ARNAQUE IMMOBILIERE EN COTE D’IVOIRE : Sale temps pour des célébrités ivoiriennes
L’affaire fait grand bruit en Côte d’Ivoire. Il s’agit d’un scandale impliquant une dame contre qui pèsent de fortes présomptions d’escroquerie liée à des projets immobiliers. Elle proposait des parcelles dont elle n’était pas propriétaire et faisait des encaissements. Le montant du préjudice causé s’élève à un peu plus de trois cent vingt millions de francs CFA. Et pour le malheur de leur image, certaines célébrités se trouvent citées dans cette affaire présumée d’arnaque qui n’honore pas leur respectabilité. Toujours est-il que le dossier a fini par tomber entre les mains de la Justice ivoirienne qui a ouvert une information judiciaire par l’entremise du parquet national financier, après qu’une soixantaine de plaintes ont été enregistrées contre la mise en cause.
Chacun doit répondre de ses actes
Parmi les personnes soupçonnées, des journalistes, des artistes, des sportifs, des créateurs de contenu. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette affaire tombe mal pour ces célébrités ivoiriennes qui se retrouvent dans la tourmente d’une mauvaise publicité dont elles auraient aimé se passer. Et elles ont d’autant plus du mouron à se faire que tout porte à croire que le retentissement de cette affaire, est plus lié à leur statut de personnalités influentes et très connues. Les faits visés par la procédure vont de l’association de malfaiteurs au blanchiment de capitaux, en passant, entre autres, par l’escroquerie, la complicité d’escroquerie, l’abus de confiance, le faux et l’usage de faux. Des accusations d’autant plus graves qu’elles reposent quelque part sur la confiance que les victimes ont mise dans la promotrice, en raison de sa proximité supposée ou réelle avec ces personnalités bien connues. En attendant que la Justice ivoirienne puisse démêler l’écheveau en déterminant la responsabilité des uns et des autres, c’est un sale temps pour ces célébrités ivoiriennes qui se trouvent prises dans l’engrenage d’une affaire qui a pris une ampleur nationale, là où elle aurait pu rester dans des proportions plus mesurées. Et ces derniers jouent d’autant plus gros que tout porte à croire qu’au-delà des faits de complicité qui restent à établir, leur notoriété a contribué à donner de la crédibilité à la mise en cause qui ne manquait pas de s’afficher à l’occasion, avec certains d’entre eux sur les réseaux sociaux. Et de ce qui ressort, certains ont clairement fait la promotion desdits « projets immobiliers » en encourageant d’éventuels acquéreurs à y souscrire tandis que d’autres auraient perçu diverses sommes d’argent pour le compte de la promotrice. Des faits aussi graves qu’accablants, qui posent le problème de la responsabilité des influenceurs qui se doivent d’être eux-mêmes d’abord des modèles. Et qui doivent faire preuve de vigilance dans l’utilisation de leur image pour ne pas induire, volontairement ou involontairement, des gens en erreur. Toujours est-il qu’aux yeux de la loi, ils restent des justiciables comme tout le monde. Et chacun doit répondre de ses actes. Car, ce sont des dizaines de personnes qui ont été grugées dans une affaire d’escroquerie immobilière qui n’est pas la première sur les bords de la lagune Ebrié.
Il appartient au public d’en prendre de la graine
C’est pourquoi il faut espérer que la justice aille jusqu’au bout pour dire le droit afin que ceux qui n’ont rien à se reprocher, soient blanchis, et que ceux qui sont coupables puissent subir la rigueur de la loi. En tout état de cause, cette affaire doit servir de leçon à toutes ces personnalités célèbres qui associent souvent leur image à des initiatives dont elles ne maîtrisent pas toujours les tenants et les aboutissants. Et dans le cas d’espèce, il paraît évident que la principale accusée contre qui, du reste, a été délivré un mandat de dépôt, a surfé sur l’aura de ces célébrités pour mettre en confiance ses victimes afin de mieux les arnaquer. C’est le lieu aussi d’appeler les populations en général à la vigilance, en évitant d’être trop crédules par rapport à ce qui se dit ou se fait sur les réseaux sociaux. Et on ne le dira jamais assez, il faut se méfier des propositions trop alléchantes. Car, par ces temps qui courent, ils sont nombreux les délinquants de la toile qui ont choisi la méthode de la courte échelle. Et leurs victimes se comptent malheureusement par milliers, dans des domaines aussi divers que variés. Il appartient au public d’en prendre de la graine. Et c’est le côté positif de la médiatisation de cette affaire.
« Le Pays »