A la uneLa chronique du fou

DECRET PORTANT SUSPENSION DE LA QUARANTAINE

Le cachet du président du Faso se trouve-t-il à la Primature ?

En début de semaine dernière, j’ai assisté à une polémique qui ne saurait me laisser indifférent. Il s’agit de celle liée au décret suspendant la mise en quarantaine des villes touchées par le Covid-19. Ledit décret a été signé par le Premier ministre, Christophe Marie Joseph Dabiré. Mais à la surprise générale, on y voit apposé le cachet du président du Faso. Ce qui n’a pas manqué d’enflammer les réseaux sociaux au point que le Service d’information du gouvernement (SIG) a dû se fondre en excuses. Mais cela n’enlève rien au mal qui est déjà fait, surtout que le Burkinabè, depuis l’insurrection populaire d’octobre 2014, se montre très critique. Il ne tolère pas le moindre manquement, surtout quand il émane des dirigeants. C’est pourquoi j’en appelle à la vigilance de ces derniers qui, parfois, donnent l’impression de faire dans l’amateurisme. Sinon, comment comprendre qu’un document administratif signé du chef du gouvernement, porte le sceau du chef de l’Etat ? Tout se passe comme si le cachet du président du Faso se trouve à la Primature au point que les secrétaires ont vite fait la confusion. En tout cas, je dis et je répète que cette erreur est, pour le moins, impardonnable, surtout qu’elle émane du plus haut sommet de l’Etat. C’est pourquoi je souhaite qu’en interne, une enquête soit diligentée pour situer les responsabilités. Que ceux qui ont péché par légèreté soient sanctionnés pour l’exemple. Je le dis parce que j’ai parfois l’impression que le pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré a affaire à une administration qui ne lui est pas loyale. Si fait que l’on a le sentiment que certains travaillent à le faire échouer. Ce n’est pas moi qui le dis. Les faits parlent d’eux-mêmes. En témoigne la publication de certains documents administratifs qui devaient pourtant être frappés du sceau de la confidentialité, sur les réseaux sociaux. Les exemples sont si nombreux que je ne me risquerai pas à vouloir les citer exhaustivement au risque d’en perdre l’haleine.

Il revient aux dirigeants de rectifier le tir pour ne pas donner l’impression d’un pilotage à vue

Le dernier exemple en date est la circulaire du Premier ministre interpellant les ministres sur la sécurité juridique des actes du gouvernement, qui, contre toute attente, s’est retrouvée sur la place publique. Voyez-vous ? Je suis fou certes, mais je suis de très près tout ce qui se passe dans mon pays. Mais j’avoue que parfois, j’ai envie de verser des larmes quand je regarde certaines choses. Il y a trop de laisser-aller dans ce pays, tant et si bien que l’on ne sait pas qui fait quoi et pourquoi. Mais, quand j’analyse de très près, je finis par imputer la responsabilité de ce cafouillage à nos dirigeants dont le comportement manque aussi parfois de lisibilité. Or, comme on le dit, « le poisson pourrit toujours par la tête ». En tout cas, j’ai en mémoire beaucoup d’impairs commis par certains dignitaires, si bien qu’il m’est difficile de défendre ce régime comme je me surprends à vouloir le faire parfois, quand je me retrouve avec mes camarades fous pour parler de la gestion de notre pays. Voyez-vous ? Je pense qu’il revient d’abord aux dirigeants de rectifier le tir pour ne pas donner l’impression d’un pilotage à vue. Certes, l’erreur, comme on le dit, est humaine. Mais à certains niveaux de responsabilités, l’erreur peut être fatale quand elle ne confine pas à un manque de sérieux.

« Le Fou »

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