HomeA la uneMANIFS CONTRE LES FEMINICIDES ET L’IMMIGRATION ILLEGALE EN AFRIQUE DU SUD : Attention à l’amalgame !  

MANIFS CONTRE LES FEMINICIDES ET L’IMMIGRATION ILLEGALE EN AFRIQUE DU SUD : Attention à l’amalgame !  


L’Afrique du Sud fait actuellement face à une crise sociale et sécuritaire majeure, exacerbée par une vague sans précédent de féminicides et une recrudescence alarmante des violences xénophobes contre les migrants. Souvent qualifié de « pays de tous les extrêmes », l’Etat sud-africain voit ses fractures économiques et sociales se traduire par des taux de criminalité parmi les plus élevés au monde. Face à cette situation pour le moins préoccupante, le président Cyril Ramaphosa subit une pression sans précédent pour maintenir l’ordre et l’unité de la Nation. En effet, l’indignation et l’inquiétude enflent depuis plusieurs jours face à une violence endémique et des promesses gouvernementales non tenues. D’autant plus que la série semble se poursuivre. Selon plusieurs organisations de défense des droits humains et analystes politiques, l’Afrique du Sud traverse une crise de légitimité internationale en raison de son incapacité à endiguer les violences xénophobes et l’explosion des féminicides, deux fléaux qui contrastent fortement avec l’idéal de la « Nation arc-en-ciel » promu par Nelson Mandela. Face à ces défis, le gouvernement actuel, dirigé par le président Cyril Ramaphosa, a dû reconnaître publiquement ses manquements professionnels et structurels face à la colère populaire grandissante.  Cela dit, malgré des appels récurrents au calme et à la préservation de la paix, lancés par le chef de l’Etat sud-africain, des mouvements citoyens et des groupes de vigilance (comme March and March ou Opération Dudula) maintiennent fermement leurs positions en durcissant leurs actions à travers le pays.

 

Avec ces découvertes macabres de corps de femmes, on peut affirmer que   l’Afrique du Sud est à la croisée des chemins

 

Avec un taux de chômage qui dépasse les 32% et frôle les 40% en incluant les travailleurs découragés, les migrants africains venus du Zimbabwe, du Mozambique, du Malawi ou de la RDC, sont accusés à tort ou à raison d’être responsables du manque d’emplois, de la défaillance des services publics et de la criminalité. Et en filigrane, se dessine une autre accusation portée contre ces migrants : celle d’être les seuls responsables des féminicides en Afrique du Sud. Comme si les Sud- Africains n’étaient responsables en rien ! Attention à l’amalgame ! Et face à    cette période de profondes incertitudes, des détracteurs du régime n’hésitent pas à pointer du doigt, la gestion du président Cyril Ramaphosa qui, semble-t-il, s’était présenté à tous les Sud-Africains, comme un parangon de vertu, un homme capable de gouverner autrement et mieux l’Afrique du Sud. « A quelque chose, malheur est bon », disent-ils. Selon eux, il aurait fallu que Cyril Ramaphosa arrive au pouvoir pour mesurer la vanité et la vacuité des thèses et prétentions véhiculées pendant sa campagne électorale. En tout état de cause, avec ces découvertes macabres de corps de femmes, au moins une douzaine, on peut affirmer que   l’Afrique du Sud est à la croisée des chemins, où la violence structurelle se décharge aujourd’hui de manière frénétique sur les franges les plus vulnérables de sa société. En particulier les femmes et les populations déplacées.

 

Seydou TRAORE

 

 

 

 


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