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ASSASSINAT DU GENERAL QASSEM SOLEIMANI:Quelles conséquences pour l’Afrique ?

Soixante-douze heures après l’assassinat du tout-puissant général iranien, Qassem Soleimani, par des drones américains, la base militaire américaine au Kenya, Simba, a été frappée le 5 janvier 2020 par les Shebabs. Le bilan fait état de 3 Américains tués, soit un militaire et deux contractuels du ministère de la Défense. Cette attaque est pour le moins osée car la base Simba n’est pas n’importe laquelle. Elle fait partie des bases de surveillance installées à travers le monde par l’Amérique après les attentats du 11 septembre 2001, pour le contre-terrorisme. Faut-il y voir un lien avec l’assassinat de celui dont le nom seul suffisait à faire fuir des ennemis? La question s’impose d’autant plus qu’au lendemain de la mort du général, les dirigeants iraniens ont promis de le venger. Et ce n’est pas tout. Le tout- puissant Ayatollah et le Hezbollah ont appelé à des représailles contre le pays de l’Oncle Sam et les Etats qui feraient preuve de soutien débordant  au 45e président des Etats-Unis qui a ordonné la mort du général. Si cette attaque revendiquée par des Shebabs est un début de représailles contre l’Amérique de Donald Trump, il faudra craindre que celles-ci ne prennent de l’ampleur.

La crainte est d’autant plus justifiée que la posture adoptée par le président américain, n’est pas pour désarmer les cœurs meurtris. Loin s’en faut. En effet, en promettant de frapper 52 sites culturels iraniens et de frapper l’Iran comme il ne l’a jamais été, Donald Trump attise non seulement la colère des partisans du général Soleimani, mais aussi celle de tous les ennemis de l’Amérique à travers le monde. En tout cas, il donne des mobiles également aux terroristes de tous poils, de s’attaquer aux intérêts américains. Au cours du siècle dernier, le terrorisme ou ce qui paraissait comme tel, était alimenté et justifié par l’hégémonie américaine, c’est-à-dire le désir de ce pays de régenter le monde. Une posture que  Barack Obama aura plus ou moins travaillé à corriger à travers sa politique d’ouverture vers les pays arabo-musulmans.

L’Afrique ne sera pas  à l’abri

Mais depuis l’accession de Donald Trump à la Maison blanche, ce vieux concept de l’ère Reagan est remis au goût du jour.  Et Dieu seul sait s’il nourrit le terrorisme à travers le monde. Mais si l’Amérique a les moyens de sa politique, l’on ne peut pas en dire autant pour les Etats faibles en proie au terrorisme. Quelles conséquences, par exemple, la mort du général Qassem aura-t-elle sur l’Afrique ? La réponse est sans équivoque. L’Afrique ne sera pas  à l’abri. Car, comme le dit l’adage, « quand les éléphants se battent, c’est l’herbe qui en pâtit ». De toute évidence, il serait naïf de croire que l’on peut s’attaquer aux intérêts américains sans faire de victimes collatérales. Or, on le sait, les intérêts américains ne sont pas basés uniquement en Amérique. L’Afrique, comme bien d’autres continents, en abrite beaucoup. Rien que sur le plan militaire, on dénombre une trentaine de bases militaires dont celle qui vient de subir la furie des Shebabs. L’Afrique est d’autant plus à plaindre que cette escalade de tensions entre l’Amérique et l’Iran, intervient au moment où le Sahel est déjà en proie au terrorisme. Autant l’élimination de Kadhafi a ouvert la voie au terrorisme dans le Sahel, autant l’assassinat du patron d’al-Qods, la prestigieuse unité des forces spéciales des Gardiens de la révolution en charge des opérations extérieures, pourrait entraîner un regain d’actes terroristes en Afrique.

 

Dabadi ZOUMBARA

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