HomeA la uneBILAN A MI-PARCOURS DE LA PARTICIPATION DES EQUIPES AFRICAINES AU MONDIAL 2026 : De l’euphorie à la désillusion

BILAN A MI-PARCOURS DE LA PARTICIPATION DES EQUIPES AFRICAINES AU MONDIAL 2026 : De l’euphorie à la désillusion


L’euphorie aura finalement été de courte durée. Après les matchs de poules qui se sont soldés par neuf pays africains sur dix qualifiés pour les seizièmes de finale, certains y voyaient déjà la preuve irréfutable que le football africain avait changé de dimension et que l’heure de voir une sélection du continent soulever enfin le trophée tant convoité, était arrivée. Les réseaux sociaux débordaient de certitudes, les analyses devenaient triomphalistes et le moindre succès était présenté comme la preuve irréfutable d’une révolution. La suite de la compétition s’est révélée beaucoup moins romantique, et la réalité s’est chargée de refroidir l’enthousiasme de départ. Sur les neuf représentants africains engagés pour les seizièmes de finale, en effet, seuls le Maroc et l’Egypte sont encore debout. Sept équipes ont quitté la compétition, parfois sans véritable résistance, rappelant qu’une qualification au second tour n’est pas une consécration, mais simplement une étape. L’augmentation du nombre de participants a, sans doute, permis à davantage de sélections africaines, de franchir le premier obstacle. Beaucoup ont malheureusement confondu cette évolution du format avec une progression spectaculaire du niveau général du football africain. Le verdict du terrain est sans appel : le très haut niveau ne pardonne ni les approximations, ni les baisses de concentration, ni le manque de caractère.

 

Impossible de ne pas saluer le formidable parcours du Cap-Vert

 

Les grandes nations gagnent parce qu’elles savent souffrir, gérer les temps faibles et tuer leurs adversaires lorsque l’occasion se présente. C’est précisément ce qui a souvent manqué à plusieurs sélections africaines. Au milieu de cette immense déception collective, deux équipes continuent cependant d’honorer le continent. Le Maroc confirme qu’il n’est plus un outsider. Après son exceptionnelle épopée au Mondial 2022, les Lions de l’Atlas poursuivent leur ascension et se retrouvent en quarts de finale, où ils défieront la France. Plus qu’un exploit ponctuel, le Maroc est en train de bâtir une véritable culture de la performance. L’Egypte, elle aussi, entretient l’espoir. Les Pharaons auront fort à faire face à l’Argentine en huitièmes de finale, mais ils possèdent l’expérience et la discipline nécessaires pour rêver d’un nouvel exploit. Impossible également de ne pas saluer le formidable parcours du Cap-Vert. Les Requins bleus ont quitté la compétition, battus par l’Argentine de Lionel Messi, mais ils l’ont fait avec les crampons aux pieds et la tête haute. Ils ont regardé, dans les yeux, plusieurs des meilleures équipes du monde, sans jamais renoncer ni se renier. Leur aventure vaut parfois bien davantage que certaines qualifications obtenues sans âme.Les autres sélections africaines devront, en revanche, tirer des leçons sans complaisance. Le talent ne manque pas sur le continent. Ce qui fait encore défaut, c’est cette rage de vaincre qui permet de transformer un match compliqué en victoire. Cette capacité à souffrir ensemble, à rester lucide sous pression et à ne jamais considérer qu’un objectif intermédiaire, est une fin en soi.

 

Le rêve africain repose sur deux épaules : celles du Maroc et de l’Egypte

 

Le football africain progresse, personne ne peut le nier. Mais il doit cesser de s’auto-congratuler au moindre succès. Les célébrations prématurées sont souvent les plus cruelles lorsqu’arrive l’heure des bilans. Pour les prochaines éditions, il faudra moins de triomphalisme et davantage de réalisme. Moins d’autosatisfaction et plus de fighting spirit. Car, les Coupes du monde ne récompensent ni les promesses, ni les déclarations d’intention. Elles couronnent les équipes capables de repousser leurs limites lorsque tout semble perdu. Aujourd’hui, le rêve africain repose sur deux épaules : celles du Maroc et de l’Egypte. A eux de prouver que, cette fois, l’espoir du continent ne s’arrêtera pas aux portes des grandes affiches.

 

Haamadou GADIAGA

 


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