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VIDEO DE SERGE LAZAREVIC Une preuve de vie qui rassure

Le regard fixe, vêtu d’une djellaba et d’un turban noir avec une longue barbe poivre sel ; c’est ainsi que se présente l’otage français Serge Lazarevic, enlevé le 24 novembre 2011, à Hombori au Mali, par Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). « Je saisis cette occasion qui m’a été offerte aujourd’hui, mardi 13 mai, pour adresser ce message au président de la République française, François Hollande, de tout faire pour négocier ma libération », a-t-il déclaré dans une vidéo de vingt secondes environ sur la chaine Alaan, basée à Dubaï. De quoi rassurer la famille Lazarevic qui, depuis plus de deux ans, n’avait plus eu de nouvelle de leur proche. Et le moment choisi pour diffuser cette vidéo n’a rien de gratuit, puisque cette diffusion intervient au lendemain de la libération au Cameroun de trois religieux dont deux prêtres italiens et une Canadienne. On se rappelle que peu avant, quatre otages français enlevés en Syrie avaient aussi été libérés. Toute chose qui avait provoqué une grande ferveur nationale. C’est dire donc qu’en publiant cette vidéo, AQMI entend mettre la pression sur les autorités hexagonales, notamment le président Hollande dont la cote de popularité est au bas des sondages. En tout cas, Paris n’a pas intérêt à ce que Serge Lazarevic soit envoyé ad patres par ses ravisseurs comme ce fut le cas de Philippe Verdon, son co-détenu, qui a été tué d’une balle dans la tête, en juillet 2013. Certes, l’otage, du moins dans l’extrait diffusé par la chaîne qatarie, ne donne pas les conditions posées par ses ravisseurs, mais on sait d’ores et déjà que l’intervention française au Mali y est pour quelque chose. Que fera finalement François Hollande ? Va-t-il se résoudre à négocier avec AQMI contre paiement de rançon ? Ce d’autant que la méthode forte préconisée au départ n’a pas permis d’atteindre les résultats escomptés. En tout cas, pour l’heure, on attend de voir comment réagira Paris après la publication intégrale de la vidéo dans laquelle apparaît l’otage français entouré de deux de ses ravisseurs.

 

Boundi OUOBA

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