CRASH D’ETHIOPIAN AIRLINES

CRASH D’ETHIOPIAN AIRLINES

 Un coup dur pour le transport aérien africain

L’information a fait le tour du monde. Le vol ET302 de la compagnie Ethiopian Airlines qui assurait la liaison entre Addis-Abeba et Nairobi, s’est écrasé, six minutes seulement après son décollage, en territoire éthiopien. Tous les 157 passagers, y compris les membres de l’équipage, ont péri. Au moment où nous tracions ces lignes, tout le monde se perdait en conjectures. S’agit-il d’une erreur de pilotage ou d’un acte terroriste ? Ou encore s’agit-il d’un cas de dépressurisation ou d’un givrage atmosphérique ? Autant de questions que l’on se pose mais auxquelles il est difficile de répondre pour l’instant. Pour le moins, on sait que le pilote dont on dit qu’il était expérimenté, avait évoqué des « difficultés » et demandé à faire demi-tour. Mais pour l’heure, tous les regards sont tournés vers les enquêteurs qui, à l’issue de l’analyse du contenu des boîtes noires de l’avion, pourront déterminer les circonstances exactes de ce drame qui, il faut le dire, pourrait porter un coup dur au transport aérien africain. Car, Ethiopian Airlines, il faut le rappeler, en 54 ans, s’est imposée comme la meilleure compagnie aérienne du continent africain. Et puis, la capitale éthiopienne passe pour être un véritable hub d’où partent des vols en direction de 125 destinations. Ce serait donc un truisme  de dire que l’économie éthiopienne repose aujourd’hui sur le transport aérien, tant la compagnie Ethiopian  Airlines qui fait preuve de sérieux, a investi dans ce secteur. A preuve, depuis 1965, Ethiopian Airlines a enregistré 60 accidents  ou incidents, soit en moyenne un par an, si fait que l’Aviation Safety Network l’a classée comme étant la compagnie la plus fiable du continent. La catastrophe la plus récente qu’elle  a enregistrée, remonte au 23 novembre 1996 et  a été la conséquence d’un détournement. En effet, le vol 961 qui assurait la liaison   Addis Abeba-Nairobi-Brazzaville-Lagos-Abidjan, a été pris en otage par des pirates qui, s’étant introduits dans le cockpit, avaient exigé du pilote qu’il prît la direction de l’Australie.

Ce drame risque de tout remettre en cause

La suite, on la connaît. Le pilote a tenté un amerrissage dans les eaux de l’Ile de Grande Comore mais le moteur gauche et le bout de l’aile de l’avion heurtèrent en premier l’eau, provoquant le retournement et la dislocation de l’appareil. 123 des 175 passagers à bord dont les trois pirates y trouvèrent la mort. L’autre crash d’Ethiopian Airlines le plus récent a été enregistré le 10 décembre 2015 à Accra au Ghana, lorsque le Boeing 737-400 Freighter a raté son atterrissage, provoquant d’énormes dégâts matériels. En tout cas, ce crash intervient au moment où  Ethiopian Airlines, à l’instar de Air France et Turkish Airlines, connaît un succès historique dans les domaines financier, commercial, opérationnel, etc. Car non seulement elle vient d’acquérir des appareils de dernière génération, mais aussi le nombre de ses passagers a augmenté de 21%. Et ce n’est pas tout. Elle a ouvert, en 2018, huit nouvelles destinations internationales  que sont Genève, Chicago, Bahreïn, Kaduna, Buenos Aires, Kisangani, etc. C’est donc à juste titre qu’elle a reçu le classement 4 étoiles de la part de la SKYTRAX qui est la principale agence de notation de l’industrie du transport aérien qui l’a, du même coup, classée « meilleure compagnie aérienne en Afrique ». Ce drame risque hélas de tout remettre en cause. Mais en attendant, c’est un véritable choc pour l’Afrique.

Boundi OUOBA

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