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CAN EGYPTE 2019

La compétition de tous les défis

Qui pour succéder au Cameroun au palmarès de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) ? Réponse le 19 juillet prochain au pays des Pharaons. En attendant, ce 21 juin, débute dans la capitale égyptienne, la 32ème édition de la plus prestigieuse compétition de football du continent qui mettra aux prises les 24 équipes nationales qui ont su tirer leur épingle du jeu lors des éliminatoires. Le match d’ouverture opposera l’Egypte au Zimbabwe. Treize des seize participants à l’édition précédente qui s’est tenue en terre gabonaise, sont encore dans les starting-blocks. Il s’agit du Cameroun, du Sénégal, de la Tunisie, de l’Algérie, de la République démocratique du Congo, de la Côte d’Ivoire, de l’Egypte, du Ghana, du Mali, de la Guinée Bissau, de l’Ouganda et du Zimbabwe. Les grands absents sont le Burkina Faso, le Gabon et le Togo. A ces treize rescapés de l’édition 2017, s’ajoutent huit revenants que sont le Nigeria, l’Afrique du sud, la Guinée, l’Angola, le Kenya, la Namibie, la Tanzanie et le Bénin.

Reste à espérer que ce coup d’essai à 24 équipes, soit un coup de maître

Devant ces habitués de la compétition, les trois nouveaux que sont Madagascar, le Burundi et la Mauritanie, qui seront à  leurs premiers pas, apparaissent comme les petits poucets d’une compétition qui se veut toujours plus grande et plus prestigieuse sur le continent noir. Cela dit, cette édition 2019 qui intervient à un moment où la faîtière du football africain est dans la tourmente, se présente, à bien des égards, comme la compétition de tous les défis. A commencer par le défi sécuritaire qui reste une préoccupation majeure dans un contexte presque généralisé de lutte contre le terrorisme, et où la mort, en début de semaine, de l’ancien président issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi, aurait pu faire craindre des remous. Sans oublier qu’à quelques semaines de l’ouverture de la compétition, le pays a été frappé par un attentat terroriste qui visait un bus de touristes sud-africains, près des pyramides où des touristes vietnamiens et leur guide égyptien ont été tués quelques mois plus tôt. Mais en plus du terrorisme, les stades égyptiens, ces dernières années, se sont illustrés de la plus mauvaise des manières par des violences et des heurts qui ont parfois occasionné des morts, lors de derbys locaux. C’est dire si l’on a des raisons d’avoir peur, d’autant plus que le chaudron de la Libye voisine est loin d’être stabilisé, alors que le pays de Kadhafi demeure, à ce jour, un magasin d’armes à ciel ouvert et un pandémonium où se jouent les contrebandes de tout genre. Comme si, en prenant au pied levé la relève du Cameroun qui s’est vu retirer l’organisation de cette compétition pour impréparation, le pays des Pharaons s’était lancé un défi à lui-même. C’est pourquoi on peut déjà tirer son chapeau à l’Egypte pour avoir relevé le défi de l’organisation en termes d’infrastructures, pour une compétition qui passe, pour la première fois, de 16 à 24 équipes. Reste maintenant à espérer que la compétition soit un franc succès, et que ce coup d’essai à 24 équipes, soit un coup de maître. Car, au-delà des surcoûts que cette augmentation d’effectif va nécessairement entraîner, cela pourrait avoir des conséquences sur le plan sportif si des rencontres devaient se révéler trop déséquilibrées sur le terrain. Mais c’est peut-être aussi le prix à payer pour tirer le football africain vers le haut, en donnant la chance à d’autres pays d’intégrer le cercle presque fermé des nations dites de football sur le continent.

On espère que le scénario du cafouillage de la finale retour de la Champions league africaine ne se répètera pas en Egypte

L’autre innovation majeure qui apparaît tout autant comme un autre défi et sur laquelle la Confédération africaine de football (CAF) est attendue au tournant, est l’introduction de l’assistance vidéo (la VAR), à partir des quarts de finales. En effet, cette technologie qui a été expérimentée lors du mondial russe en 2018, s’est révélée, au fil du temps et dans bien des situations, plutôt à controverse alors qu’elle était censée mettre fin aux polémiques et autres injustices dans un sport où les passions sont souvent exacerbées. Et l’institution de Ahmad Ahmad est d’autant plus attendue au tournant que l’on espère que le scénario du cafouillage de la finale retour de la Champions league africaine donnée pour être rejouée, pour cause de polémique liée à la défaillance de cet instrument, ne se répètera pas en Egypte.  En tout état de cause, la CAN a toujours été un moment de ferveur et de passion, et le souhait est que cette année encore, le spectacle soit au rendez-vous. On espère surtout qu’à l’ombre des Mohamed Salah, Sadio Mané, Hachim Ziyech et autres Nicolas Pépé qui apparaissent comme les grands noms de cette compétition, cette 32ème édition de la CAN verra l’éclosion de nouvelles pépites du football africain. Les pronostics sont à présent ouverts. Que la fête soit belle et que le meilleur gagne !

« Le Pays »

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