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CLOTURE DU DEPOT DES DOSSIERS DE CANDIDATURES POUR LES LEGISLATIVES  2020

Timide affluence, dans la matinée, au siège de la CENI  

Le dépôt des dossiers de candidatures pour les législatives du 22 novembre prend fin ce 22 septembre 2020 à Ouagadougou. Regroupement d’indépendants et partis politiques arrivent au siège de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), chargés de dossiers. L’ambiance au dernier jour au siège de la CENI montre que la nuit sera longue.

 

Aux environs de 8h, le mardi 22 septembre 2020, l’affluence est encore timide dans les locaux dans lesquels les dossiers des candidats sont reçus. Au portail, il faut montrer patte blanche avant d’y avoir accès . Le masque est obligatoire, Covid-19 oblige. Dans la cour, pour s’orienter, il faut passer à une autre table. A ce stade, nous sommes rejoints par deux messieurs, dont l’un a les bras chargés de documents. L’un deux est Gabriel Béréwidougou, président du Rassemblement des Burkinabè pour le progrès (RBP). Après vérification de son identité, les deux éléments de la sécurité lui donnent le numéro 6 et l’orientent vers une salle. C’est la salle Michel Tapsoba, du nom du défunt président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de 2001 à 2011. Arrivé dans la salle, il se dirige vers le guichet n°6. Là, il y a trois personnes qui le reçoivent. La première question qu’on lui pose : « Est-ce que je peux avoir votre mandat ? » Gabriel Béréwidougou fait comprendre qu’il est le président du parti et tête de liste nationale de son parti. On vérifie son identité. Ensuite, on lui demande les documents composant le dossier du parti. Il se trouve que certains de ces documents se trouvaient dans la voiture. Sur-le-champ, son accompagnant est sommé d’aller les chercher. Ce n’était que le début d’un long processus. Les agents du guichet n°5 ne chôment pas. Ils sont avec Job Ouédraogo du Mouvement patriotique pour le salut (MPS). « Je suis le premier inscrit sur la liste, ce matin. Je suis arrivé au siège de la CENI avant 7h et on m’a reçu à 8h », confie-t-il. Jusqu’à 9h, Job n’avait pas fini de déposer les dossiers de candidatures. De temps à autre, on le voit sortir de la salle pour passer ou recevoir des appels. A la question de savoir si tout va bien ? Il répond : « Tout se passe bien. Mais il y a quelques erreurs de photocopies de cartes d’électeur et autres ». Pendant ce temps, le président du RBP et son acolyte enchaînent les va-et-vient entre la salle de réception des dossiers et l’extérieur de la cour de la CENI.  Alors que nous suivons ces faits et gestes dans un coin de la cour, voilà une voiture qui fait son entrée. Il s’agit de celle du président de la CENI. Newton Ahmed Barry est venu s’enquérir de l’état d’avancement des dépôts. Il se dirige vers la salle Michel Tapsoba. Là, il fait le tour des 12 guichets tout en prenant le soin de demander à chaque étape « comment ça se passe ? ». La réponse est unanime à tous les niveaux : « Oui ça va, ça se passe bien ». Après avoir fait le tour, le président de La CENI, Newton Ahmed Barry, confirme qu’effectivement, la clôture de la réception des dossiers pour les législatives du 22 novembre, « c’est ce jour 22 septembre à 23h59 ». Constatant l’affluence timide au siège, il lance : « hélas, les gens attendent le dernier jour et la dernière minute ». Etant donné que c’est le dernier jour, « évidemment, cette journée risque de connaître plus d’affluence que les journées passées. C’est comme cela d’habitude. Cette fois, on ne dérogera pas à la règle », prédit-il. A part cela, le président de la CENI assure qu’il n’y a pas trop de souci au niveau de la réception parce que « même si les partis amènent des dossiers incomplets, on leur donne juste un récépissé jaune qui montre que le dossier est incomplet. Mais s’ils amènent un dossier complet, on leur donne un récépissé vert. Mais en général, les commissions de réception ne refusent pas de recevoir de dossier ». Pour ceux qui ont un dossier incomplet, ils ont jusqu’à la date de clôture pour régulariser leur situation. En tout cas, « à partir de minuit, on ferme la porte de la CENI », prévient Noufou Sawadogo du Secrétariat général de la CENI. Et il est strict : « si vous n’êtes pas à l’intérieur, vous ne pourrez plus déposer et c’est fini. Pour ceux qui ont pu franchir la porte avant minuit, nous sommes-là et nous réceptionnons les dossiers jusqu’au matin. Présentement, on est préparé pour être là jusqu’à demain. C’est-à-dire que la nuit, on ne dort pas ».

 

« C’est assez bien organisé, assez fluide avec des agents qui accueillent avec courtoisie»

 

Noufou Sawadogo est à la réception des dossiers. Selon ses explications, il y a deux sortes de dossiers ; il y a le dossier collectif, c’est-à-dire le dossier du parti composé de cinq logos du parti, le récépissé et le rapport sur le quota genre. Il indique qu’individuellement, chaque candidat doit avoir son acte de naissance, son certificat de nationalité, son casier judiciaire, une déclaration individuelle et la photocopie de la carte d’électeur. Noufou Sawadogo révèle qu’il y en a qui viennent pour la première fois et ne connaissent pas la composition exacte et pourtant, on leur a donné une clé sur laquelle se trouve la composition des dossiers. Mais malgré ce fait, quand ils viennent pour le dépôt, « soit il manque la carte d’électeur, ou bien il manque un document. C’est pourquoi il y en a qui étaient là hier et avant-hier et ils reviennent encore pour compléter leurs dossiers ».  Aux environs de 10h, nous apercevons un jeune homme qui se dirige vers la salle de dépôt. Nous l’accostons, et il nous dit qu’il est venu déposer ses dossiers pour les législatives 2020. Il s’agit de Silvère Salga, responsable du regroupement d’indépendants Greatcall. Ces indépendants se présentent dans la province du Kouritenga avec deux candidats en tête, plus les deux suppléants. « On voulait composer une liste nationale, mais apparemment, la loi est compliquée parce que pour avoir une liste nationale, il faut être représenté sur tout le territoire », se résigne-t-il. Qu’à cela ne tienne, il estime que « l’objectif est de montrer que la jeunesse aussi est présente ». C’est sur ces mots qu’il rejoint la salle. Quelques minutes après, nous apercevons un monsieur tenant un récépissé jaune. Ce à quoi nous avons pensé se confirme. « J’ai le récépissé jaune, parce qu’il me reste deux ou trois documents à compléter : la quittance et le récépissé. Les frais, c’est 50 000 F CFA par circonscription et quand on candidate pour deux circonscriptions, il faut payer 100 000 F CFA », révèle Germain Ouédraogo, représentant d’un groupement de candidats indépendants, à savoir le Mouvement citoyen debout (MCD), actif dans la région du Nord. Relativement à l’ambiance dans la salle de dépôt, il reconnaît que « c’est assez bien organisé, assez fluide, avec des agents qui accueillent avec courtoisie ». Pendant que nous nous apprêtions à quitter le siège de la CENI, aux environs de 11h, nous tombons encore sur Gabriel Béréwidougou, Président du RBP, faisant toujours des va-et-vient. Dans la conversation, nous découvrons que son parti, implanté dans une trentaine de provinces et créé en fin 2019, est à sa première participation. « Nous voulons quelque chose de nouveau pour le Burkina Faso. Le parti est implanté dans une trentaine de provinces », argue-t-il. Relativement au respect du quota genre, Gabriel Béréwidougou confesse : « Comme dans tous les partis, nous avons un problème avec le quota genre. Mais nous sommes autour de 25%. Nous avons 4 provinces où nous avons des femmes têtes de liste ».

 

Françoise DEMBELE

 

 

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