OFFENSIVE DE HAFTAR SUR TRIPOLI : La rançon de la grande hypocrisie des Occidentaux

OFFENSIVE DE HAFTAR SUR TRIPOLI :  La rançon de la grande hypocrisie des Occidentaux

 

La rançon de la grande hypocrisie des Occidentaux ! C’est le moins que l’on puisse dire au regard de ce qui se passe actuellement en Libye, pays de Mouammar Khadafi. En effet, les forces du maréchal Khalifa Haftar ont décidé de marcher sur Tripoli où siège le gouvernement dirigé par Fayez-el- Sarraj et soutenu par la communauté internationale. Il n’en fallait pas plus pour que les grandes puissances commencent à donner de la voix ; certaines allant jusqu’à présenter Haftar comme un trouble-fête qui tente de remettre en cause le processus mis en œuvre par les Nations unies pour sortir la Libye du chaos dans lequel elle est plongée depuis 2011. En tout cas, l’offensive de Haftar intervient à quelques jours seulement d’une conférence nationale sur la Libye, initiée par l’ONU. Mais au regard du contexte marqué par un regain de la violence, les élections municipales qui devraient se tenir le 7 avril dernier dans certaines villes du pays, ont été différées. Pouvait-il en être autrement ? Assurément, non ! Car tout se passe comme si, dans la crise libyenne, les Occidentaux étaient en train de mettre la charrue avant les bœufs. Ils font une très mauvaise lecture de la situation. En effet, tout comme ils avaient commis l’erreur en n’assurant pas le service après-vente après la chute de Khadafi, les Occidentaux sont en train de complexifier la situation en Libye en tenant coûte que coûte à organiser des élections alors même que le pays est loin d’être pacifié. En témoigne la prolifération de groupes islamistes armés qui pillent tout sur leur passage s’ils n’ont pas mis sous coupe réglée une grande partie du pays. La nature ayant horreur du vide, le maréchal Haftar, sans doute excédé par le sur-place manifeste, a décidé de prendre ses responsabilités pour mettre fin à cette situation de ni paix ni guerre qui n’en finit pas et qui, d’année en année, se complique davantage, affectant la plupart des pays voisins voire au-delà.

On fait face à un véritable imbroglio

C’est le cas par exemple du Tchad, où profitant du chaos libyen, des ex-rebelles ont eu le temps de se réorganiser pour annoncer un assaut sur N’Djamena avant d’être stoppés grâce à l’intervention des forces armées françaises. On oublie volontiers les cas du Mali et du Niger qui subissent actuellement les contrecoups de la crise libyenne.   Cela dit, la solution au problème libyen passe-t-elle par les armes comme le pense Haftar ? Difficile d’y répondre, tant la situation est très confuse en Libye et les intérêts très divergents. Car, on le sait, pendant que Moscou et le Caire soutiennent le maréchal et appellent à l’élimination totale des islamistes, la Turquie et le Qatar sont accusés à tort ou à raison de soutenir ces derniers. Et ce n’est pas tout. La France et les Etats-Unis, eux, font bloc derrière Fayez-el-Sarraj qui, en réalité, ne contrôle rien sur le terrain. C’est dire si l’on fait, ici, face à un véritable imbroglio. En tout cas, une chose est certaine. La guerre, même après ses victoires les plus éclatantes, finit autour d’une table de négociations ; cela pour dire que toute solution militaire, si elle veut être durable, s’accompagne nécessairement d’une solution politique. Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves le Dian, ne dit pas autre chose quand il affirme ceci : « en Libye, il n’y aura pas de victoire militaire, la victoire ne peut être que politique ». Mais peut-être le maréchal, à travers cette offensive, veut-il se donner tous les moyens d’être en position de force au cas où des négociations viendraient à s’ouvrir dans les prochains jours.

Boundi OUOBA

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