CONSEIL NATIONAL DE La TRANSITION : Faut-il oui ou non doter le Burkina d’une nouvelle Constitution

CONSEIL NATIONAL DE La TRANSITION : Faut-il oui ou non doter le Burkina d’une nouvelle Constitution

Une mission du Conseil national de la transition a tenu le 30 Mai 2015, un débat public à la maison de la culture de Bobo-Dioulasso. L’objectif de ce débat était de recueillir l’avis du peuple sur la question du changement ou du maintien de la Constitution actuelle.

 

Trois éminentes personnalités ont animé un débat public sur le changement de la constitution. Il s’agit de Lucien Honoré Nombré, 1er vice-président du Conseil national de la transition (CNT), Abdoul Karim Sango, politologue, membre de la CENI, Salifou Sangaré, conseiller du ministre de la Fonction publique. Le débat a été clairement exposé en ces termes: faut-il oui ou non doter le Burkina Faso d’une nouvelle Constitution ? Abdoul Karim Sango a ouvert quelques pistes de raisonnement pour guider les participants dans les réponses. Il a rappelé ce qu’est la constitution sur le plan matériel et sur le plan formel. Vieille de 24 ans, la Constitution du Burkina est assez jeune devant celles d’autres pays comme les Etats-Unis qui a 200 ans. Cependant, Abdoul Karim Sango a cité quelques raisons qui méritent que l’on se demande s’il y a lieu de la garder ou de la changer. A l’entendre, cette Constitution a connu un grand nombre de violations surtout au plan des droits humains. Elle était taillée sur mesure pour Blaise Compaoré. Le président avait trop de pouvoirs et nommait qui il voulait à la place qu’il désirait. La constitution doit être en phase avec les idéaux de l’insurrection. Il est opportun d’être dans de bonnes conditions pour mieux vivre. En dans ce sens, il vaut mieux avoir un président qui a l’allure d’un demi-Dieu. Le conférencier a fait allusion au président Barack Obama pour qui « l’Afrique a besoin d’institutions fortes et non d’hommes forts ». La Constitution a été banalisée car elle a été modifiée 4 fois pour arranger des situations en faveur du gouvernement en place. La Constitution est en déphasage avec les aspirations du peuple. Elle accorde très peu de place à la population. Pour le conférencier Aboul Karim Sango, pour avoir une Constitution, il faut la faire avec des organes neutres. Pour ce qui concerne le reste du temps imparti pour la transition, le conférencier reste confiant et pense que s’il y a l’aval du peuple, ce temps peut bien suffire ou tout au moins, on peut poser les bases, de sorte à ce que, le président qui sera élu ne tripatouille pas à sa faveur la Constitution. A l’issue du débat, bon nombre de personnes ont marqué leur accord pour changer la constitution. Selon Salifou Sangaré, si on veut réconcilier les Burkinabè avec eux-mêmes, il faut élaborer une nouvelle Constitution de sorte à prendre en compte certains aspects tels que la question de la jeunesse, l’utilisation des ressources naturelles, les questions ayant trait à l’armée et bien d’autres. En tous les cas, la réflexion a-t-il dit, est ouverte à tout le peuple burkinabè.

                                                               Emmanuel Sombié (correspondant)

 

Articles similaires

3 Commentaires

  1. Sacksida

    Ecoutez, après l’insurrection d’octobre 2014, la nécessité de passer à une cinquième république avec une nouvelle constitution au Burkina Faso, se justifie et n’est plus à démontrer ! La constitution du 02 Juin 1991 a été malmené maintes fois au gré des intérêts de l’ex-Président Blaise compaoré et de ses affidés contre ceux du peuple Burkinabé ! Elle est d’ailleurs la cause principale des dérives monarchiques, judiciaires, gouvernementales et législatives que nous avons endurées pendant 27 ans ! En outre, rappelons-nous que ceux qui sont contre l’élaboration d’une nouvelle constitution actuellement, sont les même qui il n’y’a pas longtemps disaient que les institutions de la 4ème république fonctionnaient bien et qui rejetaient tout cadre de discutions non constitutionalisé ! Mais bref, les citoyens éclairés et les hommes de bonne foi, ne peuvent que souhaiter une nouvelle constitution et des nouvelles règles de gouvernance qui prennent en compte les aspirations légitimes du peuple Burkinabé dont certains de ces filles et fils ont fait le sacrifice suprême les 30 et 31 octobre 2014 pour un changement profond de gouvernance, de liberté et de démocratie ! Mettons les dispositions nécessaires et utiles pour l’élaboration de la nouvelle constitution et son adoption au cours de la Transition afin de ne pas avoir à regretter notre manque de vision ! D’ici quatre mois, une nouvelle loi fondamentale est possible couplée avec la Présidentielle, législatives et référendum ! Allons Vite et Bien ! Les compétences nationales existent et allons à l’essentiel car le peuple Burkinabé et l’Afrique nous regarde ! A bon entendeur ! Salut !

    Reply
  2. le serein

    de combien de temps a t-on besoin pour écrire une constitution? quit à laisser le referendum au régime à venir à cause de son budget difficilement mobilisable en ces périodes. il faut absolument une NOUVELLE CONSTITUTION avec les institutions neutres actuelles. une transition, C’est la rigueur, sinon qu’est ce que poser les bases d’un renouveau démocratique? même pour les déficits, les pillages budgétaires des fuyards, nous avions dit à son temps d’arrêter les privilégiés du régime passé et de les mettre en résidence surveillée. voilà, les caisses sont vidées. la situation devrait changer si tous les mauvais payeurs des taxes et factures paient bien avec une rigueur de régime de transition droit.

    Reply

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Google+