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SIGNATURE DU DECRET D’EXTRADITION DE FRANÇOIS COMPAORE

Une autre victoire d’étape

Petit à petit, François Compaoré, du nom du frère cadet de l’ex-président burkinabè, se rapproche de Ouagadougou. C’est le moins que l’on puisse dire. Car, après la validation, par la Cour de cassation, en juin dernier, de l’extradition de celui-là que l’on appelait le « petit président » vers le Burkina pour y être entendu pour son implication présumée dans l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et ses compagnons, le dossier vient de connaître une nouvelle avancée. En effet, le Premier ministre français, Edouard Philippe, après plusieurs mois de silence, a finalement signé, hier 5 mars 2020, le décret d’extradition de François Compaoré. C’est donc une deuxième victoire d’étape que viennent de remporter les autorités burkinabè soutenues dans ce combat par des organisations de défense des droits humains. Pouvait-il en être autrement quand on sait que le président Emmanuel Macron, en visite à Ouagadougou en novembre 2018, avait promis, la main sur le cœur, de tout mettre en œuvre pour que François Compaoré soit remis aux autorités burkinabè. La signature du décret d’extradition du frère de Blaise Compaoré n’est donc pas en soi une surprise ; tant elle était attendue.

 

Il faudra encore faire preuve de patience

 

Pour certains, cette signature n’a que trop tardé, surtout que la Justice française, elle, avait déjà donné son feu vert. Et ce n’est pas tout. Pour faire un clin d’œil aux autorités françaises, le parlement burkinabè a mis un point d’honneur à expurger la peine capitale de notre Code pénal. C’était là une stratégie toute trouvée pour couper l’herbe sous les pieds des avocats du « petit président » qui estimaient que leur client, s’il était extradé, « ne bénéficierait pas de garanties fondamentales de procédure ». Et tout cas, on peut dire que les autorités burkinabè ont travaillé à faciliter la tâche au gouvernement français. Cela dit, ce n’est peut-être  pas demain la veille que l’on verra François Compaoré, poings liés, débarquer à l’aéroport international de Ouagadougou. Car, le décret qui vient d’être signé par le chef du gouvernement français, est susceptible d’être attaqué auprès du Conseil d’Etat.  Et c’est peu de dire que François Compaoré ne se privera pas d’user de toutes les voies de recours qui s’offrent à lui ; tant on sait qu’il ne souhaite pas être extradé au Burkina. C’est dire si le chemin risque d’être encore long et qu’il faudra encore faire preuve de patience.

 B.O

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