INVALIDATION DU DECRET DU PRESIDENT AMERICAIN SUR LE DROIT DE SOL : Quand les institutions refusent de céder aux desiderata de Trump
Et de deux pour le président américain, Donald Trump ! En effet, après l’invalidation de la majeure partie des droits de douane, en février dernier, la Cour suprême vient d’infliger une autre gifle au 47e président des Etats-Unis. Elle a jugé inconstitutionnel le décret controversé visant à restreindre le droit de sol, déboutant ainsi Donald Trump. De quoi s’agit-il exactement ? En effet, Donald Trump, sitôt après son retour aux affaires, en janvier 2025, avait pris un décret visant à empêcher les enfants de résidents temporaires ou d’immigrants clandestins, d’obtenir la nationalité américaine. Toute chose qui avait provoqué un véritable tollé mondial ; les uns et les autres estimant qu’il s’agissait d’une mesure arbitraire parce qu’elle va à l’encontre de l’esprit et de la lettre de la Constitution. Saisis, les grands juges ont invalidé la mesure, déclarant que tout enfant né aux Etats-Unis bénéficie systématiquement de la nationalité américaine et ce, au nom du principe du droit de sol. De quoi redonner le sourire à plus d’un, notamment aux migrants temporaires et clandestins. Il faudra, toutefois, se garder de tout triomphalisme parce que le président Trump, comme à ses habitudes, ne s’avoue jamais vaincu. Face à ce revers judiciaire, il promet de faire passer sa mesure sur le droit de sol par voie législative. Si bien qu’il a saisi, dans la foulée, le Congrès qui s’est aussitôt mis à l’œuvre. C’est dire si rien n’est encore gagné.
En retoquant le décret présidentiel, la Cour suprême nourrit le rêve américain
Car, si le Congrès, dominé par des Républicains, accompagne Trump dans ses lubies, le droit de sol pourrait être restreint ou annulé pour certains. Tout est possible. Mais en renvoyant le président américain à ses chères études, la Cour suprême donne la preuve que les institutions, aux Etats-Unis, sont fortes et qu’elles sont à équidistance des chapelles politiques, se contentant de dire le droit en toute indépendance. Donald Trump lui-même l’aura appris à ses dépens. Les Etats-Unis ont une longue tradition démocratique au point qu’il est difficile pour un homme, fût-il le président de la République, de faire de ses desiderata, des lois. Du reste, dans le cas d’espèce, Trump ne devrait pas s’attendre à autre chose qu’à une déculottée. Car, comment un décret présidentiel, pris à l’emporte-pièce, peut-il remettre en cause une disposition constitutionnelle qui date de Mathusalem ? En tout cas, s’il voulait ainsi montrer sa toute-puissance, Donald Trump en a pris pour son grade. Cela dit, en attendant de voir dans quelle direction ira le Congrès américain, on peut affirmer qu’en retoquant le décret présidentiel, la Cour suprême, pour ainsi dire, nourrit le rêve américain. Elle donne à espérer à tous ceux qui, pour une raison ou pour une autre, fuient leurs pays respectifs pour se refugier aux Etats-Unis dont l’Histoire, faut-il le rappeler opportunément, s’accommode mal des mesures anti-migration du président Trump.
B.O
