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NSURRECTION POPULAIRE

Les acteurs priés de s’excuser publiquement

Le Comité de l’Appel de Manéga a animé une conférence de presse le 5 février 2020, à Ouagadougou. La feuille de route pour la réconciliation et la paix proposée par les sages du Panel des Anciens et de personnalités pour la paix et la réconciliation au Burkina Faso (PANAPAX), était au menu des échanges. Ces derniers recommandent, entre autres, une contrition publique de la part des acteurs de l’ancien régime initiateurs du projet de modification de l’article 37 de la Constitution et de la mise en place d’un Sénat et ceux de l’insurrection populaire. Une contrition publique de la part de tous les auteurs du coup d’Etat du 16 septembre 2015 ; recommandons à l’Etat et ce, à titre humanitaire, d’explorer les voies et moyens de réparation en faveur des victimes de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et du coup d’Etat du 16 septembre 2015 ; c’est ce que recommandent, entre autres, les sages du Panel des Anciens et de personnalités pour la paix et la réconciliation au Burkina Faso (PANAPAX), dans leur feuille de route pour un retour de la paix et la réconciliation nationale au pays des Hommes intègres. Cette feuille de route a été expliquée aux Hommes de médias au cours d’une conférence de presse, le 5 février dernier à Ouagadougou. En plus de ces recommandations, a confié Lookmann Sawadogo, d’autres pistes de solutions ont été proposées par les sages. Il s’agit, entre autres, de la facilitation du retour au bercail de tous les exilés politiques et autres qui le souhaitent, par la prise de mesures favorables. Pour y arriver, le Comité de l’Appel de Manéga et ses partenaires plaident pour l’organisation d’un forum de réconciliation nationale inclusif auquel prendront part les exilés politiques et autres, précédé d’une condamnation expresse des actes de violence de 2014 et 2015.

Issa SIGUIRE

 

Encadré

Les recommandations de la «La feuille de route »

1-Concernant les acteurs et leaders politiques burkinabè

– Recommandons que soit facilité le retour au pays de tous les exilés politiques et autres qui le souhaitent, par la prise de mesures favorables.

– Recommandons que tous les exilés politiques et autres saisissent officiellement les plus hautes autorités du Burkina Faso de leur désir de rentrer au pays.

2-Concernant les acteurs de l’insurrection populaire et du coup d’Etat de septembre 2015

– Recommandons que les incendies et les destructions des domiciles, des biens privés et publics et de l’Assemblée nationale lors de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 soient condamnées expressément par l’autorité publique ainsi que par les leaders religieux et coutumiers;

– Recommandons une contrition publique de la part des acteurs de l’insurrection ;

– Recommandons une contrition publique de la part des acteurs de l’ancien régime initiateurs du projet de modification de l’article 37 de la Constitution et de la mise en place d’un Sénat.

– Recommandons une contrition publique de la part de tous les auteurs du coup d’Etat du 16 septembre 2015 ;

– Recommandons à l’Etat et ce, à titre humanitaire, d’explorer les voies et moyens de réparation en faveur des victimes de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et du coup d’Etat du 16 septembre 2015 ;

3-Concernant l’unité nationale et le vivre-ensemble

– Recommandons la répression de tous les faits et actes stigmatisants portant sur la race, l’ethnie, la région, la couleur, le sexe, la langue, la religion, la caste et les opinions politiques dans la vie nationale en application de l’article 1 de la Constitution ;

– Recommandons la mise en honneur de l’éducation civique, sociale et morale dans les établissements d’enseignement et de formation professionnelle publics ou privés;

– Recommandons la plus grande célérité judiciaire dans le traitement des dossiers relatifs à des crimes impliquant des communautés;

– Recommandons le développement harmonieux des régions et la promotion des spécificités culturelles ;

– Recommandons que les responsables coutumiers et religieux s’investissent dans le règlement des problèmes intercommunautaires et que les populations ne fassent recours à la justice qu’en dernier ressort.

4- Concernant les acteurs économiques

– Recommandons le règlement de la dette intérieure de l’Etat au profit des acteurs économiques pour relancer l’économie nationale ;

– Recommandons l’assainissement des rapports Administration–secteur privé, l’égalité des chances et la compétence dans les attributions des marchés publics et l’application d’une discrimination positive en faveur des jeunes entreprises compétitives.

5- Concernant les élections présidentielle et législatives de 2020

– Recommandons la préparation d’un processus électoral sain, transparent, honnête et sincère qui favorise l’inclusivité et l’expression politique plurielle au niveau des candidatures et de l’enrôlement des électeurs ;

– Recommandons que les acteurs politiques fassent preuve de la plus grande lucidité, de discernement et d’anticipation afin de prendre des décisions politiques courageuses voire audacieuses qui préservent l’intérêt supérieur de la Nation face au défi de l’organisation de ces échéances dans un contexte sécuritaire très préoccupant ;

– Recommandons la tenue urgente d’un dialogue démocratique de tous les acteurs clés du processus électoral autour des enjeux des échéances électorales de 2020.

6- Concernant la cohésion et l’efficacité dans les Forces de défense et de sécurité (FDS)

– Recommandons la bonne collaboration entre les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les populations civiles, d’une part, et d’autre part, entre les forces elles-mêmes ;

– Recommandons l’amélioration des conditions de vie et de travail des Forces de défense et de sécurité (FDS).

7- Concernant l’histoire et la mémoire collective du Burkina Faso

– Recommandons de faire du Panthéon une double opportunité et un levier pour la réconciliation des Burkinabè avec leur histoire et la réconciliation entre eux-mêmes à travers le partage d’une histoire commune ;

– Recommandons que la concrétisation du Panthéon et de l’histoire générale du Burkina soit conduite sur la base des principes et des valeurs qui favorisent l’équité et le consensus pour donner lieu à des choix crédibles et acceptables de tous.

8-Concernant certains crimes de sang

– Recommandons le recours préalable à la justice traditionnelle dans certains cas.

9- Concernant l’apaisement général et la décrispation du climat national

– Recommandons l’affirmation de l’autorité de l’Etat pour endiguer les situations pouvant causer de graves préjudices à la paix et à la cohésion sociale ;

– Recommandons une trêve sociale, le respect des engagements et un consensus politique dans le but de réaliser l’union sacrée contre le terrorisme.

10- Concernant la mise en œuvre des recommandations de la « feuille de route « 

– Recommandons le vote d’une loi de cohésion sociale pour adopter les grandes lignes de ces recommandations afin de donner une base légale aux mesures particulières justifiées par les nécessités de la réconciliation nationale et la paix au Burkina Faso ;

– Recommandons la mise en place d’un Comité technique de mise en œuvre et de suivi des recommandations pour la réconciliation nationale et la paix au Burkina Faso.

– Recommandons des diligences pour la mise en œuvre des présentes recommandations contenues dans la feuille de route avant les échéances électorales de 2020 ;

– Recommandons au Comité de l’Appel de Manéga de participer activement à tous les processus liés à la mise en œuvre de la présente « feuille de route » ou d’en initier.

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