HomeA la uneAPPEL DU PAPE A L’OUVERTURE DE CORRIDORS HUMANITAIRES AU SOUDAN  : De l’eau sur…les treillis des deux généraux rivaux ?

APPEL DU PAPE A L’OUVERTURE DE CORRIDORS HUMANITAIRES AU SOUDAN  : De l’eau sur…les treillis des deux généraux rivaux ?


Face à la tragédie qui se joue au Soudan où le crépitement incessant des armes a entraîné le pays dans une crise humanitaire sans précédent, le pape Léon XIV a appelé, le dimanche 9 août dernier, à l’ouverture de couloirs humanitaires pour permettre d’apporter de l’aide aux populations. Des populations qui paient le lourd tribut d’une guerre qu’elles n’ont pas demandée. Et qui sont otages de la rivalité entre les généraux Abdel Fattah al-Burhan, le patron de l’armée régulière, et son concurrent direct, le chef des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), Mohamed Hamdane Daglo dit Hemetti, qui se disputent le pouvoir à Khartoum.

 

La situation des populations fuyant les combats, reste difficile sur le terrain

 

Une guerre qui déchire le pays d’Omar El Béchir depuis 2023, soit quatre ans après la chute du dictateur qui a dirigé le pays d’une main de fer pendant trois décennies avant d’être emporté par une contestation populaire qui a facilité sa destitution par l’armée qui s’accroche depuis lors au pouvoir. Et aujourd’hui, le peuple soudanais est d’autant plus désillusionné qu’il était loin de se douter qu’en se débarrassant du dictateur, il s’exposait à l’appétit vorace de généraux boulimiques qui ne comprennent que le langage des armes dans leurs volontés respectives de se faire maîtres du pays. Toujours est-il que dans cette escalade de violence, c’est le pauvre peuple pris au piège des combats, qui se retrouve à être l’otage des ego surdimensionnés et des ambitions démesurées d’officiers militaires décidés à avoir le scalp l’un de l’autre. Et depuis quatre ans qu’il dure sans qu’aucun des protagonistes puisse prendre l’ascendant sur l’autre, le conflit au Soudan est aujourd’hui au bord de l’enlisement, au point de paraître une guerre oubliée. Pourtant, la situation des populations fuyant les combats, et qui ne savent plus à quel sauveur se vouer, reste difficile sur le terrain. Des populations parfois contraintes de partir dans la précipitation en laissant tout derrière elles, et qui vont grossir les rangs de la grande masse de réfugiés à la recherche de zones plus sécurisées, quand ils ne trouvent pas refuge dans des pays voisins. C’est dans ce contexte que le pape Léon XIV a lancé son invite à l’ouverture de corridors humanitaires, qui sonne comme un appel contre l’oubli et à la solidarité agissante envers ces populations en quête d’aide et de réconfort, afin qu’elles ne meurent pas dans le silence encore moins dans l’indifférence de la communauté internationale. Un appel qui se justifie d’autant plus que les violences ont atteint un tel degré d’intensité qu’elles laissent peu de répit aux populations. La question qui se pose est de savoir si la voix du Souverain pontife sera entendue. Ou si les paroles de cette éminente autorité morale et religieuse glisseront comme de l’eau sur…les treillis des deux généraux rivaux.

 

Le pape fait preuve de solidarité et d’empathie envers le peuple soudanais

 

La question est d’autant plus fondée que ce sont ces deux seigneurs de guerre qui sont au centre du conflit, dans un contexte où la diplomatie internationale a jusque-là brillé au Soudan par son incapacité à ouvrir la voie à des perspectives crédibles de paix durable. Et là où les pressions internationales n’ont pas réussi à infléchir les belligérants, on se demande si les paroles du Saint-Père pourront produire les effets escomptés. Surtout dans ce contexte soudanais où la confiance ne semble pas la chose la mieux partagée entre les protagonistes qui, forts de leurs soutiens extérieurs respectifs, nourrissent chacun le secret espoir d’une victoire militaire sur le terrain. Et c’est le pauvre peuple qui a été spolié de sa révolution, qui se retrouve une fois de plus à être le dindon de la mauvaise farce de politiciens véreux et d’officiers militaires mus par des intérêts partisans. En tout état de cause, en manifestant sa préoccupation et ses inquiétudes par rapport à la situation des populations au Soudan, le pape fait preuve de solidarité et d’empathie envers le peuple soudanais. Et, au-delà des belligérants, son appel est une invite à la communauté internationale, à multiplier les efforts de paix et à ne pas abandonner le pays à son triste sort, au moment où les populations sont confrontées à de graves pénuries de nourriture, d’eau et de fournitures médicales alors que les préoccupations des deux camps belligérants se trouvent ailleurs, notamment dans le contrôle des zones stratégiques du pays.

 

 « Le Pays »

 


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