ENCADREMENT TECHNIQUE DES ELEPHANTS : Hervé Renard saura-t-il se montrer à la hauteur de la tâche ?
La Fédération ivoirienne de football (FIF) a officialisé, le mardi 4 août 2026, la nomination d’Hervé Renard au poste de sélectionneur de l’équipe nationale A de Côte d’Ivoire. Sacré champion d’Afrique avec les Eléphants en 2015, le technicien français succède à Emerse Faé, dont le contrat est arrivé à expiration le 31 juillet 2026, avec pour mission de préparer les prochaines échéances internationales. Son retour sur le banc des Eléphants ouvre ainsi un nouveau chapitre pour une sélection ambitieuse, déterminée à rester au sommet du football africain tout en visant de nouveaux succès sur la scène mondiale. Selon la FIF, cette nomination s’inscrit dans une volonté de « consolider les acquis obtenus par la Sélection nationale A, ces dernières années », tout en poursuivant les ambitions de la Côte d’Ivoire sur les scènes africaines et internationales. Si ce choix fort des locataires de la maison de verre de Treichville (le bâtiment qui abrite le siège de la Fédération ivoirienne de football), est à saluer, force est de constater que la tâche du technicien français de 57 ans, ne sera pas du tout aisée. En effet, dans une sélection où les ego des uns et des autres n’ont toujours pas été un atout pour le groupe, Hervé Renard ne doit pas transiger sur ses principes. Pour réussir sa mission, il devra imposer la rigueur et la discipline à tous les joueurs. Les amener à s’acheminer vers un esprit collectif, point sur lequel il devra d’ailleurs s’attarder. Surnommé l’homme à la chemise blanche, Hervé Renard qui a pris, sans doute, connaissance du tollé qu’a suscité sa nomination, devra avoir une peau de requin pour réussir là où son prédécesseur, Faé Emerse, pourtant crédité d’un bon parcours à la tête de la sélection, a été contraint, malgré tout, à rendre le tablier.
La révolution Hervé Renard est en marche
En effet, le limogeage de Faé Emerse est d’autant plus incompréhensible qu’il a offert à la Côte d’Ivoire, son troisième titre continental lors de la CAN 2024, disputée à domicile. Un sacre obtenu dans des circonstances particulières, après un début de compétition compliqué qui avait pourtant failli lui coûter son poste avant même la phase finale. Fort donc de ce succès, il était donc clair et évident que pour certains observateurs et admirateurs de l’ex-sélectionneur, la panacée ivoirienne ne se trouvait pas forcément dans les changements intempestifs et aux conséquences certainement déstabilisatrices pour les entraineurs. En tout cas, Hervé Renard, qui, par le passé, avait su maîtriser l’environnement autrefois explosif des capricieux Eléphants et dompter les ego des uns et des autres, sait à quoi s’en tenir désormais, s’il veut se montrer à la hauteur de la tâche et ne pas subir le même sort que son prédécesseur. Toutefois, le Français qui a connu ces dernières années, des expériences plutôt mitigées, notamment à la tête de la sélection saoudienne, dont il a été limogé en avril, malgré une qualification au Mondial-2026. Ou sur le banc de l’équipe de France féminine, avec laquelle il a atteint les quarts des JO-2024 à Paris, peut compter sur le soutien du président de la FIF, Yacine Idriss Diallo, pour imposer ses méthodes. Surtout que depuis son départ, en 2015, aucun technicien n’a osé faire chambouler des habitudes au sein des Eléphants. On ne peut donc pas dire que Hervé Renard, n’est pas gâté par son employeur puisqu’en plus des garanties sur les conditions de travail, les objectifs sportifs et la capacité de la fédération à accompagner son projet, il aura carte blanche pour faire ses choix sportifs et prendre toute décision qu’il jugera utile pour faire progresser le football ivoirien. Muni donc de tous ces atouts, on peut affirmer que la révolution Hervé Renard est en marche, et qu’il ne reste plus qu’à espérer que les résultats suivent.
ST
