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VALIDATION DE LA VICTOIRE DE ANDRY RAJOELINA

 Que fera maintenant Marc Ravalomanana ?

Le camp de Marc Ravalomanana persiste et signe dans sa contestation des résultats du premier tour de la présidentielle. En rappel, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a annoncé, jeudi  27 décembre 2018, qu’Andry Rajoelina était sorti victorieux des urnes avec un peu plus de 55% des voix. Depuis cette date, les partisans de Marc Ravalomanana ne décolèrent pas contre la CENI. L’institution est accusée de tous les pêchés d’Israël alors même que la Haute Cour constitutionnelle a validé lesdits résultats. On lui reproche notamment d’avoir fermé les yeux sur des bourrages d’urnes, des bulletins pré-cochés ou encore de fausses cartes électorales.

Bref, le camp de Ravalomanana accuse directement la  CENI d’être complice de fraudes et d’avoir favorisé Andry Rajoelina.

C’est pourquoi ils avaient déposé des recours auprès de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) pour contester les résultats. Mieux, Marc Ravalomanana exige purement et simplement un recomptage des voix. Si Marc Ravalomanana s’en était tenu uniquement à cette voie républicaine de contestation des résultats, tous ceux qui sont épris de démocratie et d’Etat de droit, l’auraient probablement applaudi et encouragé. Mais hélas ! L’ancien président a fait appel à la rue alors que la HCC n’avait même pas fini d’examiner ses recours. Cette attitude est d’autant plus regrettable qu’elle est le fait d’un homme qui a déjà eu l’honneur de présider aux destinées de la Grande Ile. L’élégance politique et la sagesse commandaient qu’il attendît la décision finale de la HCC avant d’inviter ses partisans à prendre d’assaut la rue pour contester les résultats. En cela, l’on peut le qualifier d’antirépublicain.

L’on peut ajouter à ce grief un autre. Marc Ravalomanana a agi en mauvais perdant. Car, à supposé même qu’il y ait eu fraudes, l’on peut se poser la question de savoir si celles-ci sont de nature à combler l’écart abyssal qui existe entre lui et Andry Rajoelina.

Marc Ravalomanana est   dans la logique d’un homme amer

En effet, d’après la Commission électorale, l’ancien président de la Transition, Andry Rajoelina, l’emporterait avec 55% des suffrages contre 44% pour Marc. Ce score, Ravalomanana le perçoit comme une humiliation à sa personne. Et ce d’autant plus que ce score vient auréoler un homme qu’il considère non pas comme un adversaire politique, mais comme un ennemi. En réalité, Marc Ravalomanana est aujourd’hui dans la logique d’un homme amer de n’avoir pas pu, via les élections, se venger de celui qui, selon lui, est à l’origine de sa perte du pouvoir en mars 2009. Et cet affront est resté en travers de sa gorge comme une arête. Toute son animosité contre Andry Rajoelina s’alimente à cette source. Or, la politique, dans le sens noble du terme, ne peut pas se conjuguer avec la rancune tenace. Et on peut avoir envie de rire, quand les partisans de Ravalomanana battent le macadam en guise de contestation des résultats en brandissant des pancartes dont certaines portaient la récrimination suivante : « Il y a eu de la corruption à grande échelle. Il y a de l’argent qui a été utilisé alors que les Malgaches ne devraient pas être achetés ». Ces phrases ont le mérite de condamner les achats de consciences. Mais que leurs auteurs soient des partisans de Ravalomanana, cela peut paraître curieux. En effet, en matière d’achats de consciences, l’on peut se demander qui de Rajoelina et de Ravalomanana peut prétendre à la palme d’or. En tout cas, tous les deux ont pratiquement bâti leur carrière politique sur les achats de consciences. Et dans un pays comme Madagascar où l’écrasante majorité de la population ne peut pas se payer le luxe de manger deux fois par jour, ni s’acheter la simple aspirine pour soigner des migraines, la corruption électorale est un puissant adjuvant pour la conquête du pouvoir d’Etat. D’ailleurs, sous nos tropiques, l’on peut se demander si l’on peut rêver d’une élection où le facteur achat de consciences sous toutes ses formes, est absent. Il n’y a certainement pas matière à réjouissance mais c’est la triste réalité.

En tout cas, la Grand-Île, dont l’histoire a toujours été émaillée de crises politiques, n’en a pas besoin aujourd’hui. Rajoelina et Ravalomanana doivent se le tenir pour dit.

Pousdem PICKOU 

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