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COMPARUTION DEVANT LA CPI DU CHEF DE GUERRE ALI KUSHAYB:Un ex-sanguinaire rattrapé par son passé?

Transféré à la Haye le 9 juin dernier, l’ex chef de milice du Darfour, Ali Kushayb de son vrai nom Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, a comparu, le 15 juin, devant la Cour pénale internationale. Cinquante chefs d’inculpations dont 22 pour crimes contre l’humanité et 28 pour crimes de guerre, pour des exactions commises en 2003 et 2004 au début de la guerre du Darfour, pèsent sur sa tête. Mais comme il fallait s’y attendre, l’homme nie en bloc ces accusations. En attendant la prochaine audience fixée au 7 décembre, l’on pourrait dire  que c’est un procès inédit qui s’ouvre ce d’autant qu’Ali Kushayb est le premier suspect à comparaître devant la CPI en tant qu’accusé côté gouvernement, les trois autres étant issus des rangs des groupes armés qui combattaient le pouvoir de Khartoum. Cela dit, l’heure de la vérité a-t-elle sonné pour cet ancien chef des janjawid ? Tout laisse à croire que oui. Ce d’autant qu’Ali Kushayb va devoir répondre de ses actes puisqu’il est poursuivi pour 22 chefs de crimes contre l’humanité et 28 chefs de crimes de guerre. Cette comparution doit lui rappeler que lorsqu’on sème le vent, on récolte, tôt ou tard, la tempête. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la comparution de cet ex-rebelle à La Haye, constitue un ouf de soulagement pour les victimes du conflit du Darfour qui aura fait plus de 300 000 morts et mis sur le chemin de l’exil, trois millions de personnes. C’est dire si c’est une belle prise pour la CPI.

La CPI gagnerait à organiser un procès pédagogique

Et elle devrait à présent mettre un point d’honneur à conduire ce dossier avec maestria de sorte à ce que les victimes dont certaines portent des séquelles à vie, ne soient pas déçues. Elle a d’autant plus intérêt que Jean-Pierre Bemba, cet ex-chef rebelle congolais qu’elle fut finalement contrainte de relaxer, aura été un cas de nature à écorner son image. C’est dire si elle devra travailler à redorer son blason. Autant dire que la CPI n’a pas droit à l’erreur. Du reste, elle se doit de savoir que malgré les critiques formulées à son encontre, elle demeure un espoir pour les plus faibles et les opprimés et une épée de Damoclès sur la tête de tous ces dictateurs et autres sanguinaires du continent qui ont peu d’égards pour la vie humaine. Le Darfour faisant toujours l’objet de préoccupations en matière de sécurité, la CPI gagnerait à organiser un procès pédagogique. Elle doit travailler à dissuader tous ces rebelles qui sèment la désolation et la mort en Centrafrique, au Darfour et dans bien d’autres contrées du continent. C’est en cela qu’elle contribuera à la construction de la paix sur le continent.

 

DZ

 

 

 

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