HomeLa chronique du fouPUBLICITE MENSONGERE EN MILIEU SCOLAIRE : Vigilance, encore vigilance !

PUBLICITE MENSONGERE EN MILIEU SCOLAIRE : Vigilance, encore vigilance !


Il y a une chose qui, moi Fou, m’agace profondément : voir des établissements scolaires vendre du rêve alors qu’ils ne livrent que des désillusions. Car, c’est bien de cela qu’il s’agit. Certains établissements privés, faute de résultats à la hauteur des attentes des parents et de l’argent que ceux-ci y investissent, se rabattent sur une arme redoutable : la publicité mensongère. Promesses de réussite, taux de succès gonflés, tout y passe, sauf la vérité. Le problème, c’est que ces pratiques ne punissent pas que leurs auteurs. Elles éclaboussent tout un secteur. Car, quand un établissement peu scrupuleux communique à grand renfort de slogans sur des résultats qu’il n’obtient pas vraiment, c’est la crédibilité de tous les établissements privés sérieux, qui en prend un coup. Le bon grain et l’ivraie finissent mélangés dans la tête des parents qui ne savent plus qui croire. Moi Fou, je m’étonne d’ailleurs qu’on parle si peu des formes que peut prendre cette publicité mensongère. Ce n’est pas qu’une affaire de grandes affiches en bord de route. C’est aussi ce taux de réussite qu’on annonce fièrement sans qu’aucun parent ne puisse jamais le vérifier, c’est cette mention de reconnaissance officielle, brandie, alors qu’elle n’a jamais été obtenue. Et la malhonnêteté ne s’arrête pas à l’affiche publicitaire. Moi Fou, j’ai appris que certains chefs d’établissement utilisent le bulletin scolaire comme un outil de pression. En y inscrivant qu’un enfant est indiscipliné, impoli … ils savent que tout établissement sérieux, avant d’accepter une inscription, prendra soin de contacter l’école d’origine pour comprendre cette mention. Et c’est précisément là que le piège se referme. Le chef d’établissement de provenance, peu enclin à laisser partir l’élève, trouve alors mille prétextes pour décourager la nouvelle inscription. La famille, prise entre deux feux, n’a plus vraiment le choix que de rester, même quand les résultats promis ne sont jamais au rendez-vous. Une manière détournée d’empêcher un parent d’exercer un droit pourtant élémentaire : celui de changer son enfant, d’établissement quand ce dernier ne tient pas ses engagements. Attention cependant, moi Fou, je ne dis pas que faire de la publicité, est en soi un signe de mauvaise réputation. Beaucoup d’excellents établissements communiquent aussi, et c’est de bon droit. Ce que je pointe du doigt, c’est la publicité mensongère, celle qui invente des résultats pour masquer un cahier des charges non respecté. Qu’un établissement communique ou non, une seule chose devrait compter au final : ce sont les résultats réels qui doivent parler, pas les promesses. Ce qui est frappant, c’est que tout cela se déroule alors qu’un cadre légal existe déjà. La loi burkinabè sur la publicité impose, en effet, que toute publicité concernant un établissement, d’enseignement obtienne au préalable un visa délivré par le ministère de tutelle, avec le détail exact des messages diffusés et des supports utilisés. Elle exige même que le mot « privé » apparaisse clairement dans toute communication d’un établissement privé. Le circuit normal existe donc, sur le papier. La vraie question, c’est de savoir combien d’établissements le respectent réellement, et combien préfèrent s’en affranchir, faute de contrôle suffisant sur le terrain.Alors, aux parents qui s’apprêtent à choisir un établissement pour cette rentrée, un conseil de fou : ne vous fiez jamais à une seule affiche. Demandez à voir les résultats réels des années précédentes, pas seulement ceux mis en avant dans la publicité. Renseignez-vous auprès d’autres parents, ceux dont les enfants sont déjà scolarisés dans l’établissement visé. Vérifiez que l’établissement est bien reconnu par le ministère de tutelle. Et si un bulletin mentionne un comportement inhabituel chez votre enfant, n’hésitez pas à demander des explications.Mais la responsabilité ne doit pas reposer sur les seules épaules des parents. Le ministère, lui aussi, a un rôle à jouer : traquer ces publicités mensongères, sanctionner les établissements qui trompent délibérément les familles.Car, au final, l’école n’est pas un simple produit qu’on vend. C’est l’avenir d’un enfant qu’on y engage.

 

« Le Fou »


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