HomeA la uneOUVERTURE DE LA CAMPAGNE PRESIDENTIELLE AU NIGERIA : Le bilan mitigé de Bola Tinubu à l’épreuve des urnes

OUVERTURE DE LA CAMPAGNE PRESIDENTIELLE AU NIGERIA : Le bilan mitigé de Bola Tinubu à l’épreuve des urnes


La campagne pour la présidentielle et les législatives au Nigeria, prévues pour le 16 janvier prochain, a officiellement démarré le 19 août dernier. Sur la ligne de départ de ce long marathon de joutes électorales, 19 candidats dont trois femmes, qui disposent d’environ cinq mois pour convaincre les plus de 100 millions d’électeurs éparpillés sur les quelque 900 000 kilomètres carrés que représente la superficie du Nigeria. La bataille s’annonce rude et chaque voix sera précieuse. En effet, pour espérer remporter la présidentielle, chaque candidat devra obtenir au moins 25% des suffrages exprimés dans 24 des 36 Etats du Nigeria. Sans grande surprise, le président sortant, Bola Ahmed Tinubu, est candidat à sa propre succession pour briguer un second mandat à la tête de cet Etat fédéral. Contrairement à ses autres concurrents, lui a l’avantage de défendre le bilan de son premier quadriennat. Le Congrès des progressistes (APC), son parti, s’est d’ailleurs empressé de mettre en avant les politiques et réformes majeures engagées au cours de ce premier mandat.

 

La bataille pour sa propre succession, est loin d’être gagnée d’avance pour Bola Tinubu

 

Le parti présente notamment la fin des subventions sur l’essence et l’électricité, les réformes fiscales ou encore la dévaluation du naira. Des mesures qui ont permis au Nigeria d’enregistrer une croissance de 4% en 2025 avec une inflation qui est retombée à 15,43%, contre 33% en 2024. En outre, le président Tinubu a engagé un combat farouche contre la corruption, qui a permis d’épingler de hauts dignitaires et de les traduire en justice où la plupart a écopé de peines lourdes. Mais en dépit de ces résultats fièrement brandis par le parti au pouvoir, un sentiment général d’insatisfaction anime une bonne partie de cette population. En effet, selon un sondage du cabinet SBM Intelligence, près de 34% des Nigérians se disent très inquiets à la fois de leur situation économique et de leur sécurité. Ce n’est pas le lieu de faire le procès de la gouvernance du président Bola Ahmed Tinubu ; d’autant plus qu’il appartient aux Nigérians et Nigérianes d’apprécier le moment venu. Mais une chose est certaine : ce bilan globalement mitigé, sera mis à l’épreuve des urnes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la bataille pour sa propre succession, est loin d’être gagnée d’avance pour l’ancien gouverneur de l’Etat de Lagos. Pour cause, les Nigérians sont au bord du désenchantement face aux nombreuses promesses qu’il leur a fait miroiter avant sa prise de pouvoir. La victoire de Bola Tinubu est d’autant plus incertaine qu’en plus de paraître de plus en plus physiquement diminué, il fait face à une horde d’opposants déchaînés, les uns aussi déterminés que les autres, à briguer la magistrature suprême à la prochaine présidentielle. Des candidats comme Atiku Abubakar du Congrès démocratique africain (ADC) ou encore Peter Obi, arrivés respectivement deuxième et troisième à l’issue de la dernière présidentielle en 2023, sont tous en train d’affiner leurs stratégies d’attaques pour pêcher le maximum de voix au cours de cette campagne.

 

 

L’absence de garanties sécuritaires dans certaines régions, risque de perturber l’organisation de meetings

 

 

A côtés de ces deux ténors, se dresse également une autre composante qui ne compte pas pour du beurre. Il s’agit de la coalition d’opposition G-100 qui travaille à trouver une candidature unique pour se donner plus de chances au scrutin de janvier prochain. La configuration actuelle de la classe politique nigériane présage une élection ouverte où tous les prétendants peuvent légitimement croire en leurs chances.C’est dire si tout va se jouer au cours de la campagne pour la pêche aux voix, qui vient de s’ouvrir. Cependant, cette campagne, il faut le dire, se déroule dans un contexte sécuritaire difficile. En effet, les attaques du groupe terroriste Boko Haram et de bien d’autres groupes armés, se multiplient dans plusieurs régions du pays. La situation est particulièrement délicate dans la partie nord du pays où le gouvernement est contraint de combattre ces bandits armés sur plusieurs fronts. La dernière attaque datant du 18 août dernier, a fait au moins 24 morts, dans l’Etat du Plateau, au centre du Nigeria. A cette situation déjà précaire, s’ajoutent les conflits communautaires qui surgissent entre certaines populations, notamment entre éleveurs et agriculteurs. On ne saurait non plus oublier le phénomène des enlèvements qui a particulièrement pignon sur rue dans ce vaste pays d’Afrique de l’Ouest. C’est dire si cette situation sécuritaire fragile pourrait entraver le bon déroulement de la campagne. Ce d’autant que l’absence de garanties sécuritaires dans certaines régions, risque de perturber l’organisation de meetings ou de dissuader des électeurs de se déplacer. Tout le mal que l’on puisse souhaiter au peuple nigérian, est que cette campagne se déroule dans de meilleures conditions afin de permettre à tous les candidats de présenter leurs programmes respectifs aux électeurs pour qu’ils puissent librement opérer leur choix pour désigner celui ou celle qui va présider à leurs destinées au cours des 4 prochaines années.

 

«Le Pays»


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