A la uneSur la braise

REPRESSION DE MANIF DE L’OPPOSITION EN RDC

Tshisékédi compte ses premières victimes

Si pendant le règne de Joseph Kabila, le 30 juin de chaque année qui marque l’anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo (RDC), rimait avec fête sur fond de défilé militaire et de rassemblement, il en va autrement sous l’ère Félix Tshekésédi. C’est le moins que l’on puisse dire. En effet, alors que le nouveau chef de l’Etat congolais a choisi de se rendre à Bunia, dans la province de l’Ituri, à l’occasion du 59e anniversaire de l’accession de la RDC à l’indépendance, la coalition Lamuka, avec à sa tête Martin Fayulu et Jean-Pierre Bemba, ont appelé leurs ouailles à descendre dans la rue à Kinshasa pour, disent-ils, « exiger le respect de la volonté du peuple ». C’est dire donc que ce qui devrait unir les Congolais, est en train de les diviser ; les alliés d’hier ayant rompu les ponts quand ils ne se regardent pas en chiens de faïence depuis l’avènement de Félix Tshisékédi au pouvoir. La preuve, c’est que la marche de Lamuka qui avait été interdite par le gouverneur de Kinshasa, a été violemment réprimée avec à la clé un cadavre sur le carreau. Les forces de l’ordre, comme l’avait promis le patron de la police de Kinshasa, ont empêché, par tous les moyens, tout rassemblement. Toute chose qui n’a pas été du goût de l’opposant Jean-Pierre Bemba qui, sans aller avec le dos de la cuillère, s’est attaqué au nouveau régime en ces termes : « Ceux qui, hier, défendaient la démocratie, se comportent exactement comme ceux qu’ils dénonçaient ». Pendant ce temps, le président Félix Tshisékédi, lui, prenait un bain de foule en Ituri, du nom de cette province constamment endeuillée par des massacres perpétrés par des hommes armés. Si fait que la région, pour ainsi dire, est devenue le symbole de toute la souffrance du peuple congolais.

Tshisékédi fils est donc attendu au pied du mur

C’est donc tout à l’honneur du chef de l’Etat d’être allé à la rencontre des populations de cette partie de la RDC, qui souffrent le martyre. Pour un message fort, c’en est un. Seulement, au-delà de la compassion qu’il a exprimée aux populations de l’Ituri qui ne savent plus désormais à quel assaillant se vouer, Félix Tshisékédi doit prendre des mesures fortes pour une meilleure sécurisation de la zone, mais bien plus, pour éviter que le sang ne coule encore en RDC. C’est du moins ce que les populations attendent de lui qui, on s’en souvient, avait d’ailleurs promis, pendant la campagne électorale, d’emménager à Béni, du nom de cette autre ville souffre-douleur de la RDC, afin de lutter efficacement contre l’insécurité grandissante. Mais comme on le sait, les hommes politiques sont ainsi faits qu’ils savent faire des promesses mais ils ne mettent pas toujours un point d’honneur à respecter leur parole, une fois leurs objectifs atteints. En tout cas, la meilleure façon pour Félix Tshisékédi de compatir à la douleur des populations de l’Ituri et d’ailleurs, en RDC, c’est de faire en sorte que plus jamais, une attaque quelconque n’endeuille encore une famille dans ladite zone et au-delà. Ce n’est pas impossible surtout que le successeur de Joseph Kabila a travaillé à dissiper les épais nuages qui planaient sur les relations entre Kinshasa et les capitales des pays voisins. Cela est d’autant plus important qu’en matière de lutte contre l’insécurité, la mutualisation des efforts entre pays voisins compte pour beaucoup. Tshisékédi fils est donc attendu au pied du mur ; lui qui, six mois après son accession au pouvoir, commence à compter ses premières victimes.

Boundi OUOBA

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page
Google+
Fermer