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ATTAQUE DE LIEUX DE CULTE AU BURKINA :

Ne pas jouer le jeu des terroristes :

Dimanche noir pour la communauté catholique de Dablo au Burkina, qui a été la cible d’une attaque terroriste le 12 mai dernier, laissant sur le carreau une demi-douzaine de fidèles, dont le prêtre célébrant. Quelque deux semaines plus tôt, c’était un pasteur et cinq de ses fidèles qui étaient froidement abattus en plein office à Silgadji, dans le nord du pays. Des tueries qui interviennent quelques mois après les assassinats de prédicateurs et d’imams dans la partie septentrionale du pays.  Ainsi donc, après les Forces de défense et de sécurité, les symboles de l’Etat que sont les préfectures, commissariats de police et autres mairies, les écoles, les attaques contre les lieux de culte et autres leaders religieux semblent devenues le nouveau mode opératoire des terroristes, après les affrontements intercommunautaires et le pogrom de Yirgou en début d’année. L’objectif étant visiblement de mettre à mal la cohésion sociale, en dressant les communautés ethniques et confessions religieuses les unes contre les autres.

Les Burkinabè ont compris que le chrétien n’est pas l’ennemi du musulman ni du protestant et vice-versa

Mais les Burkinabè ne doivent pas se tromper d’ennemi. Ils doivent surtout éviter de tomber dans le piège des terroristes qui, après maintes tentatives qui n’ont visiblement pas porté les effets escomptés, pensent à présent pouvoir trouver dans le divisionnisme ethnique et religieux, un terreau fertile pour l’expansion de leur idéologie de la haine. Aussi y a-t-il lieu de croire que ces changements itératifs de cap dans les attaques, sont la preuve que malgré les apparences, les terroristes sont fortement contrariés dans leurs objectifs et autres projets funestes, par les Forces de défense et de sécurité qui sont sur la brèche. Si fait que ces malfaiteurs des temps modernes sont en train de tomber chaque jour un peu plus bas, en s’attaquant de plus en plus à d’innocentes personnes sans défense, qui ont pourtant peu de chances de les suivre dans leur idéologie obscurantiste. Car, les Burkinabè ont compris que le chrétien n’est pas l’ennemi du musulman ni du protestant et vice-versa. Mieux, tout porte à croire que c’est cette absence de rivalités entre des religions qui se respectent et qui ne manquent aucune occasion de montrer qu’elles vivent en parfaite harmonie au Burkina, qui donne de l’urticaire à ces individus sans foi ni loi qui cherchent par tous les moyens à désaxer et briser les fondements de notre vivre-ensemble. Et si c’est la déstabilisation du pays qui est visée, personne ne sortirait gagnant si l’Etat s’écroulait. C’est pourquoi, au-delà des rivalités politiques, les Burkinabè doivent se donner la main pour combattre l’ennemi commun. Cela doit, entre autres, se traduire, au-delà des condamnations de circonstance, par un engagement franc et sincère dans la recherche de solutions pour juguler le mal. Il y va de l’intérêt de tous, et de la survie de la Nation. C’est le lieu de saluer l’action des Forces de défense et de sécurité pleinement engagées dans le combat et qui sont en train de s’adapter et de gagner en expérience dans cette guerre asymétrique contre un ennemi invisible, manifestement contraint à de nouvelles trouvailles maléfiques pour exister. Reste maintenant à travailler à inverser la tendance pour ne pas être toujours dans la réaction.

La collaboration tant chantée avec les FDS ne doit pas être un vain mot

Ceci étant, face à ce nouveau mode opératoire des terroristes, que faut-il faire ? Il faut déjà faire preuve de résilience et de lucidité pour ne pas jouer le jeu des terroristes en tombant dans les amalgames. Il faut ensuite inscrire la riposte dans une réponse globale à la question du terrorisme car, rien ne dit qu’il ne s’agit pas de stratégies pour disperser nos FDS pour pouvoir frapper encore plus durement. En tout état de cause, il est clair que l’on ne peut pas continuellement déployer des FDS devant chaque lieu de culte. Il appartient donc aux populations de faire preuve d’une vigilance plus accrue et surtout d’une collaboration sans faille avec les FDS, en signalant tout individu, comportement ou fait suspect. Et en la matière, mieux vaut parfois pécher par excès de prudence que par excès de négligence, car les terroristes ne sont pas des enfants de chœur. Et plus vite est sonnée l’alerte, plus prompte peut être la riposte. Dans le cas d’espèce, les témoignages concordent à dire que les assaillants sont venus en nombre important. C’est peu de dire que ce genre de colonnes mobiles peuvent difficilement passer inaperçues. Et il n’y a rien de mieux que le renseignement, pour permettre d’anticiper leurs actions et pouvoir déjouer leurs plans funestes. C’est le rôle que devraient jouer, en premier lieu, les populations dont la crainte de représailles qui les pousse à ne pas collaborer franchement avec les FDS, ne se justifie pas, d’autant qu’en s’abstenant de le faire, cela ne les met pas à l’abri de la furie des forces du mal. En tout cas, on ne peut pas dire que les cinq fidèles et le prêtre qui ont été lâchement et froidement abattus en pleine messe dominicale, l’ont été pour avoir dénoncé quelque terroriste que ce soit. C’est dire que la collaboration tant chantée avec les FDS ne doit pas être un vain mot, car c’est de là que pourrait venir le salut des populations. Cela dit, la preuve est maintenant faite, pour ceux qui en doutaient encore, que la guerre contre le terrorisme est une guerre complexe et de longue haleine. Il faut donc espérer que le récent lancement de l’opération  Ndofu au Nord, à la suite et à l’image de l’opération Otapuanu à l’Est il y a de cela quelques mois, permettra de « déraciner » le mal à la source et réduire considérablement la voilure de ces barbares dans leur volonté d’installer un kalifat dans notre pays qu’ils rêvent de mettre sous coupe réglée.

« Le Pays »

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