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NOUVELLES VIOLENCES MEURTRIERES EN RCA

Touadéra est plus à plaindre qu’à envier

La violence a repris ses droits en République centrafricaine (RCA). C’est le moins que l’on puisse dire avec les récents affrontements qui ont opposé des miliciens à des commerçants, dans la nuit du 25 au 26 décembre 2019,  dans le quartier majoritairement musulman appelé PK5 de Bangui. Le bilan provisoire fait état de plus de 15 personnes tuées. Tout est parti, dit-on, de l’opposition des commerçants à la taxation imposée par les groupes d’autodéfense sous l’autorité desquels se trouve la localité susnommée qui, faut-il le rappeler, est en proie à des violences sporadiques depuis 2014. Vous l’aurez donc compris. La RCA a toujours du mal à être gouvernée. Elle est plutôt sous la coupe réglée de différents groupes armés qui tentent de faire main basse sur certaines ressources naturelles du pays. Si fait qu’en dépit de la présence de la MINUSCA, le pays est constamment en proie à des spasmes sociaux. On se rappelle encore que le 10 avril dernier, 18 personnes dont un soldat onusien avaient perdu la vie dans des combats ayant opposé des groupes armés aux Casques bleus. La colère était montée de plusieurs crans au point que les Centrafricains n’avaient pas hésité à manifester leur colère en se jetant dans la rue par milliers. Cette scène se déroulait, on s’en souvient, sous les yeux du Commissaire paix et sécurité de l’Union africaine (UA) et du chef de département des opérations de maintien de la paix de l’ONU, qui étaient en séjour à Bangui pour une mission d’évaluation. Sans doute avaient-ils eu l’occasion de prendre toute la mesure du péril qui guette la RCA. Car, comme on le dit, ce que l’œil voit,  retient plus l’attention que le contenu d’un rapport qui, parfois, peut s’en trouvé biaisé. Mais hélas, rien, jusque-là, n’a changé sur le terrain.

 

La RCA a besoin d’une thérapie de cheval

 

En tout cas, comment ne pas désespérer de la RCA quand on sait que l’autorité de l’Etat, si elle existe encore, est en plein délitement ? Franchement, le président Faustin Archange Touadéra est plus à plaindre qu’à envier ; lui qui, aujourd’hui, semble dépassé par les évènements. Or, on se rappelle encore, il n’y a pas longtemps, que le numéro 1 des Centrafricains avait fait le tour de certaines capitales africaines et européennes pour convaincre les investisseurs de venir  prospecter dans son pays, assurant que la paix et la stabilité y étaient de retour. La suite des évènements l’a-t-il fait mentir ? Bien malin qui pourra répondre à cette question, tant les faits parlent d’eux-mêmes. De toute évidence, la RCA a besoin d’une thérapie de cheval. Et le plus tôt serait le mieux, pour autant que la communauté internationale ne veuille pas se rendre complice  d’un massacre à grande échelle,  à l’instar  de ce qui est arrivé au Rwanda en 1994. Pourquoi ne pas mettre le pays sous tutelle onusienne, le temps de mettre au pas tous ces bandits qui, parce qu’ils portent une kalach en bandoulière, se croient tout permis au point de s’arroger le droit de vie et de mort sur les autres ? C’est à ce prix que l’on pourra  sauver l’ex-Oubangui Chari qui est déjà au bord du gouffre et qui, si l’on n’y prend garde,  pourrait, au fil des ans, devenir la destination privilégiée des terroristes  de tout poil.

B.O

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