MISE EN EXAMEN DE SARKOZY :  Si « l’Homme africain n’est pas suffisamment entré dans l’histoire », Sarkozy en sort par la petite porte

MISE EN EXAMEN DE SARKOZY :  Si « l’Homme africain n’est pas suffisamment entré dans l’histoire », Sarkozy en sort par la petite porte

Après 26 heures de garde à vue, l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, a été mis en examen pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de fonds publics libyens » dans l’affaire présumée de financement illégal de sa campagne de 2007. Mais, ce n’est pas la première fois que l’ex-chef de l’Etat français à maille à partir avec la Justice. En effet, cette affaire intervient après l’affaire Bygmalion qui concerne ses comptes de campagne en 2012, où il est question de fausses factures et l’affaire Paul Bismuth ou des écoutes téléphoniques dans le dossier Bettencourt. C’est dire si Sarko est un habitué des procédures judiciaires. Mais cette fois-ci, l’homme, peut-on dire, est en train d’être rattrapé par son passé.

Sarkozy risque de connaître une véritable descente aux enfers

Cette si peu glorieuse partie de son passé qu’il aurait certainement préféré garder enfouie et dont il avait peut-être eu la naïveté de croire qu’il était à jamais débarrassé avec la disparition du Guide de la Jamahiriya libyenne. En tout cas, beaucoup voient dans le déclenchement de la guerre en Libye, un prétexte pour Sarkozy pour se débarrasser d’un Mouammar Kadhafi imprévisible et incontrôlable. Mais Dieu seul sait les sombres relations que les deux hommes avaient entretenues, que d’aucuns qualifient de mafieuses. Et pour de nombreux observateurs,  la main de Sarkozy  n’est pas étrangère à la mort de l’ex-homme fort de Tripoli. Pourtant, il ne semble pas faire l’ombre d’un doute que l’homme politique français avait largement profité des pétrodollars du chef bédouin, pour s’ouvrir les portes de l’Elysée. Le hic, c’est que les choses ne se sont vraisemblablement  pas passées dans les règles de l’art et que l’ancien chef d’Etat était en porte-à-faux avec la loi de son pays. Raison pour laquelle Sarkozy est aujourd’hui dans le collimateur de la Justice hexagonale.  Et sa mise en examen après une relative brève période de garde-à-vue, en dit certainement long sur les ennuis judiciaires qui l’attendent. D’autant plus que cela intervient à un moment où l’homme n’est plus en mesure de revenir au devant de la scène politique pour que l’on parle de cabale politique visant à briser un adversaire, comme il en avait été question dans le cas DSK (Dominique Strauss Kahn) par exemple. C’est pourquoi l’on est porté à croire que Sarkozy risque de connaître une véritable descente aux enfers dans cette affaire. Car, l’on imagine que si les juges  français ont décidé de le mettre en examen, c’est qu’ils disposent d’éléments suffisamment accablants contre lui, qui nécessitent une telle décision. La question que l’on pourrait se poser est de savoir si l’ancien chef de l’Etat pourra se tirer d’affaire ; lui qui a toujours nié les faits à lui reprochés. Quoi qu’il en soit, il est déjà heureux qu’il puisse s’expliquer. Et l’on peut faire confiance à la Justice française qui a suffisamment fait preuve d’indépendance, pour que le successeur de Jacques Chirac bénéficie d’un procès juste et équitable. Du reste, le fait que l’ancien chef de l’Etat français soit traité comme tout justiciable de son pays, est une bonne chose dont les Africains devraient s’inspirer.

Une revanche d’outre-tombe pour Mouammar Kadhafi

Car, des Sarkozy, il y en a à la pelle sur le continent. Malheureusement, il est fort peu probable de les voir un jour répondre de leurs actes devant la justice de leur pays, pour des délits qu’ils auraient commis. Or, Dieu seul sait les casseroles que bien de ces têtes couronnées du continent traînent en toute impunité. Passés, pour beaucoup, maîtres dans la prédation des richesses de leurs pays qu’ils gèrent en violation de toutes les règles d’orthodoxie financière, certains vont jusqu’à se fabriquer des dauphins constitutionnels pour assurer leurs arrières quand ils ne décident pas tout simplement de confisquer le pouvoir pour ne pas avoir à répondre de quoi que ce soit. C’est en cela que le cas Sarkozy peut être pédagogique pour l’Afrique. Cela passe par la mise en place d’institutions fortes, comme l’avait relevé l’ancien président américain, Barack Obama. C’est un défi à relever par les démocrates du continent. Pour en revenir à  Sarkozy, tout porte à croire qu’il aura tout fait pour noyer ce problème, mais le fantôme de Kadhafi continue de le poursuivre. Et il n’est pas exclu que l’ancien patron de l’Elysée passe de la lumière des projecteurs, à l’ombre d’une cellule carcérale. Si cela advenait, ce serait une véritable revanche d’outre-tombe pour Mouammar Kadhafi dont des proches et pas des moindres, pensent qu’il a été payé en monnaie de singe par l’ex-président français, après que ce dernier ait amplement bénéficié de ses largesses. En tout cas, ce n’est pas Seif al Islam, le fils du Guide libyen à qui l’on prête en ce moment des velléités de reconquête du pouvoir, qui dira le contraire. Lui qui ne peut que se réjouir des déboires de celui qui passe pour être « l’assassin » de son père. En tout cas, il ne devrait avoir aucun mal, si ce n’est déjà fait, à mettre à la disposition de la Justice française toutes les preuves dont il dispose pour enfoncer Nicolas Sarkozy.

En tout état de cause, avec cette mise en examen de l’ex-chef de l’Etat français, le moins que l’on puisse dire, c’est que Sarkozy est véritablement dans de beaux draps. Et ironie du sort, c’est celui-là même qui disait, il n’y a pas si longtemps, que « l’Homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire », qui risque d’en sortir par la petite porte. Passant de la gloire à l’humiliation de la prison s’il venait à être  confondu, et de voir son nom traîné dans la boue, comme un vulgaire scélérat  dont la place ne serait nulle part ailleurs que dans  un pénitencier. Et dire que c’est cet homme qui s’érigeait en donneur de leçons aux dirigeants du continent qu’il prenait un malin plaisir à regarder de haut, alors qu’il était loin d’être le parangon  de vertu qu’il laissait croire. En tout état de cause, le feuilleton judiciaire ne fait que commencer. Pour sûr, il ne manquera pas de piment ni de rebondissements, eu égard au pedigree même du prévenu. C’est pourquoi il faut attendre d’en connaître l’épilogue avant de jaser.

« Le Pays »

 

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