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COMDAMNATION DE CHARLES BLE GOUDE EN RCI

Quid de la réconciliation nationale ?

Il n’en a pas encore fini avec ses ennuis judiciaires. Bien au contraire, il est toujours au creux de la vague. En effet, élargi par la Cour pénale internationale (CPI) dans l’attente d’un éventuel procès, Charles Blé Goudé, puisque c’est de lui qu’il  s’agit, comparaissait par contumace devant la Justice ivoirienne. Poursuivi pour « viol, tortures et meurtres » pendant la grave crise post-électorale de 2010-2011 qui aura coûté la vie à près de 3000 personnes en Côte d’Ivoire il vient d’écoper de 20 ans de prison ferme.  Un prévenu ne pouvant pas être jugé deux fois pour les mêmes raisons, la Justice ivoirienne a dû requalifier les faits ; elle qui, au départ, accusait l’ex-ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo de « crimes contre les populations civiles et prisonniers de guerre ». Une requalification et une condamnation qui n’ont pas été du goût de la défense qui a d’ailleurs décidé de boycotter le procès de son client actuellement en liberté conditionnelle à La Haye. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec ce verdict, le pouvoir ivoirien  vient d’apporter de l’eau au moulin de tous ceux qui soutiennent la thèse d’un acharnement contre Blé Goudé visant à le détruire politiquement. Car, tant qu’à faire, pourquoi avoir choisi d’envoyer Charles Blé Goudé et son mentor à la CPI  si la Justice ivoirienne était capable de les juger sur  place ? Tout se passe comme si la décision des juges de la CPI, avait retourné une partie de l’opinion en faveur de Blé Goudé et Laurent Gbagbo et qu’insatisfaites, les autorités ivoiriennes ont décidé de chercher des noises à ces hommes politiques qu’elles présentent comme étant les pires ennemis de la République. Surtout que se profile à l’horizon la présidentielle de 2020.

Donner plus de chances au processus de réconciliation nationale

 

Dans ces conditions, il y a de fortes chances que Charles Blé Goudé soit alpagué une fois de retour au bercail. Et si tel était le cas, il faut souhaiter que les uns et les autres prennent de la hauteur. Car, après tout, trop de vies ont été fauchées dans cette tragédie et il faut penser aux parents des victimes toujours assoiffées de vérité et qui, après tout, ont besoin de faire leur deuil.  Mais quid du    processus de réconciliation nationale déjà en panne, qui pourrait en prendre davantage un coup, tant cette condamnation pourrait contribuer à renforcer les clivages et les ressentiments des uns envers les autres ? Ce qui serait regrettable pour un pays comme la Côte d’Ivoire où la moindre flamme peut subitement se transformer en brasier aux conséquences incalculables. Or, aujourd’hui, le pays de feu Félix Houphouët Boigny n’a pas besoin de cela. Il veut voir ses fils et filles unis, marchant main dans la main, et aspirant à un mieux-être. Cela dit, Gbagbo et Blé Goudé ayant déjà payé pour les faits qui leur sont reprochés pour avoir passé près de huit ans dans les geôles de la CPI, le pouvoir d’Alassane Dramane  Ouattara  devrait en tenir compte en faisant l’économie de ce procès  afin de donner plus de chances au processus de réconciliation nationale en cours.

Boundi OUOBA

 

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