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DISCOURS D’ADIEU DU PRESIDENT AMERICAIN : L’Afrique regrettera-t-elle Obama ?

DISCOURS D’ADIEU DU PRESIDENT AMERICAIN : L’Afrique regrettera-t-elle Obama ?

 

Dans moins de dix jours, le bail de Barack Obama à la Maison Blanche, arrivera à terme. Avant qu’il ne fasse ses cartons, il s’est plié au rituel en prononçant son discours d’adieu. La charge émotionnelle de l’évènement a eu raison des glandes lacrymales des nombreux sympathisants de celui que l’histoire retiendra comme le premier président noir des Etats-Unis. En Afrique, l’évènement ne manque pas d’intérêt en raison des origines africaines du successeur de Georges W. Bush et de l’immensité des espoirs que son accession au pouvoir de la nation la plus puissante au monde, avait suscitée. La question légitime que l’on pourrait  se poser est de savoir si l’Afrique  regrettera Obama.

Beaucoup, en Afrique, ont perdu leurs illusions

S’il y a une catégorie d’Africains dont  la réponse sans ambages  à la question est négative, ce sont, sans conteste, les dictateurs  du continent. Faisant de sa célèbre phrase, « l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts mais  d’institutions fortes » son leitmotiv,  il n’a cessé de remonter les bretelles aux satrapes du continent, accros du pouvoir à vie. Certains  d’entre eux ont fait les frais de leur entêtement face à ces appels répétés d’Obama à lâcher les rênes du pouvoir, au terme de leurs mandats constitutionnels. C’est dire à quel point les dictateurs trépignent d’impatience de le voir emballer ses bagages et faire place au nouveau maître des lieux, Donald Trump, dont on connaît les atomes crochus avec le président russe, Vladimir Poutine pour qui la démocratie et les droits de l’Homme, sont le cadet des soucis. Toutefois, ils gagneraient à ne pas trop se réjouir car le nouveau locataire de la Maison Blanche est un personnage atypique dont les réactions sont des plus imprévisibles. Le récent flop diplomatique du président congolais, Denis Sassou Nguesso, donne bien à réfléchir à ce propos.  Cela dit, une célébration du départ de Barack Obama de la Maison Blanche, serait un faux procès fait à l’homme, car au-delà  de l’effet des discours, le président Obama a eu très peu d’initiatives allant dans le sens de l’ancrage de la démocratie sur le continent. Il quitte donc le « Bureau ovale » sans avoir trouvé les prescriptions médicinales  à même de guérir les plaies qui se sont ouvertes sous son mandat, comme la crise burundaise ou la crise en RD Congo. Pour la majorité des Africains, la réponse à la question de savoir si le continent le regrettera, est plutôt mitigée. Certes, Obama a initié, pour l’Afrique, le projet d’électrification rurale et a poursuivi la mise  en œuvre du Millenium Challenge Account qui ont eu pour effet d’améliorer les conditions de vie de bien des populations. Mais force est de reconnaître que beaucoup, en Afrique, ont perdu leurs illusions au terme des deux mandats de celui qu’ils avaient considéré comme l’un des leurs, qui a avait réussi à se hisser sur le toit du monde et dont ils attendaient qu’il les tirât  vers le haut, hors de portée de la misère ambiante et du sous-développement. Quoi qu’il en soit, même si le passage du président au sommet n’a pas eu les effets escomptés, il aura donné d’importantes leçons au continent. D’abord, les Africains devront désormais intérioriser le fait qu’ils ne doivent pas tout attendre de l’extérieur et qu’ils doivent d’abord compter sur leurs propres forces. Par la même occasion, ils ont appris qu’un président est élu d’abord sur la base d’un projet de société  destiné, en priorité, à  apporter des solutions aux équations de ses compatriotes et non pour combler les attentes d’autres peuples. A la jeunesse du continent enfin, l’homme leur aura appris non seulement à rêver, mais aussi à croire en leurs rêves. Son slogan de campagne « yes, we can » reste, de ce fait, un important legs à la postérité.

Obama restera dans le cœur de nombreux Africains

D’un point de vue plus global, l’impact du passage de Barack Obama à la tête de la première superpuissance mondiale, sur les préoccupations mondiales, est tout aussi mitigé.  L’une de ces préoccupations majeures est la lutte contre le terrorisme. S’il l’on peut mettre à son actif comme principal haut fait d’armes, l’élimination physique de l’ennemi numéro un des USA, Oussama Ben Laden, cette victoire sonne plus comme une vengeance personnelle de l’Amérique sur un homme qui avait eu la témérité de la frapper en plein cœur. Cela dit, le mandat de Barack Obama aura plutôt donc été marqué par la métastase du cancer terroriste qui, dans son développement, a atteint des parties du monde qui semblaient jusque-là à l’abri. Au plan mondial toujours, l’ère Obama aura, de façon générale, été marquée par un recul de l’influence de l’Aigle américain. Les USA semblent avoir perdu au profit de la Russie de Vladimir Poutine, leur rôle de gendarme  du monde. Mais on comprend bien qu’Obama, au-delà du pacifisme traditionnel des Démocrates, a été gêné aux entournures par son prix Nobel de la Paix qui lui a été décerné à l’entame même de son mandat. Car, il aura été prisonnier de cette distinction qui l’obligeait à demeurer un apôtre de la paix. En définitive, l’homme n’aura pas été forcément exceptionnel. Mais c’est précisément tout ce qui fait le charme de cet homme élégant, accessible et qui s’est acquitté avec simplicité d’une mission plus que complexe. L’héroïsme n’est pas souvent dans l’accomplissement des choses extraordinaires, mais dans l’accomplissement de façon extraordinaire, des choses.  De ce point de vue, Obama aura aussi bien matérialisé  la pensée de Martin Luther King qui disait ceci : « Si votre mission est d’être balayeur de rue, vous devez balayer la rue dans le même esprit que Michel Ange lorsqu’il peignait ses toiles, Beethoven lorsqu’il composait ses symphonies, Shakespeare lorsqu’il écrivait ses drames. Vous devez balayer les rues d’une manière si parfaite que chaque passant puisse dire : ici, c’est un grand balayeur qui a travaillé, il a bien accompli sa tâche ». De ce point de vue donc, Obama restera longtemps dans le cœur de nombreux Africains, contraints par la réalité des choses, à la modestie.

« Le Pays »

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