REPRESSION DE MANIF ET ARRESTATIONS DE MANIFESTANTS AU PAYS DE TSHISEKEDI : La RDC danse sur un volcan
A l’appel de la coalition C64, des Congolais sont descendus dans les rues de plusieurs villes de la République démocratique du Congo (RDC) dont Kinshasa, pour exprimer leur refus du troisième mandat du président Félix Tshisekedi, le 15 septembre dernier. Mais comme il fallait s’y attendre, la manifestation a été réprimée dans le sang et de nombreux manifestants ont été interpellés. C’est dire si le mercure social monte dangereusement au pays de Félix Tshisekedi. Mais comme on le dit, ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on fait baisser la fièvre. A preuve, malgré les intimidations, les manifestants ont troublé le sommeil des autorités. C’est dire la détermination des croquants à barrer la route au projet du troisième mandat du locataire du Palais de marbre.
L’opposition fait montre de responsabilité en ne se rendant pas justice elle-même
Lequel semble également déterminé à aller jusqu’au bout. En tout cas, ni l’opposition, ni le pouvoir de Kinshasa ne semble prêt à lâcher prise. Dès lors, il faut craindre que les jours à venir ne soient plus sanglants en RDC. En tout cas, tout porte à croire que la situation risque d’aller de Charybde en Scylla. Car, plutôt que de s’inscrire dans une dynamique de dialogue, le pouvoir semble opter pour la répression systématique des manifestations face à une opposition qui, elle aussi, durcit le ton. On est d’autant plus fondé à le penser, que la coalition C64 promet de saisir les juridictions nationale et internationale afin que Tshisekedi et son gouvernement répondent de leurs actes, en l’occurrence les violences exercées par les forces de l’ordre contre les manifestants. Obtiendra-t-elle gain de cause ? On en doute fort. On est d’autant plus sceptique que rarement, on a vu, sous nos tropiques, une juridiction nationale trancher en défaveur du prince régnant. Et ce n’est pas en RDC où la justice est accusée d’être à la solde du pouvoir Tshisekedi, que l’exception se fera. Même si, par extraordinaire, une juridiction internationale venait à lui rendre une décision favorable, de quels moyens dispose l’opposition pour la faire appliquer ? Autant dire que Martin Fayulu et ses camarades mènent un combat perdu d’avance. Qu’à cela ne tienne, on ne saurait blâmer l’opposition d’avoir choisi la voie républicaine pour se faire entendre. Elle est plutôt à féliciter. Car, elle fait montre de responsabilité en ne se rendant pas justice elle-même. Cela dit, jusqu’où ira le bras de fer entre le pouvoir et l’opposition ? Bien malin qui pourrait répondre à cette question. En attendant, on peut affirmer, sans risque de se tromper, que la RDC danse sur un volcan, tant la tension est montée de plusieurs crans. Sans jouer les Cassandre, on se demande si l’avenir du dialogue national censé réconcilier les Congolais, n’est pas en pointillés. Toujours est-il que la dégradation du climat social ne pousse pas à un optimisme béat. Déjà que le M23/AFC (Alliance fleuve Congo) est exclu de ce dialogue, si l’opposition qui subit les foudres du pouvoir, se décide à le boycotter, avec qui Félix Tshisekedi va-t-il finalement dialoguer ?
Fatshi gagnerait à savoir peser le pour et le contre avant de franchir le Rubicon
Certes, nous n’en sommes pas encore là, mais il n’en demeure pas moins que la question reste fondée, ce d’autant que l’opposition rejette en bloc le format de ce dialogue. Et plutôt que de travailler à aplanir les divergences, Fatshi préfère bander les muscles, oubliant qu’il éloigne ainsi de la table de négociation, ceux-là-mêmes qui sont censés sceller la paix avec lui. Comme on le dit, on fait la paix avec ses ennemis mais pas avec ses amis. Mais à ce rythme, si rien n’est fait, le fils d’Etienne Tshisekedi risque fort de se retrouver avec ses seuls courtisans. Dans ces conditions, ce dialogue qui est en passe de devenir un serpent de mer, aura-t-il des chances de sortir la RDC de l’ornière ? Rien n’est moins sûr. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le projet de troisième mandat de Félix Tshisekedi, divise les Congolais. Malgré tout, l’homme reste droit dans ses bottes, faisant fi du danger qu’il fait courir à son pays. Fonce-t-il droit dans le mur ? L’avenir nous le dira. En attendant, Fatshi gagnerait à savoir peser le pour et le contre avant de franchir le Rubicon. En tout état de cause, s’il souhaite entrer dans l’Histoire, il doit se garder de dresser le bûcher contre son pays. La RDC souffre déjà le martyre à cause de la guerre et d’Ebola dans l’Est du pays, qui ont laissé sur le carreau des milliers de morts. C’est dire si Félix Tshisekedi devrait privilégier l’intérêt général en travaillant à endiguer ces maux plutôt que de s’accrocher à un projet risqué.
« Le Pays »
