RETOUR DE RIEK MACHAR A JUBA : Le plus dur reste à venir  

RETOUR DE RIEK MACHAR A JUBA : Le plus dur reste à venir   

Plusieurs fois annoncé et plusieurs fois reporté, le retour du chef rebelle, Riek Machar à Juba, au Soudan du Sud, est enfin une réalité. Il va reprendre ses fonctions de vice-président qu’il avait abandonnées pour lancer une rébellion, il y a maintenant plus de deux ans. De Gambella dans l’Ouest de l’Ethiopie à la capitale sud-soudanaise, Riek Machar a été transbahuté par un avion des Nations unies qui, faut-il le dire, commençaient à présenter des signes d’exaspération, suite à plusieurs faux départs du chef rebelle sud-soudanais. En tout cas, c’est un premier pas qui vient ainsi d’être franchi dans la perspective d’un retour à la paix au Soudan du Sud, surtout que peu avant Riek Machar, c’est le chef d’état-major de la rébellion qui a regagné Juba, le 25 avril dernier. Mais par-dessus tout, il reste beaucoup à faire d’autant plus qu’il faudra non seulement convaincre les deux camps adverses, celui du président Salva Kiir et celui du rebelle Riek Machar, à déposer les armes ; mais aussi et surtout travailler à restaurer la confiance entre tous les acteurs. Ce qui n’est pas gagné d’avance. Car, une chose est de signer un accord, une autre est de faire en sorte qu’il soit mis en œuvre.

La communauté internationale commettrait une grave erreur en croyant que le seul retour du chef rebelle suffit pour mettre un terme au conflit

C’est pourquoi, les mêmes causes produisant les mêmes effets, on se demande si la communauté internationale n’aurait pas été mieux inspirée en mettant de côté les deux ennemis jurés ; étant donné qu’un attelage Salva Kiir/Riek Machar, toutes proportions gardées, risque de faire long feu quand on connaît les ego surdimensionnés des deux hommes. On l’a déjà vu en Côte d’Ivoire où Laurent Gbagbo, alors président de la République, prenait du plaisir, le soir venu, à malmener les accords que lui-même avait pourtant signés le matin ; roulant ainsi, tel un boulanger, tout le monde dans la farine. Certes, comparaison n’est pas raison, mais la communauté internationale commettrait une grave erreur en croyant que le seul retour du chef rebelle à Juba suffit pour mettre un terme au conflit fratricide qui a provoqué des centaines de milliers de morts au Soudan du Sud, sans compter ceux qui, pour sauver leur peau, ont pris le chemin de l’exil. Et c’est peu dire. Le premier couac qui se profile déjà à l’horizon viendra de la formation tant attendue du nouveau gouvernement d’union nationale, notamment la répartition des fauteuils ministériels. Car, comme on le sait, chaque camp va vouloir s’octroyer la part du lion ; ce qui va sans dire qu’il y aura des frictions. A moins que la communauté internationale veille au grain ; elle qui, faut-il le rappeler, a soutenu le pays à bout de bras. Elle y a tout intérêt, si elle ne veut pas voir bradés les efforts qu’elle a déployés sur le terrain.

B.O

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