HomeA la uneSORTIE DU PRESIDENT CONGOLAIT SUR LE DIALOGUE NATIONAL SUR FOND D’APPEL DE L’OPPOSITION A MANIFESTER : Tshisekedi cherche-t-il à desserrer l’étau autour de lui ?

SORTIE DU PRESIDENT CONGOLAIT SUR LE DIALOGUE NATIONAL SUR FOND D’APPEL DE L’OPPOSITION A MANIFESTER : Tshisekedi cherche-t-il à desserrer l’étau autour de lui ?


Après l’expiration de son ultimatum qui donnait jusqu’au 15 août, au président congolais, Félix Tshisekedi, pour organiser le dialogue national, l’opposition a aussitôt appelé à manifester pacifiquement, le 15 septembre prochain, sur toute l’étendue du territoire national. Se sentant ainsi acculé, le locataire du palais de Marbre a réaffirmé depuis Libreville où il assistait à la célébration du 66e anniversaire de la fête de l’indépendance du Gabon, sa volonté de lancer un grand dialogue national. Les contours de ce dialogue seront précisés dans les prochains jours. Mais d’ores et déjà, Félix Tshisekedi promet d’organiser un dialogue différent des précédents, mais qui exclut tous ceux qui se sont rangés du côté du Rwanda qu’il accuse d’être le parrain des rebelles du M23.

 

La posture de Félix Tshisekedi, frise la ruse

 

Mieux, son gouvernement fixe des lignes rouges à ne pas franchir telles que la remise en cause de la souveraineté ou de l’intégrité du territoire national. En attendant de voir la tenue effective de ce dialogue national qui est en passe de devenir un serpent de mer, l’on se pose la question suivante : Félix Tshisekedi cherche-t-il à desserrer l’étau autour de lui ? En tout cas, si ce n’est pas de cela qu’il s’agit, ça y ressemble fort. On ne le sait que trop bien, le président congolais ne défend l’idée de ce dialogue national que du bout des lèvres. Dans le fond, tout laisse croire qu’il ne veut pas de ce dialogue tel que proposé par les religieux, l’opposition et la société civile. A preuve, il veut exclure de ces pourparlers, les figures emblématiques du M23. Avec qui va-t-il donc se réconcilier ? Comme le dit l’adage, on se réconcilie avec ses ennemis et non avec ses amis. Mais tout laisse croire que Fatshi veut se réconcilier avec des godillots. Et pourtant, peut-on refonder l’Etat et renforcer la cohésion nationale en écartant du jeu politique, ceux qui tiennent les armes et contrôlent une partie du territoire nationale qui plus est, regorge d’immenses ressources naturelles ?  Tant que le dialogue national ne prendra pas en compte les aspirations des religieux, de l’opposition et de la société civile, il risque d’accoucher d’une souris. En vérité, si le président Félix Tshisekedi se hâte lentement pour organiser ce dialogue avec un format unilatéral, c’est parce qu’il a une idée derrière la tête : la conservation du pouvoir au-delà du nombre des mandats constitutionnels autorisés. En effet, tant que la question du troisième mandat qui divise les Congolais, n’est pas résolue, la République démocratique du Congo continuera de danser le tango. La posture de Félix Tshisekedi, frise d’autant plus la ruse qu’il n’évolue sur la question du dialogue national que lorsqu’il se sent acculé par l’opposition réunie au sein de la coalition C64.  Cette dernière qui n’est pas née de la dernière pluie, se laissera-t-elle duper par Fatshi qui semble vouloir négocier le couteau dans le dos? On attend de voir. Mais une chose est certaine.

 

 

Fatshi gagnerait à ne pas se tromper de combat

 

L’opposition ne veut plus se laisser conter fleurette. A preuve, elle appelle le président à renoncer au projet de référendum constitutionnel et à ne pas promulguer la loi fixant les conditions de son organisation, au regard des urgences nationales. Et sa démarche paraît tout autant légitime que pertinente. En effet, en plus de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, le pays fait face à l’épidémie d’Ebola la plus rapide et la plus meurtrière de son histoire. La barre de 2 000 morts liés à cette épidémie, a déjà été franchie en quelques mois, créant ainsi une psychose presque générale au sein des populations. Et plutôt que de se préoccuper de ces situations alarmantes, le fils d’Etienne Tshisekedi préfère s’accrocher à un projet de troisième mandat qu’il a lui-même combattu lorsqu’il était dans l’opposition. Quelle ironie de l’histoire ? Tout porte à croire que le président Félix Tshisekedi est déterminé à aller jusqu’au bout. Peut-il, dans ces conditions, entendre l’appel de l’opposition ? On en doute fort. Cela dit, Fatshi joue gros dans cette affaire car, s’il échoue, il risque de boire le calice de la honte jusqu’à la lie. C’est dire s’il gagnerait à ne pas se tromper de combat. Déjà, le coordonnateur de l’AFC/ M23, Corneille Nangaa, qui se sent exclu du dialogue national que les Congolais appellent de tous leurs vœux, a cité Lubumbashi comme la prochaine conquête du mouvement. Autant dire que si le président congolais persiste et signe dans sa volonté de tenir un dialogue national juste pour la forme, il risque de se mordre les doigts.

 

« Le Pays »

 


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