temps à faire défiler des écrans qu’à nourrir leur intelligence.

 

 

Le jour où un peuple cesse de lire des livres et des journaux, il renonce peu à peu à penser par lui-même

 

Comment demander à un enfant de lire lorsqu’il ne voit jamais ses parents ouvrir un livre ou un quotidien ? Si ces derniers désertent les bibliothèques, il ne faut pas s’étonner que leurs enfants ignorent jusqu’au chemin qui y mène. Les leçons s’oublient ; les exemples, eux, restent. Ne nous trompons pas de procès. Internet n’est pas le coupable. Il est d’ailleurs la plus vaste bibliothèque jamais offerte à l’humanité. Malheureusement, nous l’utilisons comme une salle de divertissement alors qu’il pourrait être une université à ciel ouvert. Nous préférons compter les bières descendues, les conquêtes affichées, les vidéos les plus virales, les rumeurs du jour et les publications sans lendemain, plutôt que de chercher à connaître les grands auteurs, les idées à acquérir et les connaissances à conquérir afin de pouvoir faire face aux grands enjeux de notre temps.  Une nation ne prépare pas son avenir avec des cerveaux saturés de distractions et sous perfusion de contenus insignifiants. Son véritable patrimoine n’est ni le béton, ni l’asphalte, ni les immeubles qui percent le ciel, encore moins le nombre effarant de ses maquis. Il réside dans ses bibliothèques, ses écoles, ses journaux et, surtout, dans des citoyens qui ont encore le goût de l’apprentissage et de la culture générale. Le jour où un peuple cesse de lire des livres et des journaux, il renonce peu à peu à penser par lui-même, et du coup, prend le risque de voir son avenir partir en fumée, page après page.

 

Sidzabda

 


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