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ANNULATION DES CHARGES CONTRE KATUMBI EN RDC. : La justice au gré du vent

L’opposant congolais, Moïse Katumbi, devrait être bientôt de retour à Kinshasa et ce, après plus de trois ans d’exil. C’est du moins ce qu’a laissé entendre son avocat après que la Cour de cassation a annulé sa condamnation à trois ans de réclusion criminelle prononcée contre lui en juin dernier par le tribunal de paix de Lumumbashi dans une affaire de spoliation immobilière. Et ce n’est pas tout. L’ex-gouverneur du Katanga a été également blanchi dans l’affaire présumée de recrutement de mercenaires. L’on peut aisément imaginer la bouffée d’oxygène qu’apporte cette décision judiciaire à ce poids lourd de la scène politique congolaise qui s’est vu interdit de participer aux dernières élections présidentielles et législatives du fait des charges qui pesaient contre lui. C’est en cela qu’il faut saluer l’arrêt de la Cour de cassation qui vient rétablir le prévenu dans ses droits et laver son honneur.  Au-delà du satisfecit personnel de Katumbi, l’annulation des charges contre lui constitue une bonne nouvelle dans le sens de la réconciliation nationale dans un pays qui porte encore les séquelles de la dictature de Joseph Kabila. Sans nul doute que la liberté de mouvements recouvrée par Katumbi et la relaxation de nombreux autres prisonniers d’opinion, viendront décrisper l’atmosphère politique en RDC. Et tout ceci vient confirmer, si besoin en était encore, tous les bénéfices de l’alternance démocratique. Car l’on se doute bien que ce vent de liberté qui souffle pour les opposants n’aurait été nullement possible si Kabila était toujours aux commandes de l’Etat congolais.

Cette évolution dans le dossier judiciaire de Katumbi, n’est pas exempte de calculs politiques

Mais l’on peut tout de même se poser des questions sur le sérieux de la Justice congolaise qui, en si peu de temps, se dédit. En effet, l’abandon subit des charges contre Moise Katumbi, prouve que l’appareil judiciaire en RDC est aux ordres du prince régnant qui l’utilise pour mettre sous éteignoir les ambitions politiques de ses adversaires. Il s’agit d’une justice instrumentalisée et le pire est qu’elle semble se complaire dans ce rôle de pantin. Plus dramatique est cependant le fait que cette pratique n’est pas propre à la RDC ; elle a pignon sur rue dans bien des Etats africains. Cela dit, celui qui doit le plus se frotter les mains dans cette affaire, ce n’est pas le bénéficiaire de l’annulation des poursuites, mais plutôt le président Félix Tshisekedi. Car, il saisit ainsi l’occasion pour redorer son blason d’autant que son image a été malmenée aux lendemains de son élection plus que controversée. Et l’on se doute que cette évolution dans le dossier judiciaire de Katumbi, n’est pas exempte de calculs politiques. L’on sait, en effet, que le président cherche à s’affranchir de son prédécesseur qui tient encore bien les manettes du pouvoir. En essayant de rentrer dans les grâces des autres poids lourds de la scène politique, il acquiert des soutiens importants face à l’ogre Kabila.  L’un dans l’autre, tout ceci confirme donc que la justice des Bantous évolue au gré du vent et que ce n’est certainement pas demain la veille que l’on verra une Justice congolaise indépendante et véritablement au service du peuple.

SAHO

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