La chronique du fou

REFUS DE S’ARRETER AU COUP DE SIFFLET DES POLICIERS

Que faire pour restaurer l’autorité de la police ?

Lors de mes pérégrinations, moi, le Fou, j’ai assisté à une scène ahurissante, il y a de cela quelques jours, sur une route de la ville où étaient postés des policiers pour veiller au respect de la règlementation en matière de circulation routière. Pour les besoins de contrôle de papiers, les flics arrêtaient les usagers de la route. Pendant que les uns obtempéraient, les autres se moquaient des coups de siflet des agents en continuant allègrement leur chemin. Les policiers,  visiblement impuissants, se contentaient de regarder partir ces indélicats tout en hochant la tête. J’étais dépassé par ce que je voyais. Pourquoi des usagers se  permettent-ils de défier de la sorte l’autorité des agents de police sur la voie publique  ? Et pourquoi surtout, n’est-on pas en mesure de traquer ces « fuyards » et leur appliquer la rigueur de la loi ? Une fois rentré chez moi, j’ai continué la réflexion et je suis arrivé à la conclusion que le problème est très profond. A mon sens, les Burkinabè veulent un Etat de droit mais dans le fond, leurs actes sont aux antipodes des exigences de l’Etat de droit. Cette défiance de l’autorité des agents de police sur les avenues de la capitale, n’est, en réalité, qu’une manifestation de cette défiance individuelle et collective vis-à-vis de l’autorité de l’Etat.  Je n’ai pas besoin de torturer mes méninges pour expliquer à tous ces citoyens qui, tous les jours, s’imaginent des plans pour échapper aux contrôles de police, les conséquences fâcheuses de leurs actes, car tout le monde sait que le refus d’obtempérer constitue une infraction punie par la loi.

 

Il y a trop de désordre dans ce pays

 

En tous les cas, de par cette défiance de l’autorité, certains Burkinabè encouragent les délinquants et les criminels qui se convainquent de plus en plus, qu’on est dans un pays où chacun peut faire ce qu’il veut. Je n’apprends rien à personne, mais si le terrorisme a pris une telle ampleur au pays des Hommes intègres, c’est aussi parce qu’il a bénéficié d’un environnement favorable dans lequel des citoyens s’amusent à contourner la loi. Mes amis chinois disent que le voyage de 1000 km commence par un pas. Pour les paraphraser, je professe que l’atteinte à l’autorité de l’Etat qui menace notre survie à tous, est la somme de nos défiances individuelles vis-à-vis des lois de la République.  « Le Fou » que je suis, pense que les différents acteurs doivent reconnaître leur part de responsabilité et jouer leur partition pour mettre fin à cette pratique consistant pour certains usagers de la route, à se foutre des policiers et partant, à défier l’autorité de l’Etat. Dans cette dynamique, le policier lui-même a son rôle à jouer. Selon moi, il se doit d’incarner l’autorité à laquelle le citoyen se sentira le devoir de se soumettre. Je suis au regret de le dire, mais certaines pratiques policières sur les routes de Ouagadougou et ailleurs, ont fini par irriter plus d’un au sein de la population au point que certains usagers de la route en sont arrivés à bafouer l’autorité de la police. Or, le bon exercice de l’autorité et son acceptation par les citoyens, sont d’abord tributaires du bon exemple que le détenteur de cette autorité donne. Autre chose, c’est une lapalissade de dire qu’il y a trop de désordre dans ce pays. Sinon, il serait possible de traquer toutes ces personnes qui bafouent l’autorité des policiers en circulation, pour leur faire payer leurs forfaits. Dans les pays développés, le système est fait de telle sorte que les auteurs de telles infractions, soient pourchassés, rattrapés et punis. En Afrique, un pays comme le Rwanda de Paul Kagamé est un bel exemple en la matière et qui doit faire école. C’est une question de culture citoyenne et de responsabilité entièrement assumée par l’Etat.

« Le Fou »

 

 

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