MAISON D’ARRET ET DE CORRECTION DE DEDOUGOU : Un assistant GSP en colère menace de libérer les détenus

MAISON D’ARRET ET DE CORRECTION DE DEDOUGOU   :  Un assistant GSP en colère menace  de libérer les détenus

Dans la matinée du vendredi 11 janvier dernier à la Maison d’arrêt et de correction de Dédougou, un assistant de la Garde de sécurité pénitentiaire (GSP) a menacé de libérer les détenus. Il a convoqué ensuite la presse pour passer un message et suite à des négociations avec ses collègues, il a renoncé à son projet.

 

La scène s’est déroulée à la Maison d’arrêt et de correction de Dédougou. Dans la matinée, un assistant GSP, Simplice Niamba arme en main se poste sur la tour de contrôle de la prison civile et menace de libérer les détenus. Après quelques temps, ses collègues entrent en négociation avec lui, ce qui va amener l’agent GSP en colère à renoncer à ce qu’il qualifiera plus tard de « pire » et exige la présence de la presse pour expliquer son mécontentement.«  Nous dénonçons l’injustice que le gouvernement nous fait subir, nous risquons nos vies ici, nous abandonnons nos familles pour venir monter la garde. Il parle (ndlr le gouvernement) de lutte contre le terrorisme, mais le terrorisme c’est quoi ? C’est dû à l’injustice. On ne revendique pas, on réclame nos droits, on ne peut pas continuer ainsi. On part pour toucher nos maigres salaires et on trouve qu’on les a raclés et on nous demande de travailler. Raison pour laquelle j’ai décidé de libérer les détenus », a expliqué l’assistant GSP très en colère et visiblement remonté contre le gouvernement qu’il indexe d’être à l’origine des problèmes que la GSP vie actuellement.  Le mécontent du jour, affirme être déçu des coupures sur les salaires  depuis quelques mois chez les GSP. Des coupures  qui ne se justifient pas, selon lui car, les raisons de grèves avancées par le gouvernement ne tiennent pas la route. « Nous montons la garde ici, on a juste arrêté les escortes du palais, l’administration travaille, la sécurité travaille, c’est nous qui sommes là et qui retenons les mêmes détenus », a-t-il confié. Pour lui, si la GSP n’est pas importante que les autorités la dissolvent. « On dirait qu’on les a négociés pour qu’ils nous prennent, s’ils ne peuvent pas, ils n’ont qu’à laisser, ce n’est pas une revendication c’est un droit.  On nous a bloqué nos droits et pire, on coupe nos salaires», s’est indigné l’agent GSP. Pour l’assistant Niamba, le gouvernement fait des promesses qu’il ne tient pas. « Tu travailles, tu fournis des efforts et en fin de compte,  tu vas en banque, on te coupe.  On nous a coupé ce mois-ci, 57 000 F CFA. Donc, j’ai décidé que ça s’arrête. C’est grâce à l’intervention de mes collègues sinon, j’avais décidé le pire.  Ils veulent que le pire arrive et aujourd’hui, il allait arriver mais, je remercie Dieu que ce ne fut pas le cas », martèle-t-il.   Selon certains, l’assistant GSP en colère traverserait une période difficile. Sa réaction serait due au fait qu’il  a deux prêts bancaires  à payer et à cause aussi de ses loyers impayés pour lesquels le bailleur menace de l’expulser.En rappel, le Syndicat national des agents GSP (SYNAGSP) a lancé en octobre 2018, une grève illimitée pour exiger la prise de décrets d’application devant conférer un statut particulier à leur corps.

Arnaud Lassina LOUGUE

(Correspondant)

 

 

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