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JEAN-BAPTISTE OUEDRAOGO, EX- PRESIDENT BURKINABE:« Thomas Sankara n’était ni ange ni démon »

Un livre qui, sans doute, fera parler de lui. Il s’agit d’un essai alterné de chroniques des faits saillants qui se sont déroulés du 7 novembre 1982 au 4 août 1983. Ce livre intitulé « MA PART DE VERITE », a été écrit par l’ancien président, Jean- Baptiste Ouédraogo. Ce tome 1, composé de 4 parties en 260 pages, refuse que l’histoire politique de la Haute Volta d’alors soit travestie. La présentation de cet opuscule  aux amoureux du livre, s’est tenue le 25 janvier 2020, à Ouagadougou. La cérémonie a été parrainée par Edouard Ouédraogo, Directeur de publication de l’Observateur Paalga et patronnée par le ministre de la Culture, des arts et du tourisme, Abdoul Karim Sango. Le livre est en vente au prix de 10 000 F CFA.

«  MA PART DE VERITE », est le premier essai littéraire de Jean-Baptiste Ouédraogo, ancien président du Burkina sous le Conseil de salut du peuple 1 et 2. Depuis  le coup d’Etat du 4 août 1983, l’homme avait repris le métier qu’il savait le mieux exercer, c’est-à-dire la médecine. Il rompt le silence  40 ans après les évènements qui se sont déroulés du 7 novembre 1982 au 4 août 1983, avec ce livre de 260 pages divisé en 4 parties. Il veut dire sa part de vérité. Et ce livre dont le contenu est écrit  dans un style d’essai alterné de narration des faits, revient sur ce que l’auteur a vécu  au cours de cette partie de l’histoire politique du Burkina. Ce livre revient aussi sur un personnage-clé, dans ce qui est arrivé le 4 août 1983, à savoir l’ancien président Thomas Sankara. «  Thomas Sankara a su se construire le personnage qu’il a été. Et quelles que soient les qualités qui l’habitaient, il était sujet à des bêtises. Il avait des qualités de duplicité. Il n’était ni ange ni démon », confie Jean Baptiste Ouédraogo. Et pour lui, la génération actuelle qui ne l’a pas connu, ne connaît que la bonne face de la médaille. Et de préciser : «  Ce livre sert à dévoiler la vérité même si cette vérité érodera, blessera certaine opinion ».

« Loin de moi un règlement de comptes »

Il a fallu 40 ans à Jean- Baptiste Ouédraogo pour vider une partie de ce qu’il sait de cette période trouble de l’histoire contemporaine du Burkina Faso. « J’ai attendu longtemps parce que j’avais le devoir de réserve. Je devais le respecter. Je me préoccupais de ma propre réinsertion sociale ». Et  il poursuit en relevant l’objectif de cette part de vérité : « Il fallait remettre de l’ordre dans mon esprit et s’organiser pour le restituer avec beaucoup de fidélité, surtout dans la perspective de réconcilier toutes ces personnes qui ont été plus ou moins inculpées ». Ce livre revient sur la responsabilité du guide libyen Mouammar Kadhafi dans cette crise qui a connu son épilogue  avec  la révolution du  4 août 1983. Et pour l’auteur, Thomas Sankara «  était un fin manipulateur et ne savait pas qu’il était lui-même manipulé ». Pour l’auteur, ce sont le Parti africain de l’indépendance ( PAI)  et la Ligue patriotique pour le développement ( LIPAD), qui étaient des associations tapies dans l’ombre et qui ont véritablement  joué un rôle dans la manipulation  de l’ex-président Thomas Sankara.

Un livre que d’aucuns pourraient assimiler à un règlement de comptes mais l’auteur de «  MA PART DE VERITE », reste serein. « Loin de moi un règlement de comptes. Un règlement de comptes, c’est quand on n’est pas sûr de ce qu’on a fait, de ce qu’on a dit et de ce que l’on pense ». Et l’auteur d’expliquer qu’il a raconté les choses telles qu’il les a vécues : «  Nous nous sommes retrouvés pour accomplir une mission pour laquelle nous nous sommes donnés 2 ans. Au bout de ces 2 ans, nous devrions regagner les casernes, libres de tout mouvement.  Et durant ces deux  ans, il n’était pas question de faire une révolution ». L’ancien président de regretter la suite des  évènements : «  Ceux qui l’ont compris, m’ont suivi. Ceux qui avaient un autre agenda, ont déroulé le leur. Et malheureusement, je constate que nous sommes revenus à ce que je pensais. Je m’étais dit qu’il fallait mettre un peu les choses sur les rails et rentrer dans les casernes pour nous occuper des militaires, de leur mission traditionnelle. De laisser les politiques dans l’arène politique ».

A  travers ce livre, Jean- Baptiste Ouédraogo refuse que l’histoire soit travestie, car, pour lui, c’en est le cas. Et cet ouvrage est comme pour lui, une façon de rétablir sa part de vérité. «  Il ne faut pas laisser l’écriture de notre histoire qu’aux mains des hommes politiques », indique-t-il. Il annonce, dans la foulée,  le tome 2 de « MA PART DE VERITE ». Il précise d’ailleurs, que le tome 2  s’inscrira dans  la même veine que le  tome 1. «  Je veux également prendre du temps pour feuilleter, pour reconstituer ma mémoire. Afin d’éviter de froisser des sensibilités. Je prends tout mon temps pour le tome 2 », conclut-il.

Boureima KINDO

 

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Un commentaire

  1. JB ne provoquez pas les enfants gère vos affaires et taisez vous (mangez et taisez vous). vous savez que vos propos peuvent brûler votre clinique?

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